Covid-19 : deux ans après, que sait-on des séquelles laissées par le virus ?
  • Les effets connus d’une infection au Covid-19 sur le système respiratoire
  • L’impact du coronavirus sur les fonctions neurologiques
  • Les effets du SARS-CoV-2 sur le coeur
  • Comment le Covid-19 fragilise nos yeux
  • Les conséquences d’une infection sur les reins et le foie

Celui que l’on ne pensait être qu’une grippette au début de la crise sanitaire risque d’apparaître encore longtemps dans nos bilans de santé. Deux ans après le début de la pandémie, les scientifiques affirment que l’on peut déjà anticiper de premières conséquences du Covid-19 sur notre corps, à moyen terme.

Alors qu’on sait maintenant que d’ancien.ne.s “covidé.e.s” continuent de subir les symptômes du Covid long des mois après l’infection, on a moins conscience que le SARS-CoV-2 peut également avoir des effets au très long terme sur- presque – tous nos organes.

Les effets connus d’une infection au Covid-19 sur le système respiratoire

Infection respiratoire avant tout, la toux sèche est l’un des symptômes majeurs du Covid-19. Tôt dans la pandémie, on s’est aperçu que le coronavirus pouvait engendrer “une réaction inflammatoire intense” et présenter “des anomalies des explorations fonctionnelles respiratoires persistantes au moment de leur sortie de l’hôpital”, d’après une étude publiée le 21 février 2021 dans la revue PubMed Central.

Parfois, ces dommages sont complètement invisibles au scanner ou à la radiographie, avait révélé une autre étude publiée sur le site du centre de recherche biomédicale d’Oxford et relayé par la BBC, le 30 janvier 2022. Ils seraient à l’origine de sensations d’essoufflements. 

Mais ce n’est pas tout : le coronavirus pourrait aussi, à terme, endommager certaines cellules humanitaires de nos poumons et de nos voies aériennes, et ainsi les rendre plus fragiles après l’infection. “(…) il se pourrait que certains dommages causés par le virus ne soient pas réversibles”, dévoile l’association RESPIREZ.

D’autres études réalisées très tôt dans la pandémie semblaient aussi alerter quant au risque de développer une fibrose des tissus pulmonaires suite à l’infection, mais ces recherches doivent encore être approfondies. 

L’impact du coronavirus sur les fonctions neurologiques

Envisagées dès l’aube de la crise, les effets du Covid-19 sur le cerveau sont attestés régulièrement par des études, toujours plus préoccupantes.

Publiée le 12 janvier 2021 dans le Journal of experimental medicine, une étude menée par l’université de Yale aux États-Unis et l’Institut du cerveau et l’hôpital Pitié-Salpêtrière en France, avance que le Covid-19 pourrait affecter les neurones.

En étudiant le cerveau de patients décédés des suites du Covid-19, les chercheurs ont découvert que le virus pouvait pénétrer dans les neurones et utiliser leurs composants pour se multiplier, privant au passage d’oxygène les cellules voisines des neurones infectés. 

Plus récemment, en mars 2022, des travaux révélés dans la revue Nature démontraient l’existence bien réelles de pathologies liées au cerveau post-infection. Présentes chez 80% des cas graves étudiés, ces atteintes cérébrales auraient aussi été détectées chez les formes légères de Covid-19

Elle se traduirait par la diminution anormale de la taille de leur cerveau. “Qu’ils aient été hospitalisés ou non, il a été démontré que le passage du Covid-19 avait entraîné ‘une plus grande perte et détérioration de la matière grise’, que chez les non infectés”, souligne Gwenaëlle Douaud, professeure à l’Université d’Oxford et auteure de l’étude.

Chez les patient.e.s âgées, les conséquences du virus pourraient aussi être mentales. Les résultats d’une étude publiée le 28 avril 2022 dans la revue The Lancet  ont montré que les patient.e.s volontaires, « étaient en moyenne moins précis que les autres sujets et avaient des temps de réponse plus longs ». Un vieillissement cognitif et psychologique de près de 20 ans a été observé chez certains malades hospitalisés.

Les effets du SARS-CoV-2 sur le coeur

Routeur du corps humain, le cœur pourrait, lui aussi, être affecté le passage du Covid-19. Publiée le 14 mars 2022 dans European Heart Journal, une étude allemande a démontré que « 1 à 2 % de diminution de la force de pompage de l’organe” avait été observé chez des patient.e.s, dix mois après l’infection.

D’autres scientifiques sont prêts à dire que le Covid-19 encouragerait le développement de maladies cardiovasculaires. “Dans l’année suivant l’infection, le risque de développer une maladie cardiovasculaire est accru de 55 %”, même en cas de formes légères, révèle une étude récemment publiée dans la revue Nature Medecine.

“Les personnes atteintes de Covid-19 présentent un risque accru de maladies cardiovasculaires incidentes couvrant plusieurs catégories, notamment les troubles cérébrovasculaires, les dysrythmies, les cardiopathies ischémiques et non-ischémiques, la péricardite, la myocardite, l’insuffisance cardiaque et la maladie thromboembolique”, peut-on y lire.

“À long terme, le Covid-19 peut entraîner de graves complications cardiovasculaires voire la mort, alerte Ziyad Al-Aly, l’auteur principal de cette étude. “Ce sont des maladies qui affecteront les gens toute leur vie”, poursuit-il.

Comment le Covid-19 fragilise nos yeux

Selon certain.es scientifiques, le virus pourrait même affecter jusqu’à nos yeux. C’est en tout cas ce qu’ont laissé entendre des chercheurs, dont les conclusions ont été publiées le 14 avril 2022 dans la revue spécialisée Jama Ophthalmology.

D’après l’étude, le nombre de personnes souffrant d’occlusion vasculaire rétinienne (OVR) était plus élevé “dans les 6 mois après l’infection au Covid-19”. Correspondant à l’obstruction de la veine centrale de l’œil par un caillot sanguin, cette pathologie entraînerait une diminution significative de l’acuité visuelle, précise l’étude.

Les conséquences d’une infection sur les reins et le foie

Enfin, certains travaux scientifiques se sont intéressés aux conséquences, à long terme, de Covid-19 sur nos reins ? C’est ce que théorisait déjà l’Académie Nationale de Médecine dans un article publié le 15 juillet 2020. 

Les atteintes directes liées au virus se traduisent par une nécrose des cellules épithéliales tubulaires inconstamment réversible pouvant conduire à une insuffisance rénale chronique terminale« , peut-on lire. Les patient.e.s “doivent donc être surveillés sur une longue période, cette pathologie évoluant toujours de manière ‘silencieuse' », préconisent les chercheurs.

D’autre part, l’épidémie actuelle d’hépatites d’origine inconnue semble induire que le Covid-19 puisse également fragiliser le foie des personnes contaminées, jusqu’à six mois après leur infection. 

Au regard du compte-rendu des recherches de l’Université américaine Case Western Reserve, rendu public le 14 mai 2022, le passage du virus pourrait laisser des “séquelles hépatiques aigües et à long terme chez les patients pédiatriques”.

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