Avec son nouvel album "Chasseur d’étoiles", Soprano a hâte de retrouver son public

Dans Près des étoiles, vous chantez : “Un peu plus près des étoiles où les rêves n’ont pas de frontières”. Enfant, à quoi rêviez-vous ?

Je rêvais de faire des concerts. Du coup, je suis en plein dedans. Je rêvais de shows, de spectacles. La première personne qui m’a fait rêver, c’est Michael Jackson. Je le voyais danser à l’envers, pourquoi danse-t-il à l’envers ? Pourquoi sourit-il toujours ? Moi, c’était le truc que je rêvais de pouvoir offrir plus tard et d’avoir aussi ce sourire qu’il avait à chaque fois qu’il dansait ou chantait.

Dans cet album, vous n’oubliez pas d’où vous venez. Il y a toujours un clin d’œil à vos origines. Dans le titre Racines, vous racontez les fantômes du passé. Vous parlez du mot ‘égalité’, qui, d’ailleurs, n’a toujours pas pris vraiment le sens qu’il devrait prendre.

Mais oui, c’est important. Surtout qu’il y a eu un enchaînement de bavures policières aux États-Unis. On est en 2021, je regarde mes enfants et je me dis qu’à l’heure actuelle, je ne peux pas leur promettre que si un jour ils sont dans la rue, ils n’auront pas un contrôle au faciès. Ça me frustre. 

C’est important de toujours se rappeler d’où l’on vient pour pouvoir ne pas oublier où on veut aller et construire quelque chose de solide autour de nous

à franceinfo

Il y a eu une vraie évolution depuis Psy 4 de la rime et votre carrière solo. Un groupe était au cœur de celle-ci : IAM, dont vous reprenez d’ailleurs le refrain Le feu dans cet album.

Ce sont mes grands-frères. On s’appelle, on se croise toujours. Ils ont produit mon premier disque et je ne les en remercierai jamais assez parce qu’à l’époque, on était en indépendant et aucune maison de disques ne voulait nous produire.

Je pense que s’il n’y avait pas eu IAM, je ne serais pas là aujourd’hui. Eux ont toujours voulu passer le relais, continuer à montrer qu’il y a des talents dans les quartiers et arroser toutes ces graines pour qu’elles puissent fleurir. C’était leur mentalité. Je trouve important de leur rendre hommage aujourd’hui. Et c’est vrai que quand IAM avait fait cette chanson, à l’époque, on était fous. On était tous petits et le soir, dans le virage du Vélodrome de Marseille, on chantait : “Ce soir, on vous met, ce soir on vous met le feu“. En 2021, prendre les artistes que les jeunes aiment beaucoup à Marseille, reprendre ce refrain-là, ce gimmick-là, c’était un super clin d’œil.

Je voudrais qu’on aborde votre côté ‘force tranquille’, un point commun avec un certain MC Solaar. Vous faites d’ailleurs un duo avec lui sur Le Grand Bleu. Il fait aussi partie des personnalités qui vous ont donné envie de chanter ?

Mais oui. Quand je fais cette chanson, vu qu’on est dans un délire ‘Années 80’, bien sûr je me dis que MC Solaar débarque avec Caroline à cette époque. On a commencé à composer une rythmique un peu à l’ancienne et on s’est dit qu’on allait l’appeler ! Et lui a dit : “Mais bien sûr, j’arrive, je prends le train pour Marseille“. Du coup, dès qu’il a posé sa voix, j’étais comme un enfant. J’étais fou en me disant que j’étais en train de faire un morceau avec MC Solaar, avec sa plume magnifique, lui que j’ai écouté pendant tellement d’années. Donc, c’est incroyable.

On a appris les textes de MC Solaar à l’école. C’est à travers ses textes que j’ai appris ce qu’est une métaphore, un oxymore, des alexandrins

à franceinfo

Quelle est la chanson dont vous êtes le plus fier dans cet album ?

Le Roi lion, c’est une chanson que j’ai dédicacé à mon père décédé l’année dernière à cause de la Covid-19. Le lendemain de son enterrement, la chanson est arrivée, écrite, enregistrée, personne ne savait. J’étais dans une chambre. Je me suis dit qu’il valait mieux l’enregistrer maintenant, que mes mots sortent et que je puisse avancer. Je suis le grand frère, il faut que je sois fort.

C’est dur de devenir le plus grand de la famille ?

C’est dur et facile parce qu’il nous a montré le chemin, on n’a donc qu’à suivre ses pas. C’était quelqu’un de bienveillant, souriant. On prend tous dans le bon sens, comme lui nous l’a appris.

Et la scène dans tout ça ?

Je fais des disques pour monter sur scène. Là, le challenge est très gros. C’est cinq stades. Il y a le Stade de France, le Stade de Lyon, stade de Bordeaux, stade de Marseille, stade de Lausanne. Ça va être un concert, mais surtout un spectacle vivant. J’ai hâte. Je n’attends que ça.

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