Check Ton Rétro : Tomb Raider fête ses 25 ans cette année

Il y a 25 ans naissait Tomb Raider, qui est aujourd’hui devenu une licence culte du jeu vidéo en plus d’être une véritable référence du jeu d’action-aventure. Retour sur deux décennies d’histoire en compagnie de la belle Lara Croft.

2021, l’année de tous les anniversaires. Après The Legend of Zelda, Crash Bandicoot, Resident Evil, Pokémon, Sonic ou encore Devil May Cry, c’est au tour d’une autre grande licence de l’histoire du jeu vidéo de passer un cap symbolique. Cette licence c’est Tomb Raider, qui a fêté ses 25 ans cette semaine. C’est en effet le 25 octobre 1996 que la franchise culte imaginée par Toby Gard et développée par Core Design a vu le jour sur Sega Saturn pour la première fois. Son véritable succès ne viendra toutefois qu’à partir du mois suivant, au cours duquel ce premier opus s’exportera sur PlayStation et PC pour s’approprier le cœur de millions de joueurs à travers le monde. Le phénomène Tomb Raider, largement soutenu par son héroïne Lara Croft, était né.

Les débuts d’une licence culte

À une époque où le monde entier était bercé par les aventures d’Indiana Jones au cinéma, ce n’était qu’une question de temps avant que l’industrie du jeu vidéo, dont l’essor commençait à prendre son envol, ne cherche à avoir son propre aventurier archéologue. Et c’est le britannique Toby Gard qui le lui offrira. Dès 1994, le créateur commence à réfléchir au projet et imagine un héros masculin dont l’allure et la personnalité ressemblent fortement à celles du personnage de George Lucas. Pour des raisons de droits, Eidos Interactive, l’éditeur, lui demande donc de trouver une nouvelle idée. C’est alors qu’il décide de partir dans la direction opposée en faisant ce qui pouvait être perçu comme une prise de risque inconsidérée à cette époque : mettre en scène un protagoniste féminin.

Après plusieurs ajustements, Gard donne naissance à Lara Croft, qui sera donc l’héroïne de Tomb Raider. Cette dernière, conçue comme une sorte d’Indiana Jones au féminin, se veut être une aventurière forte et intrépide qui parcourt le monde à la recherche de trésors et autres lieux inexplorés. Et le plus intéressant, c’est qu’elle ne fait cela « que pour le sport ». À sa sortie, le jeu se présente comme un titre d’action-aventure en 3D dans lequel le joueur traverse des niveaux jonchés d’ennemis sauvages, de pièges mortels à éviter, d’énigmes à résoudre et de phases de plateformes millimétrées. La formule séduit immédiatement la critique, les récompenses pleuvent et Tomb Raider termine sa course avec plus de 7 millions d’exemplaires vendus à travers le monde.

De la consécration à la chute

Dès 1997, soit seulement un an après, Tomb Raider II voit le jour. La formule est peaufinée, étendue, développée et le succès est de nouveau largement au rendez-vous. Cela va même plus loin puisque pour la première fois dans l’histoire du jeu vidéo, Lara Croft transcende le médium dont elle est issue pour devenir une véritable icône à tous les niveaux. Égérie de certaines marques, apparition dans des spots télévisés, couverture de magazines de mode, l’héroïne virtuelle est partout. Dans un milieu considéré comme étant essentiellement masculin, un tel succès pour un personnage féminin relève du phénomène. Autant dire que Core Design et Eidos Interactive n’ont pas hésité à continuer sur leur lancée, donnant naissance à trois autres jeux sur PS1, à raison d’un par an.

Mais si le succès demeurait au rendez-vous, le fait est que les ventes, elles, commençaient peu à peu à s’effriter, la faute sans doute à un certain manque de renouvellement dans la franchise. En 2003, après plusieurs années de travail acharné, le studio britannique revient donc avec un sixième opus intitulé Tomb Raider: L’Ange des Ténèbres. Son objectif est de marquer un nouveau départ. Malheureusement, le succès ne sera pas vraiment de la partie. Malgré ses 2.5 millions d’exemplaires écoulés, le jeu s’attire les foudres du public en raison de son gameplay daté, de son ambiance sombre qui ne fait pas l’unanimité et de ses nombreux problèmes techniques. C’est la fin pour Core Design, qui se voit retirer la licence au profit du studio américain Crystal Dynamics.

Changement de studio

Ce dernier sortira son premier opus, Tomb Raider Legend, en 2006. Pour l’occasion, Toby Gard signe son grand retour après avoir quitté le navire en 1997 et aide la nouvelle équipe à réécrire l’histoire de Lara Croft pour la rendre plus humaine et plus authentique, sans pour autant effacer le travail des précédents opus. De son côté, le gameplay est entièrement revu pour proposer une approche plus action et dynamique que par le passé. Le public est largement séduit et le jeu se vendra à plus de 6 millions d’exemplaires au total, un record qui n’avait pas été atteint depuis Tomb Raider III: Les Aventures de Lara Croft. Tout porte à croire que le studio est sur la bonne voie, donc.

L’année suivante, à l’occasion des 10 ans de la série, Crystal Dynamics sort un remake du premier opus intitulé Tomb Raider Anniversary. En dépit de sa qualité, le jeu peine à trouver son public et reste à ce jour l’opus le moins vendu de la franchise avec 1.3 millions d’exemplaires. Il s’inscrira toutefois dans la trilogie du studio, débutée avec Legend et clôturée en 2008 avec Tomb Raider Underworld. Malheureusement, le souffle de ce renouveau commence déjà à retomber pour le public, malgré les 3.8 millions de ventes réalisées. Il est temps pour Tomb Raider de prendre une pause. En 2009, le géant japonais Square Enix rachète Eidos Interactive, l’éditeur de toujours de la licence, et donc les droits de Tomb Raider. L’heure du changement a sonné.

Le renouveau gagnant

En 2013, après plusieurs années d’absence, Tomb Raider revient dans une version complètement rebootée, toujours sous la coupe de Crystal Dynamics. L’ancienne Lara Croft n’existe plus. Ce nouvel opus, sobrement intitulé Tomb Raider, fait office d’origin story et met en scène une jeune femme inexpérimentée qui vit sa toute première aventure. Une aventure dangereuse et violente où la survie devient une composante majeure de l’expérience. Ce renouveau est acclamé par la critique et les ventes atteignent un sommet inédit dans la série : 14.5 millions d’exemplaires trouvent preneur. Autant dire que c’est le jackpot pour Square Enix, qui a définitivement réussi à relancer la machine en trouvant une formule qui parvient à contenter certains fans comme un nouveau public.

Deux ans plus tard, Rise of the Tomb Raider sort en exclusivité temporaire sur Xbox et PC. Le jeu connaît un démarrage timide, qui sera boosté en 2016 avec l’arrivée de la version PS4. Mais si le succès reste au rendez-vous avec 7 millions d’exemplaires vendus, les critiques commencent déjà à pointer du doigt un manque de renouvellement par rapport au jeu de 2013. Il en sera de même pour Shadow of the Tomb Raider, le dernier opus de la trilogie confié à Eidos Montréal, qui sortira en 2018 et qui finira sa course à « seulement » 4 millions d’exemplaires. Désormais, l’avenir de la licence est de nouveau entre les mains de Crystal Dynamics, qui a indiqué réfléchir à un moyen de concilier la chronologie du reboot avec celle des anciennes aventures de Lara Croft. Il n’y a plus qu’à comme on dit.

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