Emmanuel Macron annonce le remboursement des consultations psy, les professionnels s'inquiètent

Création de postes, remboursement des consultations, les professionnels du milieu ne sont pas convaincus par les annonces du président. On vous explique pourquoi. 

Depuis quelques mois, les psychologues et psychiatres tentent d’alerter l’État quant à la dégradation de la santé mentale des Français notamment à cause la pandémie. Lundi, en ouverture des Assises de la santé mentale, le ministre de la Santé Olivier Véran a annoncé qu’un numéro national (le 3114) de prévention du suicide sera mis en place vendredi. Hier, à l’occasion de la clôture des Assises, Emmanuel Macron a pris la parole pour faire quelques annonces. Le chef de l’État a alors promis la création de 800 postes dans les centres médico-psychologiques (CMP), et ce, dès 2022 afin de « réduire au maximum les délais d’attente ». Selon le président, « dans les territoires qui sont le plus en tension » ces délais d’attente sont actuellement « supérieurs à 18 mois, pendant lesquels évidemment la santé des personnes souffrantes se dégrade ». Le chef de l’État a fait une seconde annonce importante.

Le Président @EmmanuelMacron a annoncé le remboursement des consultations de psychologues pour tous sur orientation par un médecin à partir de 2022 et la création de 800 postes dans les centres médico-psychologiques.https://t.co/uxOGqmll7e

Dès l’âge de 3 ans, les consultations de psychologues seront remboursées par la sécurité sociale si elles ont été prescrites par un médecin. La première consultation sera remboursée à hauteur de 40 euros, puis à 30 euros pour les suivantes, et ce, dès l’an prochain. Toutefois, cette mesure est fortement critiquée. D’une part, « les dépassements d’honoraires sont interdits dans le dispositif. Avec des consultations à ce tarif, si on ajoute les charges, le salaire moyen d’un psychologue s’élève à 1240 euros net par mois », a confié Mathieu Collet, psychologue libéral à Millau (Occitanie) à nos confrères du Figaro. En bref, seuls les psychologues en quête de patientèle risquent de recourir à ce dispositif. D’une autre, c’est le médecin généraliste qui devra prescrire un forfait de quelques séances : « Nombre de mes patients ne souhaitent pas se confier à leur médecin généraliste au sujet de leur souffrance psychique, et les médecins ne sont pas formés en psychopathologie. Cela pose un vrai problème de secret médical », a expliqué Mathieu Collet. Pour Patrick Ange Raoult du syndicat national des psychologues, ces annonces ne résoudront pas les problèmes de fond du secteur…

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