Recherché pour meurtre depuis 20 ans, un Français se rend après un accident de foudre en mer

Un Français de 62 ans, Thierry Ascione, en cavale depuis vingt ans, pour un double meurtre commis en 1991, au Guatemala, s’est rendu après avoir subi la foudre à bord de son voilier. Une affaire des plus rocambolesques.

Restez informée

Une histoire digne d’un scénario de film tellement les rebondissements sont nombreux. Thierry Ascione, un Français de 62 ans – à ne pas confondre avec son homonyme, un ex-joueur de tennis qui a épousé la comédienne Mélanie Maudran – est en Indonésie en attente d’une demande d’extradition. Il serait impliqué dans une affaire criminelle qui remonte à 1991. Comme le raconte nos confrères du Parisien, dans son édition du 20 décembre 2021, l’homme d’origine marseillaise était en fuite depuis vingt ans.

Une cavale qui aurait pu encore continuer si le sort ne l’avait pas rattrapé. Pour une histoire de météo. Dans la nuit du 3 au 4 octobre 2021, alors qu’il se trouvait à bord d’un voilier, la foudre tombe sur son embarcation et endommage le système de navigation. Thierry Ascione, qui voyage avec son compagnon, n’a alors guère le choix que de jeter l’ancre sur l’île la plus proche, Karatung, située en Indonésie, pour demander de l’aide. Mais l’homme fiché par Interpol est aussitôt interpellé sous le coup d’un mandat d’arrêt décerné par la cour d’appel de Paris en 2019, comme le précise le quotidien. Interpellé mais pas incarcéré. Sans passeport, il ne peut quitter Manado, l’île sur laquelle il attend la décision d’extradition.

L’argent, le mobile du crime ?

Thierry Ascione est accusé d’avoir participé, dans la nuit du 27 au 28 décembre 1991, au double meurtre d’un couple de restaurateurs, Bernard Béreaud, 52 ans, et Marie-Antoinette Perriard, 44 ans, au Guatemala où le couple était installé. Leurs corps, visiblement torturés et mutilés, ont été retrouvés dans deux endroits différents de la capitale. L’enquête s’oriente vers deux Français : Jean-Philippe Bernard, le neveu du restaurateur assassiné, et Philippe Biret, un de ses amis. Le mobile ? Comme souvent, l’argent du couple. Tous les deux, même s’ils ont toujours clamé leur innocence, ont été condamnés par la suite à trente ans de prison, au Guatemala, en 1995 – Ils ont été libérés depuis.

Puis, le nom de Thierry Ascione, qui a fait sept ans de prison en France pour des braquages, apparaît dans le dossier. C’est une relation de Jean-Philippe Bernard. Après le double meurtre, le Marseillais a quitté le Guatemala pour aller à Miami, après avoir encaissé deux chèques signés par Bernard Béreaud, vidant le compte bancaire des victimes. Un de 45.000 francs et un autre de 400.000 francs [équivalent respectivement à 6.860 euros et à 60.980 euros, rapporté à la valeur de 1991, selon l’Insee, ndlr], comme le relate Le Monde, en 1995, année à laquelle l’homme, après quatre ans de cavale, est arrêté à Bangkok, en Thaïlande, puis expulsé en France. Il y passe quatre ans et sept mois de détention provisoire après avoir été mis en examen pour « complicité d’assassinats, faux et usage de faux et escroquerie« .

Condamné à la réclusion à perpétuité par contumace

En mai 2000, il est remis en liberté après une demande de libération de son avocat qui a invoqué la lenteur de la justice dans l’affaire. Mais survient un énorme rebondissement juste avant son procès devant la cour d’assises de Paris : Thierry Ascione s’enfuit. Il est tout de même condamné par contumace à la réclusion criminelle à perpétuité. L’homme a toujours nié son implication dans le double homicide. Selon lui, Bernard Béreaud, le restaurateur assassiné, aurait été mêlé à des histoires de blanchiment d’argent lié à du trafic de drogue. En fuite depuis vingt ans, le Marseillais est retrouvé grâce à un incident météorologique. La foudre est tombée à point nommé.

Source: Lire L’Article Complet