Covid-19 : doit-on s’inquiéter de l’efficacité du vaccin AstraZeneca chez les seniors ?

Alors que le vaccin tant attendu du laboratoire britannique devrait arriver sur le marché européen, un doute subsiste quant à son efficacité chez les plus de 65 ans. On vous explique.

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Le troisième vaccin, du laboratoire pharmaceutique AstraZeneca, devrait arriver en France courant février : son approbation par l’Agence européenne du médicament est prévue ce vendredi 29 janvier. Mais de nombreux doutes persistent actuellement. D’abord sur l’approvisionnement : on annonce des retards de livraison importants. Rien qu’en France, le laboratoire ne fournira que 4,6 millions de doses en février et mars, alors qu’on en espérait initialement 16 millions…

Mais ce n’est pas tout. A l’avant-veille de son autorisation sur le marché, le flou demeure quant à son efficacité chez les seniors. Lundi, deux quotidiens allemands (Bild et Handelsblatt) ont publié des articles remettant en cause l’efficacité de ce vaccin contre le Covid-19 pour les personnes de plus de 65 ans. Sous couvert de sources gouvernementales, ils y faisaient peser un doute quant à une homologation du vaccin pour les plus de 65 ans. Ce qui bouleverserait évidemment le calendrier vaccinal et la stratégie qui consiste à vacciner les plus âgés d’abord.

Le laboratoire britannique s’est immédiatement défendu, arguant avoir publié ses données dans la renommée revue The Lancet, en novembre dernier, démontrant la bonne réponse immunitaire des personnes âgées à son vaccin, “100% d’entre elles ayant généré des anticorps spécifiques après la deuxième dose”, explique-t-il.

Une grossière erreur de chiffre ?

Dans leurs articles, les journaux allemands étayent leurs propos avec un chiffre qui paraît étonnant : le vaccin d’AstraZeneca ne serait efficace qu’à 8 % chez les personnes plus âgées. Comment alors pourrait-il avoir obtenu une autorisation en Grande-Bretagne, où il est déjà administré à la population depuis fin 2020 ? D’après le ministre de la Santé allemand, il y aurait pu avoir une confusion – grossière – dans la lecture des données fournies. Ainsi, le chiffre de 8% apparaissant dans les données se rapporte à la proportion des personnes “entre 56 et 69 ans” ayant participé aux études et pas à l’efficacité du vaccin. Une confusion qui créé la polémique à un moment où AstraZeneca s’en serait bien passé.

Rendez-vous vendredi pour la confirmation de l’homologation de ce nouveau vaccin en Europe, qui s’ajoutera aux deux premiers, Pfizer et Moderna. Il se distingue cependant dans sa technologie. Les deux premiers sont des vaccins à ARN messagers, alors que celui-ci utilise une technique “classique” : un virus de rhume dans lequel on a inséré un gène codant pour la protéine S du coronavirus. Un atout car ses doses seront plus facilement transportables (pas besoin de super congélateurs à -70°) et leur conservation aisée. Ce qui pourrait ouvrir la voie à une vaccination en pharmacies ou par les médecins de villes… Affaire à suivre.

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