Diabète gestationnel : taux, test, risques, traitements et alimentation adaptée

Environ 8 % des femmes enceintes en France souffrent d’un diabète gestationnel. Les conseils de la diététicienne-nutritionniste.

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Qu’est-ce que le diabète gestationnel ?

Environ 7 % à 8 % des femmes enceintes en France sont atteintes de diabète gestationnel. Cette complication de la grossesse se définit comme une forme particulière de diabète qui concerne spécifiquement les futures mamans.

Diabète gestationnel : que se passe-t-il exactement ? Pendant la grossesse, l’insuline (cette hormone chargée de réguler le taux de sucre dans le sang) perd en efficacité, notamment à cause des hormones produites par le placenta.

Si, chez la plupart des femmes enceintes, ce phénomène est naturellement  » compensé  » par le pancréas (qui se met à produire davantage d’insuline), chez certaines femmes, la compensation est insuffisante : se développe alors une insulinorésistance pathologique et une hyperglycémie chronique. C’est le diabète gestationnel.

Diabète gestationnel : est-ce grave ? Oui. En l’absence de prise en charge, le diabète gestationnel peut être responsable de conséquences potentiellement graves chez la mère comme chez l’enfant à naître. Il peut notamment être question :

  • D’une hypertension artérielle de grossesse,
  • D’une prééclampsie,
  • D’un accouchement prématuré,
  • D’une hypoglycémie du nouveau-né,
  • D’une hémorragie de la délivrance,
  • D’une macrosomie…

Diabète gestationnel : quels sont les facteurs de risque et comment est-il dépisté ?

Diabète gestationnel : les facteurs de risque. Certaines femmes enceintes présentent un risque accru de diabète gestationnel : ce sont notamment les femmes en surpoids ou en situation d’obésité (avec un indice de masse corporelle supérieur à 25), les femmes âgées de plus de 35 ans, les femmes qui ont des antécédents familiaux de diabète, les femmes atteintes d’un syndrome des ovaires polykystiques (SOPK)…

Diabète gestationnel : le dépistage. Le dépistage du diabète gestationnel n’est pas systématique : il est proposé aux femmes enceintes qui présentent des facteurs de risque (qui ont plus de 35 ans, qui sont obèses ou en surpoids…) et/ou en cas de signes qui peuvent faire penser à cette complication de grossesse (un bébé qui semble  » gros  » à l’échographie, une prise de poids importante au deuxième ou au troisième trimestre de grossesse, un excès de liquide amniotique…).

Le dépistage du diabète gestationnel passe d’abord par la réalisation d’une prise de sang, dès la fin du troisième mois de grossesse. Celle-ci doit être faite à jeun et sert à mesurer la glycémie (c’est-à-dire le taux de sucre dans le sang). Si la glycémie est supérieure à 0,92 g/L, le diabète gestationnel est confirmé.

Si le premier test est négatif, un second dépistage pourra être réalisé entre la 24ème et la 28ème semaine d’aménorrhée (au début du 6ème mois de grossesse) : le HGPO – pour HyperGlycémie Provoquée par voie Orale. Il s’agit de faire une prise de sang avant, 1 heure puis 2 heures après ingestion de 75 g de glucose. Avec le test HGPO, on mesure donc 3 valeurs : si une seule d’entre elles est trop élevée, le diabète est confirmé.

Diabète gestationnel : quelle prise en charge ? Dès la confirmation du diagnostic de diabète gestationnel, une prise en charge avec un médecin diabétologue / endocrinologue est mise en place ainsi qu’un suivi avec un(e) diététicien(ne)-nutritionniste.

Pendant la grossesse, le recours aux médicaments antidiabétiques oraux est contre-indiqué ; le contrôle du diabète gestationnel passe donc essentiellement par des mesures hygiéno-diététiques. En cas d’échec de celles-ci, des injections régulières d’insuline pourront être prescrites.

À savoir. En cas de diabète gestationnel, la femme enceinte doit prendre 6 fois par jour sa glycémie à l’aide d’une mesure au bout du doigt.

Et aussi… Bonne nouvelle : dans plus de 90 % des cas, le diabète gestationnel disparaît à l’accouchement.

Diabète gestationnel : les conseils de la diététicienne-nutritionniste

 » En cas de diabète gestationnel, les recommandations hygiéno-diététiques sont les mêmes que pour un diabète de type 2  » remarque Nathalie Négro, diététicienne-nutritionniste. Quelques conseils :

  • Évitez les prises alimentaires anarchiques. Faites 3 repas par jour (des repas sains mais complets avec entrée + plat + dessert, surtout au cours du troisième trimestre de grossesse où on a tendance à avoir davantage faim), avec éventuellement des collations durant la journée (c’est à discuter avec votre diététicien(ne)-nutritionniste).
  • Prenez des petits-déjeuners peu sucrés et équilibrés. Privilégiez les petits-déjeuners salés en évitant le jus de fruit, le miel, la confiture… La bonne formule ? Une boisson chaude non-sucrée + un morceau de pain (à index glycémique bas : plutôt du pain de seigle ou du pain de son, un pain avec une mie compacte) + une portion de beurre + un produit laitier (un fromage blanc ou un yaourt nature mais pas forcément à 0 % M.G.) + un fruit (optez plutôt pour un fruit juteux qui donnera du goût au produit laitier : une pêche, une poire…).
  • Limitez les féculents (mais ne pas les supprimer totalement). Le plat principal du déjeuner et du dîner doit se composer de légumes (crus ou cuits) + d’une portion de viande ou de poisson + de féculents. Attention : ne vous resservez pas en féculents ! Par ailleurs, privilégiez les féculents à index glycémique bas : des pâtes al dente ou des légumes secs plutôt que des pommes de terre.
  • Accordez-vous des petits plaisirs. Envie d’une pâtisserie ? Prenez-la plutôt dans le cadre d’un repas, à la place du dessert, et ne prenez pas de féculents lors de ce repas.
  • Gardez un œil sur les étiquettes. Au supermarché, vous hésitez entre deux paquets de biscuits ? Choisissez la référence dont la valeur  » dont sucres  » (dans la rubrique  » glucides « ) est la plus faible. C’est la même chose pour les céréales du petit déjeuner. Et si vous aimez les bonbons ou chewing-gum, prenez-les sans sucres.
  • N’oubliez pas de bien vous hydrater au quotidien.

À savoir.  » Si votre glycémie n’est pas stable, pensez à noter ce que vous mangez sur un petit carnet : cela aidera votre diététicien(ne)-nutritionniste à rectifier le tir si nécessaire  » conseille Nathalie Négro.

Et aussi…  » L’activité physique améliore la glycémie : demandez conseil à votre sage-femme ou à votre gynécologue pour savoir quel sport est le plus indiqué dans votre situation.  » Du côté des sports accessibles à toutes, on peut mentionner la marche rapide et la natation – un feu vert médical reste nécessaire !

Merci au Dr. Laure Abensur, médecin généraliste et ex-sage-femme.

Merci à Nathalie Négro, diététicienne-nutritionniste et responsable du Centre Nutritionnel des Thermes de Brides-les-Bains.

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