Samuel Paty : le récit des dernières heures du terroriste de Conflans, Abdoullakh Anzorov

Dans son édition du vendredi 23 octobre, Le Parisien retrace le parcours et les dernières heures du terroriste Abdoullakh Anzorov, meurtrier du professeur Samuel Paty, très vite interpellé et abattu par la police après son crime.

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C’est un hommage poignant qui a eu lieu mercredi 21 octobre 2020 à la Sorbonne. Un hommage rendu en accord avec la famille à Samuel Paty, le professeur décapité cinq jours plus tôt, vendredi 16 octobre, lors de l’attentat de Conflans. Son crime ? Avoir voulu, en tant que professeur d’Histoire-Géographie, enseigner à des élèves de 4e la liberté d’expression, en montrant une caricature de Mahomet publiée dans le journal satirique Charlie Hebdo, lui-même déjà visé par un attentat terroriste en 2015. Des dessins qui auront coûté la vie à cet enseignant. En plus du président de la République Emmanuel Macron, plusieurs personnalités politiques étaient présentes en ce haut lieu de l’enseignement français. La Légion d’honneur a par ailleurs été remise à Samuel Paty à titre posthume “dans un cadre intime” et le professeur a été fait “Commandeur des palmes académiques.” La Première dame et ex-professeure de Français Brigitte Macron, absente car désignée cas contact, a adressé une lettre émouvante à son confrère décédé afin de lui rendre hommage aussi. Mais comment a-t-on pu en arriver là pour un dessin ? Dans son édition du vendredi 23 octobre, Le Parisien retrace le parcours et les dernières heures du terroriste Abdoullakh Anzorov, très vite interpellé et abattu par la police après son terrible assassinat. Le quotidien a en effet eu accès à des éléments d’investigations de la sous-direction antiterroriste (SDAT) et de la Direction générale de la sécurité intérieure (DGSI).

Abdoullakh Anzorov, radicalisé et passé sous les radars des services de renseignement

Si tout s’est passé très vite entre le cours de Samuel Paty et son exécution, force est de constater que le terroriste est passé entre les mailles du filet de la Sécurité. “Prosélytisme auprès de sa famille, rejet des femmes, bagarre à la mosquée, messages faisant l’apologie du djihad… et même contact avec la Syrie. La radicalisation islamiste d’Abdoullakh Anzorov […] n’était ni silencieuse ni soudaine”, rapportent nos confrères. “Abdoullakh Anzorov ne cachait nullement son basculement dans l’islam radical depuis au moins six mois voire un an. En dépit de ces signes de dérive sectaire, ce Tchétchène de 18 ans d’Evreux (Eure) est resté sous les radars des services de renseignement : il n’était ni fiché S ni surveillé.” Pourtant, tous les éléments, loin d’être anodins, étaient sous les yeux de son entourage : Abdoullakh Anzorov avait même le drapeau de Daech comme fond d’écran sur son smartphone et publiait de nombreux messages pro-djihad sur son compte Twitter “@Tchétchène_270.” Les parents du jeune terroriste affirment que leur fils aurait été influencé par un ami, Naïm B., à la salle de sport d’Evreux.

Les derniers jours fatidiques avant l’attentat de Conflans

Mais le point de bascule aurait été, selon l’enquête, le cours donné par Samuel Paty dans un collège avec lequel le terroriste n’avait pourtant “aucun lien.” Le Parisien rappelle ainsi qu’après avoir pris connaissance de la polémique le 9 octobre sur les réseaux sociaux après la publication d’une vidéo d’un parent d’élève, Brahim C., pour dénoncer le cours du professeur, Abdoullakh Anzorov décide de passer à l’action. Il contacte alors le fameux parent d’élève. “A 19 h 12, un contact d’une minute et 21 secondes est établi. Echange dont Brahim C. dira ne plus se souvenir en garde à vue”, explique le quotidien. Le 12 octobre, Anzorov note sur son téléphone l’adresse du collège de Conflans et le nom de l’enseignant. Le 16 octobre, il part d’Evreux et décapite le fonctionnaire devant l’établissement. Après avoir publié une photo de la tête de la victime sur Twitter, il contacte en russe un compte Instagram pour se féliciter de son acte. Le propriétaire, non identifié, lui répond ‘Allah Akbar’. A 17 heures, il enregistre un message où il déclame avoir ‘vengé le prophète’ avant d’être abattu par la police.” Aujourd’hui, sept personnes soupçonnées de l’avoir influencé ou aidé à identifier la victime ont été déférées en vue d’une mise en examen dans le cadre d’une information judiciaire ouverte par le Parquet national antiterroriste (PNAT) pour “complicité d’assassinat terroriste” et “association de malfaiteurs terroriste.”

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