Des scientifiques veulent créer un implant pour lutter contre le jet lag

Une équipe internationale de chercheurs travaille actuellement à la conception d’un implant capable de réduire la sensation de jet lag ressentie par les voyageurs. Le dispositif bio-électronique agirait en influant sur le rythme circadien de son porteur.

Quiconque a déjà voyagé à l’autre bout du monde a déjà ressenti le fameux jet lag, en français le “syndrome du décalage horaire”. Ce problème apparait lorsque l’on voyage rapidement à travers plusieurs fuseaux horaires. Notre corps peut alors rencontrer des difficultés à s’adapter à un nouveau rythme.

Selon l’American Sleep Association, plus de 90% des voyageurs ont été exposés au moins une fois dans leur vie à ce syndrome. Et plus la distance parcourue est importante, plus le risque de développer un jet lag et les symptômes associés s’accroit.

S’il existe des astuces pour lutter contre le problème et s’en remettre plus vite, des scientifiques ont décidé de développer une solution plus concrète. Ils travaillent actuellement à concevoir un implant bio-électronique capable de réduire la sensation de décalage horaire.

Une “pharmacie vivante” pour réduire le décalage

Selon les détails dévoilés, le dispositif ne devrait pas mesurer plus de quelques centimètres et sera à implanter sous la peau. Surnommé “living pharmacy” (en français, “pharmacie vivante”), il fonctionnera en influant sur l’horloge biologique de son porteur, plus exactement sur son rythme circadien.

Ce rythme biologique, calé sur un cycle de 24 heures, régule de nombreuses fonctions au sein de l’organisme et notamment l’alternance des phases de veille et de sommeil. Au sein de l’implant, les chercheurs ont ainsi intégré des “usines cellulaires” capables de libérer des peptides qui modifient le rythme en question.

Le dispositif sera contrôlé via une application installée sur un smartphone. Pendant un voyage, par exemple, il suffira d’activer le système en précisant le décalage horaire traversé. Celui-ci se chargera ensuite d’analyser le rythme du porteur et de déclencher en conséquence l’implant et la libération des peptides.

Pour que des stimuli ou des médicaments affectent votre rythme circadien, il faut qu’ils soient administrés au bon moment de votre cycle“, a expliqué au Telegraph, le professeur Jonathan Rivnay, professeur adjoint de la Northwestern University dans l’Illinois et principal chercheur du projet.

Donc vous indiquerez à votre smartphone de combien d’heures vous voulez vous décaler et il détectera votre phase actuelle. Ensuite, il déterminera un planning pour que les signaux administrés soient les plus efficaces possible afin de décaler votre rythme“, a-t-il poursuivi.

Grâce à cette invention, les scientifiques pensent pouvoir réduire de moitié la durée nécessaire pour se remettre du jet lag et s’adapter à un nouveau fuseau horaire.

Un stade de développement encore très précoce

Le projet vient de recevoir le soutien de la DARPA, l’agence américaine de recherche pour la défense, qui lui a attribué un financement de 33 millions de dollars (environ 27 millions d’euros). Elle a en effet estimé que la technologie pourrait s’avérer très utile pour les militaires qui voyagent régulièrement.

Si les recherches ont livré des données préliminaires prometteuses, le dispositif est encore à un stade de développement très précoce, souligne un communiqué. Les chercheurs se concentrent actuellement sur les composés de l’implant et mènent des tests pour évaluer leur fonctionnement et leur durée de vie notamment.

Une fois le dispositif conçu, la deuxième phase consistera à valider le fonctionnement de l’ensemble. Si les résultats sont concluants, le projet pourra alors entrer dans sa troisième phase au cours de laquelle l’implant sera testé sur des humains.

Selon les spécialistes, les essais cliniques pourraient démarrer d’ici cinq ans. “Ce serait formidable que le projet fonctionne aussi bien que les données préliminaires l’indiquent“, a précisé à Fox News, le professeur Florian Solzbacher de la University of Utah qui participe aux recherches.

Outre les militaires et les voyageurs, le scientifique a précisé que le dispositif pourrait aussi s’avérer utile chez des professionnels tels que les secouristes qui alternent parfois les gardes de jour et de nuit. “Avoir ce type de dispositif pourrait rendre cela plus confortable ou permettre de mieux fonctionner“, a-t-il assuré.

“Tout dépendra de la gravité du syndrome”

Reste à savoir si les individus en question accepteront de se faire installer un tel implant pour réduire d’éventuels symptômes liés au décalage horaire. Interrogé sur la question, le professeur Rivnay a jugé : “tout dépendra de la gravité du syndrome à traiter“.

Un voyageur d’affaires qui s’envolent à l’autre bout du monde une fois par semaine ne voudra peut-être pas se le voir implanter, mais quelqu’un qui souffre de problèmes de sommeil très invalidants se portera peut-être volontaire“, a-t-il estimé pour le Telegraph.

Qu’un tel dispositif tente ou non les voyageurs, ces derniers devront donc attendre encore un peu avant de voir cette technologie devenir réalité. D’ici là, il est toujours possible de se tourner vers les bonnes vieilles astuces : planifier habilement son voyage et commencer à décaler ses horaires avant de partir.

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