Public Story : Guillaume Canet, un homme presque parfait !

Tout semble lui réussir : le cinéma – acteur comme réalisateur –, l’amour, les potes, la famille. À 48 ans, celui qui fait encore figure de gendre idéal voudrait pourtant dévoiler ses failles. Alors, trop bobo pour être vrai ?


“Je me sens arrivé à un âge où je n’ai plus envie de m’emmerder avec ce que les gens pensent de moi.” Voici ce que déclarait Guillaume Canet dans Studio magazine, en 2017. Canet rebelle, se fichant pas mal du regard des autres et en particulier de celui de son public ? Difficile à croire… Il faut préciser qu’à l’époque, le compagnon de Marion Cotillard était en pleine promotion de son cinquième film en tant que réalisateur, Rock’n Roll, dans lequel il s’autoparodiait en ex-jeune premier prêt à tout – et surtout au pire –, pour ne pas vieillir. Une comédie qui sera, comme (presque) toujours un succès puisque le film fera plus de 1,3 million d’entrées en France.

Guillaume Canet, c’est ça : une réussite éclatante, des récompenses, une compagne superbe – qui réussit tout autant que lui et à l’international, s’il vous plaît –, avec laquelle il forme une jolie famille, des amis plein le cinéma français et, en prime, une conscience écolo qu’il met en action. Ajoutez à cela qu’il est beau gosse et vous obte-nez le portrait de l’homme idéal tendance écolo-bobo-intello. Mais, à 48 ans, monsieur parfait semble en avoir assez de cette image qui lui colle à la peau. Alors il n’hésite plus à raconter ses aspects sombres. “Je me suis toujours noyé dans le travail pour éviter de m’interroger sur mon mal-être. C’était reculer pour mieux sauter”, racontait-il il y a peu à Paris Match, suggérant même que sa dark side avait pu parfois compliquer la vie de son couple. Né le 10 avril 1973 à Boulogne-Billancourt, Guillaume a pourtant eu une enfance heureuse. Il gran-dit au milieu des chevaux dans le haras de ses parents.

“Je me suis toujours noyé dans le travail”

Son père, un ancien agent immobilier, a tout lâché pour élever ses propres canassons avec sa maman qui était, elle, antiquaire. Guillaume n’est pas vraiment un bon élève mais qu’importe car, à l’époque, il rêve plus de sauts d’obstacles que de réussite flamboyante ou de caméra et de travelling. Et il bosse dur pour ça, se levant le matin à 5 heures pour nettoyer les box avant de partir en cours.

Sa carrière

2002 : MON IDOLE Premier long-métrage en tant que réalisateur, il se fait remarquer par la critique, le public et les pros en obtenant deux nominations aux César.

2006 : NE LE DIS À PERSONNE Adapté du roman d’Harlan Coben, il fait plus de 3 millions d’entrées en France et obtient quatre césar, dont celui de meilleur réalisateur.

2010 : LES PETITS MOUCHOIRS Entre Paris et le Cap-Ferret, il réalise cette comédie dramatique qui réunit ses potes et fera un carton en salles avec plus de 5,5 millions d’entrées.

2013 : JAPPELOUP Après l’échec de Blood Ties, avec Mila Kunis et Clive Owen, il retrouve le succès avec ce film réalisé par Christian Duguay, dont il a écrit le scénario, sur l’univers du sport hippique.

2017 : ROCK’N ROLL Il réalise ce film où il joue son propre rôle en mode autofiction parodique, face à Marion Cotillard qui joue le sien également. Il fera plus de 1,3 million d’entrées en France.

2019 : NOUS FINIRONS ENSEMBLE Cette suite des Petits Mouchoirs qui réunit la bande du premier volet ne séduira pas toutes les critiques mais fera plus de 3 millions d’entrées mondiales.

2021 : LUI Dans ce nouveau film, où il est à la fois à la réalisation et devant la caméra, il incarne un écrivain dont le cœur balance entre deux femmes.

De jolies conquêtes

Diane Kruger

Élodie Navarre

Louise Bourgoin

En 2010, Guillaume confie au Point : “À une époque, j’ai été volage par peur ou refus de m’engager.” On ne sait pas de quand date exactement cette époque car, avant de se caser avec Marion Cotillard, l’acteur et réalisateur semble avoir surtout eu des histoires plutôt sérieuses, et pas avec n’importe qui. Son premier coup de cœur, il l’aura pour Marina Hands à l’adolescence, alors qu’elle aussi voulait faire carrière dans le milieu hippique. “C’est quand même mon premier amour quand on avait 14 ans, qu’on se roulait des pelles dans les box et qu’on faisait les championnats de France juniors ensemble”, racontait-il sur Europe 1 en septembre. De 1999 à 2006, l’amour durera sept ans avec Diane Kruger et se conclura par un divorce. À la fin de leur histoire, le beau gosse enchaîne un peu plus d’histoires courtes. Avec la comédienne Élodie Navarre, puis avec une célèbre Miss Météo de Canal + devenue aujourd’hui une grande actrice, il aurait aussi eu une liaison avec une chanteuse, avant la révélation avec Marion Cotillard.

Un vrai chef de bande !

Un vrai chef de bande ! “Quand j’étais gamin, je voulais toujours décider de tout. Avec mes copains, j’étais le meneur”, racontait Guillaume dans GQ, en 2013. Les choses ont finalement peu changé puisque Guillaume continue à diriger, derrière sa caméra cette fois, ceux qui font partie de ses proches. Il y a Gilles Lellouche, bien sûr, le meilleur pote, le parrain de sa fille Louise. En 2002, il l’engage dans son premier long-métrage, Mon idole, et ne le lâchera plus. Il jouera dans chacun de ses films, et lui dans chacun des films de Gilles. Dans la team Canet, il y a également François Cluzet, Benoît Magimel ou encore Nicolas Bedos et le chanteur M.

C’est (aussi) un vrai pitre !

Autant Guillaume Canet peut être super sérieux quand il bosse, autant, dans la vie, c’est souvent monsieur petites blagues. Il suffit de jeter un œil à son compte Instagram pour s’en rendre compte. Il publie régulièrement les vidéos virales qui l’ont fait marrer mais également quelques scènes de sa vie, plutôt drôles aussi : lorsqu’il se fait raser la moustache sur le prochain Astérix, quand il fait le dingo avec ses potes en voiture, ou en reface en mode catcheur ou Hulk. Funky Guigui !

Il a un premier accident avec sa jument alors qu’il a 14 ans. Trois ans plus tard, son destin tout tracé de cavalier se brise lors d’une seconde chute qui lui laisse tout le côté droit cassé, de l’épaule au pied en passant par la main, le poignet et le genou. Ayant échoué au bac, il décide de changer totalement de voie. Enfant, il aimait jouer avec la caméra Super 8 de son père, alors c’est décidé, plus grand, il sera metteur en scène. Mais il veut d’abord comprendre comment on dirige les acteurs et s’inscrit au cours Florent. Pour payer ses études et sa nouvelle vie parisienne, Guillaume court les castings, des pubs ou des séries comme Premiers baisers dans laquelle il fera l’une de ses premières apparitions à l’écran. Il n’est pas heureux et avouera même, des années plus tard, qu’il tombe alors en dépression. La première. Un jour, il croise un certain Jean Rochefort venu voir une jument au haras de son père. C’est grâce à cet immense acteur qu’il obtient, en 1997, son premier rôle sur grand écran à ses côtés dans Barracuda. Le cinéma ne le lâchera plus. Intronisé en 2000 jeune premier le plus séduisant de sa génération avec La Plage, il est pourtant frustré, avec des envies toujours pressantes de passer derrière la caméra. La pellicule ne résiste pas à ses fossettes et une certaine Diane Kruger non plus. La belle actrice et mannequin américano-allemande tombe sous son charme. Il la dirige dans son premier long-métrage, Mon idole, alors qu’ils viennent de se dire oui. Travail et amour se mélangent mais le premier aura raison du second. Au bout de sept ans, Diane et Guillaume se séparent. “Ce métier, je mets tout dedans, jusqu’à en négliger ma vie personnelle”, avoue-t-il dans Libération, en 2007. Qu’importe, il enchaîne avec son second film en tant que réalisateur. Le jour, il tourne Ensemble, c’est tout, de Claude Berri, la nuit il monte son propre film. Lorsque Ne le dis à personne sort en 2006, c’est un carton. À 34 ans, il devient en 2007 le plus jeune réalisateur français césarisé. Mais après des années de tournages intensifs et une rupture, son corps craque. Staphylocoque doré, septicémie, épuisement général. Il est hospitalisé durant trois semaines et sous antibiotiques pendant des mois.

Pas de quoi l’arrêter. Après l’immense succès de ses Petits Mouchoirs, en 2010, il subit un gros revers avec Blood Ties, son fi lm au casting américain. Lui-même emploiera le terme de “bide monumental” pour le qualifier, dans Télérama. Nouveau burn-out. Canet le stakhanoviste décide alors de prendre enfin une année sabbatique.

Son nouveau moteur ? Le plaisir !

Il faut dire qu’entre-temps, il a fondé une famille avec l’une de ses anciennes complices à l’écran qui n’était, durant des années, qu’une amie, une certaine Marion Cotillard. Leur fils Marcel est né en mai 2011. Il en profite également pour renouer avec sa passion de l’équitation. Désormais, son moteur sera le plaisir, il le jure. Mais on ne se refait pas et cela passe donc forcément, pour lui, par la réalisation. Il y aura Rock’n Roll puis la suite des Petits Mouchoirs, Nous finirons ensemble. On lui reproche parfois de trop se regarder le nombril, de créer des personnages à l’image de ses névroses. Avec Lui, écrit pendant le confinement, ces critiques-là ne risquent pas de disparaître. Mais cette fois-ci, il se pourrait bien que Canet s’en fiche vraiment.

L’hyperactif torturé apprécie désormais de passer des heures à bricoler et à appri-voiser le bois dans sa maison au Cap-Ferret. Huit ans de psychanalyse sont passés par là. “Je sens que j’ai besoin de me poser, de méditer. J’ai plus de facilités à renoncer, à me satisfaire de choses simples”, déclarait-il dans Paris Match il y a quelques semaines. 48 ans, l’âge de la plénitude. Enfin. ¦

Marion Cotillard, la femme de sa vie

Entre Guillaume et Marion, c’est d’abord une histoire d’amitié. Ils se donnent la réplique dans Jeux d’enfants, en 2003, et les années passant, leur love story va se transformer en évidence. Ils officialisent en 2007 et forment depuis l’un des couples les plus solides et glamour du cinéma français. Avec leurs deux enfants, Marcel, 10 ans, et Louise, 4 ans, ils vivent entre Paris et leur petit coin de paradis dans les “44 hectares”, le coin le plus prisé à la pointe du Cap-Ferret. “C’est Marion, ma femme, qui me pousse à avancer, qui me met face à mes limites, à mes contradictions, à tout ce que l’on déteste entendre de soi mais qui nous est nécessaire pour bouger”, expliquait-il dans Marie Claire, en 2017. Au générique de Lui, elle est d’ailleurs créditée en qualité de collaboratrice artistique. Ensemble, c’est tout.

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