81% des Français favorables à l'inscription du droit à l'avortement dans la Constitution

Plus de 8 Français·es sur 10. Ce mardi 5 juillet 2022, la Fondation Jean-Jaurès a publié les résultats de son étude commandée à l’Ifop. Celle-ci, menée en ligne du 28 au 29 juin 2022 auprès d’un échantillon national représentatif de 1 009 personnes âgées de 18 ans et plus, révèle que 81% des Français·es sont favorables à l’inscription dans la Constitution française du droit à l’avortement.

La crainte que ce droit soit remis en cause comme aux États-Unis

77% d’entre eux estiment même que cette sanctuarisation serait utile.

Alors que la Cour suprême américaine a annulé le droit constitutionnel à l’avortement et permis ainsi à chaque État de l’interdire, le 24 juin 2022, 31% des Français·es jugent possible que le droit à l’avortement puisse être remis en cause dans un avenir proche dans notre pays, selon cette même enquête.

Si ce pourcentage n’est pas élevé, il a tout de même augmenté de trois point par rapport à 1995, selon une étude réalisée cette année là par notre magazine Marie Claire.

La crainte de voir ce droit fondamental fragilisé est plus haute aujourd’hui : en juin 2022, 56% des interrogé·es estime

nt qu’une révocation de ce droit est impossible, contre 64% il y a 27 ans, dans le sondage Marie Claire, cité par l’Ifop.

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Une proposition qui dépasse les clivages politiques

D’abord, 83% de Français·es jugent positivement l’autorisation de l’IVG par la loi française depuis la loi Veil de 1975, rappelle l’enquête.

Celle-ci détaille ensuite qui sont ces 81% qui approuvent cette idée de consitutionnalisation.

91% des électeurs·ices de Yannick Jadot à la Présidentielle 2022 sont favorables, 87% des sympathisant·es d’Emmanuel Macron et 85% de Jean-Luc Mélenchon.

Les électeurs·ices de Marine Le Pen se disent pour à 80%, de Valérie Pécresse à hauteur de 77%, et chez Éric Zemmour, à 59%.

Une procédure lourde 

La Nupes, ainsi que la coalition présidentielle à l’Assemblée nationale, ont déposé une proposition de loi pour sécuriser ce droit en le marquant dans la Constitution. 

Mais pour qu’une loi constitutionnelle soit entérinée, la procédure est complexe et long.

 Il faut que l’Assemblée nationale et le Sénat votent dans les mêmes termes ce texte, puis, qu’il soit soumis par référendum aux Français·es.

Pour éviter un référendum, le gouvernement pourrait passer par un projet de loi constitutionnelle et non par une proposition.

Dans ce cas, seul un vote du Congrès – Assemblée national et Sénat réunis – aux trois cinquièmes permettrait alors de la promulguer.

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