Doit-on limiter l'accès aux jeux en ligne ?

Et si vous ne pouviez plus autant jouer aux jeux en ligne car le gouvernement décidait de vous limiter ? C’est une réforme que la Chine va appliquer pour les mineurs en limitant leur temps de connexion sur les jeux en ligne !

Alors qu’il y a peu on s’interrogeait déjà sur la censure que la Chine souhaite appliquer aux jeux vidéo, voilà que le gouvernement de l’Empire du milieu cherche à aller beaucoup loin en limitant le temps de connexion aux jeux en ligne des mineurs à 3h par semaine. La Chine, qualifiant le jeu vidéo « d’opium mental », souhaite mettre en place un système permettant de lutter contre l’addiction des jeunes aux jeux vidéo. Cette réforme vient à la suite de celle déjà mise en place en 2019 qui restreignait le temps de jeu des mineurs à 90 minutes par jour en semaine et à 3 heures le week-end. De quoi faire trembler les joueurs chinois, réputés pour être les plus accros à travers le monde. Cette annonce pose une question : faut-il limiter l’accès aux jeux vidéo ?

La Chine, le pays le plus accro aux jeux vidéo

Alors que le jeu vidéo trouve ses origines aux États-Unis, c’est pourtant en Chine, qui compte plus d’1 milliard d’individus, que l’on joue le plus. En effet, c’est au cours de l’été dernier que l’annonce est tombée. Ayant l’effet d’une véritable bombe dans le milieu du gaming, les professionnels et les amateurs se sont tous posés une question : au final, dans quel pays joue-t-on le plus ? C’est ce qui a justement inspiré les analystes de chez Statista qui ont mené une enquête mondiale sur la consommation de jeux vidéo. Au total, 10 grands pays de gaming ont répondu avec des participants entre 18 et 64 ans qui devaient indiquer s’ils passaient entre 6 et 10 heures ou plus de 10 heures par semaine à jouer aux jeux vidéo.

How many hours do you game per week? As of Sep 1st, minors in China will be allowed just 3 hours of online gaming a week after state media called video games « spiritual opium » earlier this month. China made roughly $41 billion in gaming revenue in 2020. https://t.co/j4uAxq9QW6 pic.twitter.com/kd4xMwV6Fp

Et les résultats de l’enquête sont plutôt impressionnants puisque 50% des répondants chinois ont indiqué jouer plus de 6 heures par semaine et 26% plus de 10 heures. Mais cette étude se concentrait sur des répondants majeurs. En l’occurrence, la réforme vise les joueurs mineurs (moins de 18 ans), sur lesquels on a déjà moins d’informations. Cependant, lors de son annonce, le gouvernement chinois a expliqué que les jeux vidéo étaient une véritable addiction chez les jeunes et engendraient non seulement des problèmes de santé (baisse de la vue, manque d’activité physique, etc.) mais également des problèmes scolaires. Les jeunes joueurs chinois auront besoin de présenter une pièce d’identité afin de pouvoir se connecter.

Mais pourquoi la Chine s’en prend t-elle aux jeux vidéo ?

Le jeu vidéo a toujours été un sujet à débat et souvent accusé d’être particulièrement addictif ou de générer des violences, entraînant parfois des réactions absurdes du côté des éditeurs. Pourtant, il est également un puissant vecteur social, permettant de créer des connexions avec des joueurs localisés à des kilomètres de nous. Toutefois, la Chine ne le voit pas de cet œil. Comme dit plus haut, la Chine fait énormément de reproches au jeu vidéo, notamment son impact sur la scolarité de ses élèves. Et lorsqu’on s’intéresse au système éducatif chinois, on se rend compte qu’il est loin d’être un système idéal.

En effet, les élèves sont soumis à un rythme intense où ces derniers doivent le plus grand respect à leur professeur au point de ne pas poser de question, ce qui pourrait être perçu comme une remise en question des connaissances du professeur (et tant pis si celui-ci est mauvais). On remarque donc que la Chine cherche, dès l’école, à asservir de futurs membres de la patrie. Et pour ça, tous les moyens sont bons. En limitant ainsi l’accès aux jeux en ligne aux mineurs, le gouvernement s’assure de conserver le contrôle sur ce que les jeunes voient et entendent, les jeux vidéo étant régulièrement accusés de véhiculés certains messages sociaux et sociétaux.

Et si d’autres pays suivaient la Chine ?

Bien que cela puisse faire réfléchir sur l’éventualité, il y a quand même peu de chances pour que d’autres pays suivent la Chine sur le terrain de la censure du jeu vidéo. Et cela pour plusieurs raisons. Tout d’abord, bien que la Chine se présente comme étant une République Démocratique, son gouvernement et les décisions prises prouvent qu’il s’agit d’une dictature. Ensuite, le jeu vidéo représente un marché colossal. À titre d’exemple, le groupe d’analyse SuperData Research (qui a fermé ses portes depuis) estimait en mars 2018 que le jeu Fortnite avait généré 223 millions de dollars grâce aux achats intégrés. Et ce uniquement sur le mois de mars 2018. Des chiffres qui donnent le tournis.

Enfin, le monde du gaming se professionnalise de plus en plus et certains pays, comme par exemple la Malaisie, ont décidé d’y investir énormément, voyant dans le jeu vidéo un sujet de développement économique important. Donc même si certains pays souhaitaient copier la décision de la Chine, il y a peu de chances qu’ils y parviennent. Néanmoins, bien que le jeu vidéo puisse avoir beaucoup d’avantages, celui-ci peut se révéler très addictif. Y jouer demande donc une certaine maturité, une bonne connaissance de ses limites et beaucoup de bon sens. Limiter l’accès aux jeux en ligne non. Faire de la prévention sur l’addiction oui.

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