Du Caire à Paris, sur les traces de Dalida

Vedette populaire au destin tragique, l’interprète de Gigi l’Amoroso fait encore parler d’elle, 34 ans après sa disparition.

  • Dalida

Au Caire, des débuts prometteurs

Iolanda, fille de Giuseppina et Pietro Gigliotti, immigrés italiens installés en Egypte, naît le 17 janvier 1933. Elle grandit dans le quartier cosmopolite de Choubra, entourée de ses deux frères, Orlando, l’aîné, et Bruno, le cadet. Son père, premier violoniste à l’opéra du Caire, meurt d’une congestion cérébrale alors qu’elle n’a que 12 ans. Elle se destine à une carrière de secrétaire mais rêve déjà d’un destin exceptionnel. C’est ainsi qu’elle se présente en cachette à un premier concours de beauté en 1951. Trois ans plus tard, elle décroche le titre de Miss Egypte. Elle tourne dans plusieurs films au Caire avant d’être repérée par un réalisateur français, qu’elle suit à Paris en 1954.

A Paris, la célébrité

Arrivée en France, la jeune femme comprend vite qu’il n’y a pas de place pour elle dans le cinéma. Qu’à cela ne tienne, elle prend des cours de chant et commence à se produire dans un cabaret des Champs-Elysées. Elle rencontre Lucien Morisse, directeur artistique d’Europe 1 qui devient son pygmalion et plus tard son époux. En 1956, son premier grand succès avec Bambino lance vraiment la carrière de celle qui est devenue Dalida. En 1962, désormais riche et célèbre, elle achète au 11 bis de la rue d’Orchampt, à Montmartre, un hôtel particulier de style 1900 où elle vivra jusqu’à son suicide en 1987. Dix ans plus tard, son quartier d’adoption inaugure une place à son nom avec son buste en bronze.

A Sanremo, le drame de sa vie

La carrière extraordinaire de la chanteuse, pour qui le disque d’or a été créé en 1957, est aussi jalonnée de succès que sa vie sentimentale d’échecs. Après avoir divorcé de Lucien Morisse, elle s’éprend de Luigi Tenco, un chanteur italien. Les deux artistes projettent de se marier. Mais après une prestation catastrophique au Festival italien de Sanremo, en janvier 1967, le jeune homme se donne la mort dans sa chambre d’hôtel, où elle le découvre peu après. Dévastée, Dalida tente d’en faire autant un mois plus tard.

A Porto-Vecchio, son havre de paix

En 1976, la chanteuse fait construire une somptueuse demeure sur les hauteurs de Porto-Vecchio en Corse. Comme dans toutes ses maisons, la chambre à coucher donne sur un balcon, d’où elle a une vue époustouflante sur la mer. De son propre aveu, elle ne profite pas assez de sa villa San Giorgio, n’y séjournant qu’une fois par an au mois d’août. Il faut dire que l’artiste a toujours été une acharnée de travail. En 1975, elle surprend une fois de plus là où on ne l’attend pas avec sa version de J’attendrai, qui devient le premier tube disco en français.

Où retrouver la chanteuse ?

A Paris, jusqu’au 26 deptembre.

Avec l’exposition Divas, d’Oum Kalthoum à Dalida, l’Institut du monde arabe célèbre les plus grandes figures de l’âge d’or de la chanson et du cinéma arabes du XXe siècle. Photographies, extraits de films ou de concerts, affiches, robes de scène ou encore objets personnels concourent à dresser le portrait de ces divas iconiques, qui ont contribué à révolutionner non seulement leur domaine artistique mais aussi l’image de la femme au sein de sociétés traditionnelles. Interprète en arabe égyptien de Salma Ya Salama en 1977 et de Helwa Ya Baladi en 1979, deux énormes succès, Dalida a toute sa place dans ce panthéon.
imarabe.org

En librairie

Cet ouvrage cherche à comprendre comment s’est forgé le mythe Dalida. Il explore les multiples facettes d’une femme et d’une artiste complexe, à la fois séductrice sexy et héroïne tragique, icône orientale et reine du disco.

Dalida mythe et mémoire, Barbara Lebrun, éd. Le mot et le reste, 23€.

Chez le disquaire

A l’occasion de l’expo de l’Institut du monde arabe, paraît un CD avec les chansons en arabe de Dalida, langue que l’artiste parlait couramment depuis son enfance en Egypte.

Helwa Ya Baladi, Universal Music, 10,99 €.

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Article paru dans le numéro Femme Actuelle Jeux Histoire n°20 de juillet-août 2021

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