Sarah Abitbol revient sur son livre choc et savoure sa « victoire » après son calvaire

Un an après avoir brisé le silence, Sarah Abitbol fait le bilan. Dans le podcast du Parisien Code source, la patineuse qui affirme avoir été violée par son entraîneur à l’adolescence confirme que son témoignage est « la plus belle victoire » de sa vie.

A propos de

  1. Sarah Abitbol

Le 30 janvier 2020, Sarah Abitbol publiait Un si long silence. La patineuse y révélait avoir été violée par son entraîneur à l’âge de 15 ans. Depuis Miami aux États-Unis, où elle vit, elle a accepté un an après de revenir sur les conséquences de la sortie de son livre dans le podcast du Parisien, Code source, diffusé ce vendredi 26 février. Plus que ses médailles, elle affirme que son témoignage est sa plus belle victoire car il a permis à d’autres de briser le silence. « Le ministère des Sports a reçu vraiment beaucoup d’appels et à chaque fois les athlètes disaient : ‘c’est grâce au témoignage de Sarah Abitbol qu’aujourd’hui on ose parler et on ose dénoncer’. Quand je vois aujourd’hui le nombre de victimes qui parlent, je me dis que oui, c’est ma plus belle victoire », confirme la championne.

Dans son ouvrage, la patineuse appelait son agresseur présumé « Monsieur O » pour « O comme omerta et ordure », mais très rapidement, Gilles Beyer a été identifié. En janvier dernier, l’ancien entraîneur a été entendu et mis en examen pour « agression sexuelle » et « harcèlement sexuel », puis placé sous contrôle judiciaire, mais reste présumé innocent. « Il s’est excusé, mais j’excuse rien. (…) Aujourd’hui, j’ai 45 ans et j’ai encore des séquelles… Non je n’excuse rien ! », lance Sarah Abitbol. Cette libération de la parole a changé sa vie. « Maintenant que j’ai parlé, je conduis avec ma voiture toute seule partout. J’ai beaucoup progressé », explique celle qui arrive désormais aussi à aller dans les grands centres commerciaux à condition d’avoir ses repères de portes de sortie pour pouvoir respirer. La patineuse pense être devenue claustrophobe à cause des agressions qu’elle dit avoir subies à l’adolescence dans des voitures et des bureaux fermés.

Des flashs et des cauchemars

« On guérit, mais il y a toujours des flashs qui reviennent pour toute la vie malheureusement », explique celle qui fait encore des cauchemars dans lesquels Gilles Beyer est présent. Des mauvais rêves dans lesquels elle arrive enfin à dire « non ». « Au fur et à mesure, l’image s’en va et les cauchemars vont partir », commente Sarah Abitbol. En 2004, c’est son nouveau compagnon de l’époque, Olivier, qui lui avait permis de se souvenir de ces agressions. « Il voyait mon mal-être et un jour il a compris. Il a mis la main sur mon épaule et qu’il m’a dit : ‘Il faut que tu me parles, il s’est passé quelque chose, c’est sûr’. C’est là où j’ai le flash de mon entraîneur qui est assis sur mon lit et où me reviennent les premières agressions », raconte dans le podcast Code source celle qui rêve désormais d’entraîner en France.

La patineuse évoque une « amnésie traumatique » qui a pris fin grâce à cette discussion avec son compagnon. Mais ce n’est que des années plus tard qu’elle arrive à prononcer le mot « viol ». La sportive révèle d’ailleurs dans le podcast du Parisien que jusqu’au dernier moment, elle a « voulu tout arrêter » et faire retirer le mot du livre. Sa psychologue a fini par la persuader de le laisser. C’est après avoir regardé en 2017 le téléfilm La consolation, inspiré de l’histoire de Flavie Flament que Sarah Abitbol a échangé avec elle, bouleversée par son histoire. L’animatrice l’a mise en contact avec une journaliste de L’Obs et la maison d’édition de son livre Plon. Un choix courageux qu’elle est loin de regretter.

Article écrit en collaboration avec 6Medias

Crédits photos : JB Autissier / Panoramic / Bestimage

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