« Chair tendre », un teen-drama dont le personnage principal est intersexe
  • La série en 10 épisodes Chair Tendre est mise en ligne ce vendredi à 18 heures sur France TV Slash et diffusée à 21 heures sur France 5.
  • Première série française avec un personnage principal intersexe, Chair tendre a reçu le prix de la meilleure série en compétition française à Séries Mania.
  • Au-delà de la question de l’intersexuation, ce teen drama traite avec justesse et sensibilité du mal-être adolescent.

Une caractéristique qui touche près de 2 % de la population, et pourtant un sujet encore tabou ! Jusqu’ici, lorsqu’on cherchait des fictions ou des documentaires sur l’intersexuation, on ne trouvait presque rien. La série Chair tendre, mise en ligne ce vendredi à 18 heures en intégralité sur France.tv Slash et diffusée à 21 heures sur France 5, suit Sasha, une personne intersexe âgée de 17 ans. Un teen drama, prix de la meilleure série en compétition française à Séries Mania, qui traite ce sujet inédit à la télévision française avec sensibilité, sensualité et intelligence.

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Sasha Dalca (Angèle Metzger), c’est la nouvelle du lycée, qui vient d’emménager dans les Landes avec ses parents gentiment rock’n’roll, Cécile et Jérémie Dalca (Daphné Burki et Grégoire Colin, épatants) et sa sœur Pauline (Saül Benchetrit).

Un personnage en situation d’intersexuation

Il y a encore quelques mois, Sasha était un garçon sans histoire. La découverte de son intersexuation – cachée par ses parents (Daphné Burki et Grégoire Colin) « pour la protéger » et les médecins, qui n’ont eu de cesse de vouloir la « réparer », – a bouleversé sa vie.

« A 17 ans, j’ai rencontré une personne qui comprenait au même âge qu’elle était en situation d’intersexuation. Tout son monde s’est retrouvé chamboulé Ce moment où elle a compris qu’il n’y avait pas d’espace pensé pour elle dans la société a été un moment terrible. Ce constat m’a révolté, l’envie est partie de là », raconte Yaël Langmann, la créatrice, scénariste et coréalisatrice de Chair tendre, lors d’un entretien à Séries Mania.

Une personne intersexe « est née avec des caractéristiques sexuelles qui ne correspondent, selon les normes médicales, ni tout à fait au masculin, ni tout à fait au féminin. Ce n’est pas une problématique identitaire, mais une réalité biologique, une variation saine du vivant », rappelle Yaël Langmann, qui a été accompagné dans le processus d’écriture et sur le tournage par Loé Petit et Lysandre Nury, les cofondateurs du Collectif intersexe activiste.

Et d’ajouter : « On fait un projet politique, mais pas militant. C’est politique parce qu’on parle de Sasha qui est intersexe, mais on parle avant tout d’adolescence, de vertiges, de sensations. »

Un personnage en pleine crise d’adolescence

On comprend vite que les parents sont dépassés par la situation. « Les parents et enfants évoluent en même temps dans l’apprentissage de ce qu’est l’intersexuation », souligne la scénariste. Et d’expliquer : « A la naissance, on explique aux parents que leurs enfants sont malades et qu’on doit les réparer. En réalité, une personne qui naît avec un corps intersexe n’a absolument pas besoin d’être réparée. Si les enfants sont opérés à la naissance, ils doivent être suivis toute leur vie, c’est terrifiant. Cela déclenche des endroits de violence » Une médicalisation à laquelle s’oppose l’ONU qui rappelle que « ces enfants sont parfaits tels qu’ils sont ! »

Sasha n’a qu’une idée en tête : partir à la découverte de qui elle est. « L’idée était de raconter un parcours possible et surtout de ne pas fétichiser ce personnage en racontant son parcours médical. On voulait coller aux émotions et à l’expérience humaine de Sasha », poursuit Yaël Langmann.

Car si Sasha est en situation d’intersexuation, « en réalité, elle n’est absolument pas différente de tous ses amis ». Au travers ce personnage et sa nouvelle clique d’amis, Chair tendre nous parle de l’âge ingrat, de la difficile cohabitation avec son corps, de désirs, de sexualité, de premières fois, des amitiés fusionnelles et des émotions décuplées.

« A 17 ans, on a parfois envie de se jeter avec l’eau du bain Le monde paraît violent et en même temps, on est boursouflé de désir et on se sent invincible. On peut être extrêmement troublé par des choses microscopiques et être forts face à des drames terribles. L’idée était au travers Sasha et toute sa bande, de retrouver cette sensation d’adolescence », détaille la réalisatrice.

On se laisse embarquer sur dix épisodes par la mise en scène où la caméra semble toujours au plus près des émotions et des sensations des personnages, par ses jeunes interprètes tous désarmants, et par la subtilité du propos. « L’idée était de montrer qu’on est tous de la Chair tendre », conclut Yaël Langmann.

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