Patrick Poivre d'Arvor accusé de viols : ces questions perverses qu'il posait systématiquement

Le 8 novembre 2021, huit femmes ont témoigné contre Patrick Poivre d’Arvor dans Libération, attestant avoir été victimes d’agressions sexuelles et de viols par le journaliste. Toutes ont raconté avoir subi la même série de questions.

  • Patrick Poivre d'Arvor

Des témoignages glaçants. Lundi 8 novembre 2021, neuf mois après les accusations de viols de l’écrivaine Florence Porcel, dont l’affaire a été classée sans suite, huit nouvelles femmes, dont sept à visage découvert, accusent le journaliste Patrick Poivre d’Arvor d’agressions sexuelles et de viols dans les colonnes de Libération. Des récits déjà livrés à la police au cours de l’enquête préliminaire ouverte en février 2021. Dans cette enquête, les huit plaignantes dénoncent publiquement et en détail « le comportement abusif » de l’ex-compagnon de Claire Chazal et le « pouvoir autoritaire » dont il aurait abusé à plusieurs reprises. Selon elles, Patrick Poivre d’Arvor aurait un mode opératoire bien rodé pour parvenir à ses fins, composé de questions intimes qu’il posait à chacune de ses proies.

Des questions intimes posées systématiquement

La première plaignante à s’exprimer est la journaliste Stéphanie Khayat, aujourd’hui âgée de 51 ans : « Ça a été brusque, soudain, rapide. Je pesais 30 kilos, j’étais anorexique, il était impossible de ne pas le voir », révèle-t-elle, avant de décrire la manière dont Patrick Poivre d’Arvor l’a forcée à faire une fellation. Un mode opératoire bien huilé mentionné par Hélène Devynck, ancienne journaliste de TF1, mais aussi Cécile Thimoreau, professionnelle du médico-social, Muriel Reus, Aude Darlet, Emmanuelle Dancourt et la journaliste Chloé. Il leur aurait demandé, à toutes : « Êtes-vous en couple ? Êtes-vous fidèle ? Êtes-vous heureuse dans votre vie sexuelle ? Quand avez-vous fait l’amour pour la dernière fois ? Vous masturbez-vous ? Êtes-vous nue ? »

Dans son témoignage, Emmanuelle Dancourt revient sur ces échanges incessants : « PPDA n’a pas lâché. Un an de harcèlement, de SMS baveux, d’appels tardifs et de messages vocaux poisseux », explique-t-elle. Aude Darlet, employée dans une compagnie aérienne, confie à Libération sa stupéfaction en apprenant que ses confrères étaient parfaitement au courant de ses pratiques : « Un ami journaliste à l’époque m’a appris peu de temps après que tout le monde savait, que c’était un processus bien rodé où autrices, étudiantes, journalistes, toutes sortes de femmes étaient invitées au JT avant de passer dans son bureau », raconte-t-elle. Pour l’heure, Patrick Poivre d’Arvor, reste présumé innocent des faits qui lui sont reprochés.

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