Covid-19 : le variant britannique circule activement en Île-de-France

C’est une donnée qui laisse présager une prochaine hausse “très significative” du nombre de malades : le variant britannique de la Covid-19 serait responsable de près d’un cas sur dix en Île-de-France, et ce, depuis deux semaines, ont déclaré des médecins de l’Assistance Publique-Hôpitaux de Paris (APHP) au cours d’une conférence de presse, ce mardi 26 janvier.

“Ces résultats sont à prendre avec précaution” mais confirment “une tendance à l’augmentation de ce variant”, a déclaré Anne-Geneviève Marcelin, virologue à la Pitié-Salpêtrière. 

Des résultats qui correspondent aux modélisations

Les résultats ont été récoltés après l’analyse de 1080 tests PCR positifs, réalisés entre le 11 et le 21 janvier dans huit sites de dépistage franciliens. Parmi eux, 9,4% correspondaient au variant britannique, alors qu’un taux de 1 à 2% au niveau national avait été constaté les 7 et 8 janvier, après une première “enquête flash” menée sur plus de 10 000 tests positifs à échelle nationale.

L’étude “intermédiaire” menée en Île-de-France “correspond assez bien aux modélisations qui ont été faites par l’Institut Pasteur”, a souligné Anne-Geneviève Marcelin, rappelant que l’organisme tablait sur une fourchette de 2 à 12% début février, puis 12 à 64% début mars.

Selon une modélisation de l’Inserm mise en ligne le 16 janvier, le variant britannique pourrait même devenir “dominant en France entre fin février et mi-mars”. 

“On est à un point d’inflexion”, a constaté le Pr Frédéric Batteux, chef du service d’immunologie de l’hôpital Cochin lors de la conférence de presse, observant que le taux de reproduction de la Covid-19 “est passé au dessus de 1,2” et continue de monter. Avec une souche britannique “de 40 à 60% plus contagieuse”, il dit s’attendre à “une augmentation très significative quand ce variant prendra le dessus”.

Une deuxième “enquête flash”, menée par Santé Publique France sur l’ensemble du territoire, doit débuter ce mercredi 27 janvier afin de déterminer à quel point le variant s’est propagé.

Une situation inquiétante avec des indicateurs dans le rouge

“La situation est inquiétante” et “ressemble beaucoup à une exponentielle”, a de son côté expliqué le professeur Bruno Riou, directeur médical de crise de l’AP-HP. Celui-ci se dit favorable à une “décision la plus rapide possible” en vue de “mesures nouvelles, plus drastiques” que le couvre-feu. “Si on ne fait rien, on aura une vague qui risque d’entraîner un débordement de nos hôpitaux”, a-t-il mis en garde au cours de la conférence de presse.

Dans les hôpitaux de Paris, tous les indicateurs liés à la Covid-19 sont au rouge : “Les appels au Samu, les passages aux Urgences et les consultations de SOS Médecins ont bondi de plus de 30% depuis le début de l’année”, a précisé le Pr Frédéric Batteux. “En trois semaines, le rythme quotidien des hospitalisations est passé de 50 à 70 par jour, et les entrées en réanimation de 15 à 25”.

Selon les dernières données de Santé Publique France, plus de 22 000 nouveaux cas de contamination ont été enregistrés en France au cours des dernières 24 heures, bien loin des 5 000 cas quotidien espérés à la mi-novembre par le gouvernement.

2 006 personnes ont été admises à l’hôpital, portant à 27 005 le nombre de patients hospitalisés sur le territoire. Par ailleurs, 3071 patients se trouvent en réanimation, ce qui représente 371 personnes de plus que la veille et 352 décès ont été enregistrés.

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