Ecolos, féministes, intrépides : ces 6 jeunes veulent changer le monde

Toi aussi, tu peux changer le monde. C’est un titre de livre en forme d’appel à l’action. Il faut dire que l’enthousiasme parcourt le petit manuel de Marion McGuinness, autrice, traductrice et spécialiste en développement personnel bien décidée à tordre le cou aux idées reçues sur la jeunesse. Dans son livre édité chez De Boeck se retrouvent des dizaines de portraits d’enfants, ados et vingtenaires inspirants au possible.

Ils se démarquent en composant de la musique, en partageant des vidéos, ou encore en excellant dans leurs sports de prédilection. Mais c’est aussi leur point de vue, conscient et engagé, qui fait toute la différence. Tous ces jeunes qui “changent le monde”, mis en avant entre deux pages de jeux, se font les porte-paroles de nouvelles générations sensibilisées au réchauffement climatique, à l’inégalité des sexes, aux discriminations raciales.

Chacun à leur manière, ils bousculent les lignes et cherchent à aider autrui tout en chérissant leur singularité. Des noms à conserver à l’esprit donc. En voici d’ailleurs six qui nous ont beaucoup enthousiasmé.

Genesis Butler, l’activiste vegan et écolo, 14 ans

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Une icône du véganisme. C’est ainsi qu’est présentée cette jeune Américaine de 14 ans. Il y a 11 ans, Genesis Butler était déjà végétarienne. Et à l’âge de 10 ans, très préoccupée par le respect de la planète, elle tenait déjà des conférences à ce sujet autour d’elle. Autant dire que ses convictions ne se sont pas assagies dans une société où les jeunes militantes écolos – comme Greta Thunberg – ont de plus en plus élevé la voix.

Sur son compte Instagram, elle dit se battre “pour les animaux, les humains et la Terre”. De tribune en manifestation, Genesis Butler brasse toutes les luttes qui l’animent : la fin de l’exploitation des bêtes dans les cirques et celle de l’élevage intensif, la défense de la cause climatique et des droits des animaux (indissociables “des droits humains” comme elle aime à le répéter), ou encore la préservation des arbres.

La jeune fille est si inspirante qu’elle a même eu droit à sa propre bande dessinée Marvel Comics. Oui oui.

Sky Brown, la skateuse intrépide, 12 ans

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Voilà un prénom annonciateur : Sky Brown ne pouvait que s’élever vers les cieux. C’est ce que cette jeune sportive anglo-japonaise de 12 ans fait régulièrement à travers les disciplines qu’elle pratique en professionnelle, à savoir le skate et le surf. Plus jeune skateboardeuse pro au monde et ancienne vedette du show Dancing with the Stars Juniors, elle épate ses nombreux fans avec ses exploits physiques, délivrés au service de la Grande Bretagne.

A 11 ans, Sky Brown ressortait déjà médaillée de bronze des Championnats du monde de skateboard. Décrite comme la nouvelle sensation en son domaine, la sportive aurait pu cependant tout abandonner suite aux blessures graves qui l’ont mise à terre l’an dernier, subies lors d’un accident d’entraînement, comme l’énonce Reaching the sky, le documentaire qui lui est dédié. Mais la persévérance est l’une de ses grandes valeurs. Résultat, la skateuse participera bel et bien aux Jeux Olympiques de 2021.

Une manière de rappeler que le skateboarding est, depuis des années déjà, devenu le nouveau champ d’exploration de jeunes sportives bien décidées à envoyer valser les discriminations sexistes.

Wahabou Oubda, “champion de l’égalité” au Burkina Fasso, 19 ans

Entre les mots et l’action nous avons opt pour l’action. Au lieu de critiquer le systme nous devons proposer des solutions et mener des actions concrtes favorisant le dveloppement. pic.twitter.com/BnUsGXxlAj

Les discriminations sexistes, voilà un sujet qui ne laisse d’ailleurs pas Wahabou Oubda insensible. Ce militant et étudiant de 19 ans se bat pour les droits des enfants et notamment ceux des filles, au sein de son pays, le Burkina Fasso. Pour ce faire, il mène des actions, rencontre les citoyens et collabore auprès d’organisations comme le réseau Plan International. Ses combats ? L’égalité des sexe, le droit à l’éducation pour les filles, mais aussi la fin de pratiques patriarcales bien archaïques comme le mariage forcé.

“Entre les mots et l’action nous avons opté pour l’action. Au lieu de critiquer le système nous devons proposer des solutions et mener des actions concrètes favorisant le développement”, détaille en ce sens le principal concerné sur son compte Twitter. Sur Twitter toujours, Wahabou Oubda en appelle au “respect des droits des filles”. Une voix importante dans un pays où, comme le rappelle Marion McGuinness, seules 14 % des filles ont accès à l’enseignement secondaire.

“Le chemin reste long, mais Wahabou est motivé”, se réjouit l’autrice britannique. Et nous donc.

Nandi Bushell, la rockstar antiraciste, 11 ans

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Les invités surprises des vidéos électrisantes de la jeune musicienne britannique et Zulu Nandi Bushell laissent bien souvent ses spectatrices et spectateurs ébahis. Et pour cause, puisqu’à 11 ans seulement, cette batteuse née a déjà rencontré (et repris) Dave Grohl, le batteur iconique de (feu) Nirvana et créateur des Foo Fighters, mais aussi Matt Helders, l’ancien membre des Arctic Monkeys. Cette passionnée des Beatles aime lancer des défis à des artistes comme Grohl ou encore Lenny Kravitz. Excusez du peu.

Des exploits à retrouver sur sa chaîne YouTube aux 44 millions de vues. Et qui ne se limitent pas à quelques rengaines rock. L’an dernier, au temps des marches anti-racisme organisées suite à la mort de George Floyd, Nandi Bushell défrayait la chronique en reprenant Guerrilla Radio, l’un des sons révolutionnaires du groupe Rage Against the Machine. Une manière pour elle de soutenir le mouvement Black Lives Matter. Mouvement dont elle se revendique, affichant ses initiales sur sa batterie, ou brandissant un slogan aussi éclatant que les coups qu’elle décoche à son instrument : “Fight Racism”.

Hilde Lysiak, la journaliste star, 14 ans

Hilde’s Heroes: Hilde Lysiak, inspiration for #HomeBeforeDark, shares the people who inspired her to pick up the pen in the name of seeking truth and justice. https://t.co/HqHtgug7dC pic.twitter.com/nj10pwTvYS

Hilde Lysiak a de quoi impressionner. Cette jeune Américaine n’a que 14 ans et pourtant, Apple TV lui a déjà dédié une série entière : Home Before Dark, librement inspiré de sa vie, et mis en ligne en 2020 sur la plateforme de streaming. Il faut dire que cela faisait déjà quelques années que son nom était familier à bien des internautes outre-Atlantique. Car c’est à 8 ans seulement que cette journaliste en herbe a créé son propre média : le journal local Orange Street News.

Un média né en Pennsylvanie et qui lui a valu une belle estime, comme l’attribution du Junior Zenger Award for Press Freedom, saluant ainsi l’importance que la jeune professionnelle accorde à la liberté d’expression et à la liberté de la presse – des principes inculqués par son père, également journaliste. Plus jeune membre de la Society of Professional Journalists (organisation historique des journalistes outre atlantique), également autrice de livres pour la maison d’édition Scholastic (qui a publié les Harry Potter), la Pennsylvanienne inspire le respect.

Dans la série de livres pour enfants de Scholastic, Hilde Lysiak est perçue comme une reporter du crime qui toujours parvient à résoudre ses enquêtes. Dans la vraie vie, elle n’est pas moins frondeuse. “Hild a déjà été menacée d’être arrêtée par la police parce qu’elle filmait une scène, mais elle connaît ses droits et a toujours résisté”, souligne l’autrice Marion McGuinness. Une journaliste à suivre donc.

Jules Simiand-Brocherie, l’étudiant frenchie solidaire, 18 ans

Lié à une publication Facebook

En 2020, cet élève de terminale ES au lycée Notre-Dame-de-Sainte-Croix (Neuilly-sur-Seine) a lancé l’initiative Elèves solidaires, depuis rebaptisée Extra Student. L’idée ? Elle est limpide : venir en aide à tous ceux et celles qui, en plein confinement, étaient tentés par le décrochage scolaire. Totalement gratuit, Extra Student a donc été pensé comme une plateforme collaborative permettant de partager ses fiches de cours, d’apporter ou même de demander un soutien. Pages Instagram et Facebook permettent de relayer ce soutien au fil des universités et écoles.

“Chaque jour, j’écoutais les informations à la télévision relatives à la crise du Covid-19. Petit à petit, j’ai senti qu’il y avait un réel problème de décrochage scolaire depuis que les élèves devaient suivre les cours à distance”, explique l’ancien lycéen du côté du Figaro Etudiant. L’ado est aussi le co-fondateur du Fonds de Solidarité des Étudiants, autre organisation à but non lucratif destinée à aider étudiantes et étudiants à travers la France.

Une solidarité qui perdure même en temps de déconfinement.

Toi aussi tu peux changer le monde, par Marion McGuinness.

Editions De Boeck, 160 p.

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