Virginie Ledoyen : "J’appartiens à une génération un peu hybride"

Trente ans que Virginie Ledoyen évolue dans le paysage cinématographique français sans jamais cesser de se réinventer. Dans la minisérie Nona et ses filles, elle assiste à la grossesse de sa mère septuagénaire, incarnée par Miou-Miou.

Virginie Ledoyen revient cette année dans Nona et ses filles, la première série décalée et pleine de poésie de Valérie Donzelli. L’actrice y incarne Manu, une mère au foyer et sœur triplette de Gaby, sexologue rebelle (Clotilde Hesme), et de George, thésarde naïve au grand cœur (Valérie Donzelli). Soudées, les trois quadragénaires devront faire face à une nouvelle surréaliste : la grossesse de leur mère de 70 ans (incarnée par Miou Miou). Une série fantasque, avant de voir réapparaître l’actrice dans un film d’époque et un thriller psychologique. Rencontre.

Madame Figaro. – Quel plaisir avez-vous eu à retrouver Valérie Donzelli ?
Virginie Ledoyen.
– Après son film Notre dame, sorti en 2019, c’était la deuxième fois qu’elle me confiait le rôle de sa sœur. J’étais heureuse de la retrouver, car Valérie a une fantaisie et une poésie aussi rares que précieuses. En tant qu’actrice, sans être une femme-enfant, elle dégage quelque chose de très juvénile et se distingue par une espèce de drôlerie qui n’appartient qu’à elle : sans être comique, elle reste éminemment drôle.

En vidéo, « Nona et ses filles », la bande-annonce

Qu’avez-vous aimé chez votre personnage ?
Manu est apparemment la plus standard des trois filles, car elle a délibérément pris le contre-pied du modèle maternel en menant une vie de mère au foyer bien rangée. Mais j’ai aimé qu’elle bascule au moment de s’occuper de Nona : c’est comme si elle n’était pas terminée, et que cet événement lui permettait d’arriver enfin à un aboutissement personnel.

Quelle fille étiez-vous ?
Je suis l’aînée de deux enfants. J’ai vite été indépendante, j’ai quitté le domicile familial à 15 ans, parce que j’avais une soif folle de liberté et envie de vivre par mes propres moyens. Il faut dire qu’à cette époque, je travaillais déjà en tant qu’actrice et que le contexte était différent. Mais j’ai eu de la chance de savoir très tôt ce que je voulais faire, et les choses ont suivi naturellement.

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Quel regard portez-vous sur votre génération de femmes ?
J’appartiens à une tranche d’âge un peu hybride, qui évolue entre deux générations de combattantes. Nos mères étaient très militantes et se sont battues pour l’avortement, la contraception ou l’ouverture de leurs propres comptes en banque. D’une certaine façon, le travail était déjà fait. Mais je suis rattrapée par ma fille de 20 ans, pour qui la question des femmes est beaucoup plus prégnante qu’à mon époque.

Quels sont vos projets ?
J’ai eu le plaisir de jouer la duchesse d’Étampes dans Diane de Poitiers ,qu’a réalisée Josée Dayan pour la télévision. C’était très jouissif d’incarner cette véritable garce et maîtresse de François Ier (joué par Samuel Labarthe). J’ai aussi eu beaucoup de plaisir à retrouver Isabelle Adjani, qui interprète le personnage principal. J’avais déjà joué à ses côtés dans Bon voyage, de Jean-Paul Rappeneau, et j’aime que ce soit à la fois une actrice très fragile et parfois dotée d’une force herculéenne… C’est une femme étonnante.

On vous verra aussi dans la série L’Île aux trente cercueils
Oui, ce roman de Maurice Leblanc, qui a déjà été adapté en 1979, donne aujourd’hui lieu à une minisérie policière, qui mêle un côté fantastique et psychologique captivant. J’y incarne une femme médecin à la recherche de son enfant, et je dois dire que, pour une actrice, aborder des univers aussi différents est extrêmement vivifiant.

Nona et ses filles, de et avec Valérie Donzelli, du 2 au 16 décembre sur Arte, et en intégralité sur arte.tv.

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