Affaire Delphine Jubillar : Cédric Jubillar placé en détention, une violente dispute du couple évoquée

Sa prise de parole, la première depuis le début de l’enquête sur la disparition de Delphine Jubillar dans la nuit du 15 au 16 décembre 2020 à Cagnac-Les-mines (Tarn) était très attendue. Dominique Alzeari, procureur de Toulouse, s’est exprimé publiquement ce vendredi 18 juin à 16h40, au sujet d’une « affaire qui a connu des développements récents importants » a-t-il indiqué en préambule de son intervention. Quelques minutes plus tôt, après 48h de garde à vue, Cédric Jubillar, l’époux de l’infirmière disparue, a en effet été mis en examen « pour homicide volontaire sur conjoint » et placé « sous mandat de dépôt », c’est à dire en détention, a confirmé le magistrat.

Et de préciser d’emblée que le suspect nie en bloc : « Il conteste formellement les faits qui lui sont reprochés. »

L’accident ou la disparition volontaire totalement écartés

Après avoir évoqué une « communication volontairement retardée pour assurer l’intégrité des opérations menées par les gendarmes » (plus de 2500 actes, plus de 40 procès verbaux, ndlr), Dominique Alzeari a commencé par indiquer que l’enquête a définitivement écarté l’hypothèse de l’accident ou de la disparition volontaire de l’infirmière de 33 ans, mère de deux enfants, « adoré de ses collègues et de ses proches, qui préparait Noël » et, surtout, qui avait des projets a tenu à souligner le magistrat.

Parmi eux, celui de quitter son époux avec lequel elle avait entamé une procédure de divorce, ainsi que le domicile familial de Cganac-les-Mines, pour s’installer avec un nouvel homme rencontré l’été précédent. « Elle avait engagé des démarches : elle avait pris un crédit pour acheter une voiture, elle faisait une recherche de logement sur Albi, elle avait donc un projet de vie nouvelle qui lui tenait à coeur ».

Cédric Jubillar reconnait avoir été au courant de la relation adultère de sa femme

Le procureur de Toulouse est ensuite revenu sur les « explications évolutives et même contradictoires, y compris entre elles » de Cédric Jubillar au cours de ces derniers mois, ayant notamment conduit à sa mise en examen ce vendredi.

Cédric Jubillar aurait notamment, jusqu’à ce jour, expliqué que la séparation avec son épouse se passait de manière non conflictuelle, qu’ils “faisaient chambre à part mais échangeaient”, et qu’il ignorait que son épouse voulait le quitter pour un autre homme. « Le problème, c’est que l’ensemble des éléments réunis ont permis de démontrer que ces déclarations étaient mensongères », a déclaré Dominique Alzeari. « Contrairement à ce qui avait été dit et soutenu par l’intéressé, la séparation était très conflictuelle et donnait lieu à des disputes régulières. »

Et d’ajouter que Cédric Jubillar aurait, d’après l’enquête, très mal vécu cette séparation, tentant même de « reconquérir son épouse d’une manière brutale », organisant une « une véritable surveillance » de cette dernière. « Après l’avoir nié, dorénavant, monsieur Jubillar convient qu’il était parfaitement au courant que son épouse avait un amant. » a déclaré l’homme face à la presse. Ce jeudi 17 avril, Le Parisien révélait que des photos du profil de l’amant de sa femme avaient été retrouvées sur son téléphone portable, ainsi qu’un SMS troublants, envoyé au lendemain de sa disparition à un contact : « J’ai grillé Delphine ».

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Une violente dispute entendue la nuit de la disparition, une couette lavée à 4h50 du matin

Enfin, sur le soir de la disparition et le déroulement des faits, “il y a des indices qui ont conduit à cette mise en examen”, a précisé encore le magistrat. Parmi eux, à l’arrivée des gendarmes au domicile du couple à Cagnac-les-Mines, à 4h50 du matin – après que le mari a donné l’alerte, ndlr-, une machine était en train de tourner. À l’intérieur, une couette décrite comme celle utilisée par la mère de famille qui dormait sur le canapé.

Le véhicule de Delphine Jubillar, garée d’une certaine façon le soir du 15 décembre par ses soins -en atteste le voisinage-, aurait également été déplacé, et de la condensation consécutive à une présence humaine, retrouvée à l’intérieur.

Enfin, le fils du couple âgé de six ans, entendu par les enquêteurs, aurait indiqué avoir entendu une « violente dispute » entre ses parents aux alentours de 23h, après être allé se coucher et avoir fait un câlin à sa mère. Un témoignage qui entre en résonance avec celui d’une voisine et de sa fille qui affirment avoir entendu à 23h07 très exactement, lors d’une coupure pub alors qu’elle regardaient la TV, « des cris stridents de détresse d’une femme qui vont les interpeller et vont progressivement disparaitre dans la nuit. »

« Des éléments acquis au dossier et auxquels monsieur Jubillar ne donne pas de réponse crédible. » a indiqué le procureur qui souligne que l’instruction va évidemment continuer et s’attachera «  à poursuivre les recherches, clarifier et étayer ces éléments sous la direction des juges instruction qui auront à se pencher sur la personnalité de la personne mise en examen ».

Samedi dernier, à Albi, les collègues de la jeune femme s’étaient à nouveau mobilisés à l’occasion d’une marche silencieuse, pour qu’on ne l’oublie pas.

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