Au rythme où évolue la situation, il faudra presque trois siècles pour atteindre l'égalité femmes-hommes, alerte l'ONU

3. « Au rythme où évolue la situation actuellement », c’est le nombre de siècles qu’il faudra pour parvenir à l’égalité femmes-hommes, alerte l’ONU, dans un rapport publié par ONU Femmes et le Département des affaires économiques et sociales des Nations Unies (DESA), publié ce mercredi 7 septembre 2022. 

Des inégalités exacerbées par la crise mondiale

« Les défis mondiaux, comme la pandémie de Covid-19 et ses séquelles, les conflits violents, les changements climatiques et les attitudes négatives à propos de la santé et des droits sexuels et reproductifs des femmes aggravent davantage les disparités entre les sexes », analysent les agences onusiennes dans un communiqué qui présente leur document chiffré.

L’étude estime aussi, qu' »au rythme actuel des progrès » – une nouvelle fois -, les « lacunes en matière de protection juridique et la suppression des lois discriminatoires » seront comblées d’ici 286 ans. Autre donnée édifiante : il faudra 140 ans pour que les femmes soient « représentées sur un pied d’égalité dans des positions de pouvoir et de leadership sur le lieu de travail ».

4 décennies seront également nécessaires pour que la parité soit atteinte dans les parlements nationaux, toujours d’après l’étude des organisations des Nations Unies.

Ces estimations sont, de manière inquiétante, très éloignées des Objectifs de développement durable (ODD) de l’ONU, qui avait fixé pour but d’atteindre l’égalité femmes-hommes d’ici 2030.

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Confrontées à l’extrême pauvreté plus que les hommes

Dans cette étude, l’ONU s’est également intéressée à la question des mariages précoces et forcés, et notamment ceux des filles issues de foyers pauvres originaires de milieux ruraux ou de zones de conflits, parmi les plus affectées. Elle indique qui les progrès devront être 17 fois plus rapides que ceux réalisés cette dernière décennie si l’on souhaite éradiquer ce fléau d’ici 2030.

Les inégalités femmes-hommes risquent de se creuser davantage à cause de l’actuelle hausse des prix, prévient aussi le rapport, qui prévoit qu’à la fin de cette année 2022, environ 383 millions de femmes et de filles vivront dans une extrême pauvreté, soit, avec moins de 1,90 dollar US par jour (ce qui équivaut à 1,90 euros au moment de la publication de cette étude). 

383 millions, c’est 15 millions de plus que pour les hommes et les garçons, qui seront 368 millions à se trouver dans cette situation alarmante.

À la fin de l’année 2021, le nombre de femmes et de filles déplacées de force s’élève environ à 44 millions. C’est plus « que jamais auparavant », s’inquiète l’ONU Femmes et le DESA.

Et désormais, plus de 1,2 milliard de femmes et de filles en âge de procréer – âgées de 15 à 49 ans – vivent dans des pays et des régions « où une restriction quelconque est imposée à l’accès à un avortement sûr ».

Chaque année supplémentaire de scolarisation peut augmenter le revenu d’une fille jusqu’à 20 %, une fois devenue adulte.

Quelles solutions pour empêcher sinon ralentir ces inquiétantes prévisions ? L’éducation universelles des filles, en partie, répond l’ONU.

Car « chaque année supplémentaire de scolarisation peut augmenter le revenu d’une fille jusqu’à 20 %, une fois devenue adulte, et il peut être accompagné d’impacts supplémentaires en termes de réduction de la pauvreté, de meilleure santé maternelle, de mortalité infantile plus faible, de meilleure prévention du VIH et de réduction de la violence à l’égard des femmes ».

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