Dans "Réparer les vivantes", des victimes de violences racontent la difficulté de se reconstruire

En vidéo. – Diffusé à l’occasion de la Journée internationale de lutte contre les violences faites aux femmes, le documentaire Réparer les vivantes dévoile le long chemin de la reconstruction.

Elles sont infirmières, psychologues, ostéopathes, gynécologues ou encore juristes et ont fait le choix de venir en aide aux victimes de violences physiques, psychologiques et sexuelles. Au sein de l’Institut Women Safe, situé à Saint-Germain-en-Laye, toutes travaillent ensemble pour accompagner des femmes et leurs enfants dans le long chemin de la reconstruction. Le documentaire Réparer les vivantes, réalisé par Florie Martin (1), nous plonge dans le quotidien de cette équipe spécialisée en psychotraumatologie, et composée à 60% de bénévoles. Créée depuis 2014 par Frédérique Martz et le Dr Pierre Foldes, l’association marrainée par l’humoriste Florence Foresti, est en effet la première à offrir l’accès aux soins et à la justice en un seul lieu.

« Un volcan de désespoir »

«Les victimes qui arrivent ici, sont dans un état de souffrance psychologique immense et dans un état d’épuisement vraiment immense», explique Marie, psychologue. Face à ces femmes qui présentent pour certaines «des idées suicidaires très fortes», il s’agit d’abord pour l’équipe de Women Safe, de calmer et de prendre en charge cet état interne qui ressemble à «un volcan de désespoir». Pour éviter aux victimes d’avoir à répéter le récit des violences subies, le premier entretien fait avec une infirmière, est retransmis à l’ensemble de l’équipe, qui va ensuite élaborer un accompagnement personnalisé. Assistance juridique, soins médicaux, consultations psychologiques, groupes de paroles… tout est mené avec bienveillance. Rassurées, les femmes prises en charge reprennent confiance et avancent à leur rythme, tout en restant libres de leurs décisions.

« Je n’étais plus toute seule »

«J’ai eu super peur au début et puis en fait ça m’a vraiment soulagée, ça m’a vraiment allégée parce que je n’étais plus toute seule», témoigne Lisa, 20 ans. Souffrant d’amnésie traumatique, elle souhaite «prendre son passé en main» et «arrêter de mettre un couvercle» sur ses peurs. Grâce à l’EMDR, méthode de désensibilisation basée sur les mouvements oculaires, la jeune femme parvient à reconstituer le traumatisme enfoui dans sa mémoire et dans son corps, afin de mieux le surmonter. «C’est une thérapie difficile, très intense, ça demande beaucoup d’énergie mais ça permet de prendre du recul», raconte-t-elle dans le documentaire. «Que ce soit dans l’intimité d’une consultation psychologique ou au sein d’un groupe de parole, l’objectif est de leur donner «la puissance d’exprimer ce qu’elles ont vécu» et de «leur rendre leurs armes», ajoute Louise, une des psychologues de l’association.

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« Parler, c’est le début de la réparation »

«Elles attendent le moment magique où le trauma sera oublié, où il n’y aura plus de symptômes. La prise de parole, la demande de prise en charge, c’est le début de la réparation», ajoute-t-elle. Témoignant pour certaines à visage découvert, ces femmes «ne veulent plus se cacher, elles savent que la honte ne doit plus être de leur côté», expliquait Mélissa Theuriau, productrice du documentaire, dans nos pages. «Elles portent aussi un message positif de reconstruction que l’on entend rarement. Il n’y a cependant pas de solution miracle : l’association est parfois à bout de ressources avec certaines victimes», conclut-elle avec lucidité.

(1) A voir sur La Chaîne parlementaire, mercredi 24 novembre à 20h30.

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