Foufounart, l’artiste qui sublime le sexe féminin dans les rues de Lyon
  • Depuis avril 2021, la discrète Marion est devenue la street artist Foufounart.
  • L’artiste féministe réalise sans complexe des séries de vulves qu’elle affiche ensuite dans les rues de Lyon.
  • Privilégiant la délicatesse à l’érotisme, la quadragénaire entend ainsi « rendre au sexe féminin sa place et sa légitimité » et éveiller les consciences.

Derrière le nom d’artiste Foufounart, une part de mystère qu’elle tient à conserver.  « J’ai plein de vies à côté », attaque d’emblée tout sourire la douce Marion, mère de famille et salariée dans le milieu culturel lyonnais. Son « petit jardin secret » qu’elle aime cultiver sur son temps libre, sa passion, c’est de « représenter le sexe féminin dans l’espace public ». Réaliser des vulves sans complexe. Sans tabou. Mais avec toujours beaucoup de délicatesse.

« Je ne travaille pas sur l’érotisme », explique celle qui n’a jamais suivi de formation artistique. A la place, Marion préfère sublimer l’appareil génital féminin en détournant des symboles, des objets désuets ou des matériaux anciens. Ses vulves – pièce « unique » réalisée avec de l’argile et modelée à la main – sont pour la plupart recouvertes d’un motif bucolique. Elles sont ensuite accrochées au cœur d’une assiette en porcelaine, placées au fond d’un vase, parfois mises sous cloche ou souvent entourées d’un cadre baroque peint à la feuille d’or. Le résultat est étonnant, captivant.

Créer « un effet de surprise »

L’objectif est de créer un contraste, un « effet de surprise » afin d’amener un regard différent, poursuit-elle. « Au loin, on voit un œuvre, on devine des couleurs ou des petites fleurs. Et lorsque l’on s’approche, on découvre qu’il s’agit d’une vulve en relief », décrit l’artiste qui avait envie de « représenter le sexe féminin là où on ne l’attend pas. C’est quelque chose de beau que l’on n’a pas à cacher. Aujourd’hui, il reste encore un sujet tabou pour beaucoup de femmes mais il n’y a aucune raison d’en avoir honte », argumente-t-elle.

La série des "discrètes".

Féministe mais « pas militante », Marion assume fièrement sa démarche, celle de « rendre au sexe féminin sa place et sa légitimité ». Ce qui dérange parfois. Sa première œuvre, collée en avril 2021 dans un square de la Croix-Rousse – son « quartier de cœur » – a été « massacrée », « détruite avec férocité » au bout de trois jours. Pas de quoi décourager l’artiste pour autant.

« Le but n’est pas de choquer »

« Le but n’est pas de choquer mais de provoquer un questionnement sur la façon dont on perçoit le corps de la femme, répond-elle. Dans l’art, dans la société en général, le sexe masculin est largement représenté. Par contre, il a fallu attendre 2017 pour voir le clitoris apparaître dans les manuels scolaire. C’est assez fou alors que la moitié des âmes qui peuplent cette planète en ont un. Les petites filles savent plus vite à quoi ressemble un zizi que leur propre sexe ».

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Agée d’une « petite quarantaine d’années », la Lyonnaise appartient à « cette génération qui s’est découverte tardivement ». « A la maison, le sujet était particulièrement tabou. On ne parlait pas de sexualité, on ne m’a jamais parlé des règles non plus. Je ne savais pas ce que c’était, raconte-t-elle. Je l’ai appris dans la cour d’école au travers de légendes urbaines. »

Derrière la démarche artistique, l’envie d’éduquer et d’éveiller les consciences. Invitée à exposer ses dernières créations lors du festival de street art Peinture fraîche, Marion a pu se confronter au public. Avec parfois beaucoup d’humour. « Un monsieur est venu me voir pour me féliciter, se souvient-elle. Il me disait : « Qu’est-ce que c’est beau, mais ça représente quoi ? » Je lui ai répondu que c’était une vulve, il en était tout étonné et presque gêné », conclut-elle en rigolant.

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