Comment Satoshi Nakamoto, le créateur du bitcoin est devenu un mythe
  • Le Mystère Satoshi mêle animation, interviews et archives pour explorer l’histoire de la création de la première crypto-monnaie.
  • La série documentaire imagine les réflexions de son mystérieux inventeur, grâce à la voix de Thibault de Montalembert, et retrace la saga du bitcoin. 
  • La série est disponible ce mercredi sur Arte.tv.

Satoshi Nakamoto est-il un homme, une femme, un groupe, une intelligence artificielle ? La série documentaire diffusée ce mercredi sur
Arte.tv apporte un éclairage bienvenu sur le
bitcoin alors que la première monnaie virtuelle a franchi le cap des 68.000 dollars, un record historique, au mois de novembre. Comment le bitcoin a-t-il été créé et surtout,
qui est son créateur, disparu des radars depuis 2010 ? Le Mystère Satoshi – aux origines du bitcoin explore les origines de cette révolution technologique grâce à l’intervention de nombreux spécialistes des blockchains et de Thibault de Montalembert qui prête sa voix au personnage de Satoshi Nakamoto. Retour sur une légende dont la trace a été perdu depuis plus de dix ans.

Tout commence en 2008, le 31 octobre plus exactement. Le livre blanc fondateur du bitcoin est publié sur Internet en pleine crise financière mondiale. Le document de huit pages, signé de la main du pseudonyme Satoshi Nakamoto, pose les fondements de cette cryptomonnaie et présente ses objectifs : « effectuer des paiements en ligne directement d’un tiers à un autre sans passer par une institution financière ». Les grands principes du bitcoin sont établis : une monnaie virtuelle décentralisée, transparente, infalsifiable et sans intermédiaire est créée. Avec cette technologie, Satoshi Nakamoto résout le problème de la double dépense, le risque qu’une somme soit dépensée deux fois. Dans le monde numérique, on peut envoyer une copie parfaite d’un fichier tout en gardant l’originale, tout est reproductible à l’infini. Le bitcoin a inventé l’unicité numérique.

Les faux Satoshi Nakamoto

Satoshi Nakamoto n’a plus donné de signe de vie depuis 2010. Depuis sa disparition, toutes sortes de fake news à propos de son identité ont circulé sur la Toile et dans les médias. En 2014, le magazine américain Newsweek a annoncé avoir
trouvé le vrai Satoshi Nakamoto, un retraité nippo-américain habitant à Los Angeles. Pris dans la tourmente médiatique, ce dernier a nié être le créateur du bitcoin, d’autant qu’il y a peu de chances que le vrai Satoshi ait utilisé son nom de naissance. En 2016, l’entrepreneur australien, Craig Wright, a prétendu être derrière le bitcoin, mais sa démonstration publique n’a réussi à berner personne parmi les experts de la cryptographie. Au fil des années et à force de fausses rumeurs, Satoshi Nakamoto est devenu un véritable mythe.

« On estime qu’entre 2009 et 2010, Satoshi Nakamoto aurait miné 22.000 blocs et gagné près d’1,1 million de bitcoins [plus de 50 milliards d’euros] », souligne la série documentaire Le Mystère Satoshi. Le 3 janvier 2009, le premier bloc est créé : 50 bitcoins sont générés. Satochi Nakamoto a signé un certain nombre de bitcoins qu’il avait minés et les a envoyés à Hal Finney, un informaticien qui a été l’un des premiers à s’intéresser à la technologie. Jusqu’à sa mort en 2014, il n’a jamais su qui se cachait derrière ce nom et a démenti les affirmations selon lesquelles il serait l’inventeur de la cryptomonnaie.

Une fortune abandonnée

En 2013, Satoshi Nakamoto devient milliardaire, mais son identité reste un mystère. Pire, les bitcoins qu’il a minés n’ont pas bougé. « C’est insensé de bâtir cette immense fortune sans jamais y toucher, lâche Dan Held, responsable du développement chez Kraken, une plateforme d’échange de cryptomonnaies, interviewé dans le documentaire. Je ne crois pas que Satoshi voulait juste bouger ses bitcoins et dire : « Yolo, je vais les bouger et voir ce qu’il se passe ». Mais il pouvait signer un message avec sa clé privée pour dire qui il est et ce qu’il comptait en faire ». Il n’a jamais levé son anonymat et son évaporation a eu un autre effet sur sa création. Elle a permis au bitcoin de ne dépendre d’aucun tiers et de devenir une « monnaie acéphale », c’est-à-dire sans chef pour dicter son évolution, rendant ainsi la blockchain encore plus robuste.

De nombreuses autres cryptomonnaies ont depuis été lancées (ethereum, cardano, ripple…). Aujourd’hui, il en existe plus de 12.000, selon le site spécialisé CoinMarketCap. Le bitcoin représente à lui seul près de 50 % du marché. Découvrira-t-on un jour l’identité de son créateur ? C’est plutôt mal parti.

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