« Oui, je parle » : Camélia Jordana « harcelée », elle fait une mise au point

L’engagement féministe et antiraciste de Camélia Jordana a un prix. Dans une lettre ouverte publiée sur Instagram ce mardi 16 février, la chanteuse se défend face aux critiques, attaques et insultes dont elle serait victime.

A propos de

  1. Camelia Jordana

Elle dénonce “de fausses polémiques.” Grande voix des luttes contre le racisme, et plus particulièrement du combat contre les violences policières, et le sexisme, Camélia Jordana se dit victime de “critiques, attaques et harcèlements.” Dans une publication relayée sur son compte Instagram ce mardi 16 février, la chanteuse se défend à travers une lettre ouverte publiée d’abord sur le site du HuffPost. “Oui, je parle. Je m’exprime parce que je vis comme vous cette époque heurtante, troublante et rassurante parfois”, peut-on lire. “Seuls les mots prononcés valent désormais, non ceux que l’on me prête. J’ai dit ce que j’avais à dire pour maintenant laisser place à la musique. Sinon au silence.”

Ici, Camélia Jordana revendique son droit de s’exprimer comme une “citoyenne française”, inquiète pour l’avenir de son “pays divisé.” Elle déplore donc que son engagement farouche soit “interrogé à chacun des entretiens” qu’elle accorde. Et, pire encore, que ses propos soient déformés. “Ainsi, ma prétendue haine de l’homme, qu’il soit blanc ou non, est une pure invention. Ainsi en est-il également pour Catherine Deneuve, Jane Birkin et Daniel Auteuil [à qui elle a donné la réplique dans Le Brio, ndlr], immenses artistes que j’admire au plus haut point depuis l’enfance. Les voilà elles et lui aussi devenir sujets de propos que je n’ai pas tenus. Explications.

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“Si j’étais un homme, je demanderais pardon”

Après s’en être prise aux forces de l’ordre, dénonçant le racisme latent en leur sein, Camélia Jordana a de nouveau suscité la polémique au cours d’une interview accordée à L’Obs, à l’occasion de la sortie de son dernier album, Fragile, en janvier 2021. Et ce, avec des propos sur “les hommes blancs”, qu’elle estime “responsables de tous les maux de la terre.” Et d’ajouter : “L’ensemble de ces chansons disent que si j’étais un homme, je demanderais pardon, je questionnerais les peurs, et je prendrais le temps de m’interroger.” Ses propos ont fait grincer des dents, même en politique. Florian Philippot a dénoncé “de la haine à l’état pur, contre les blancs et contre les hommes.” Quelques jours plus tard, auprès du Journal du dimanche, l’artiste de 28 ans a étayé son propos. “C’est une phrase sortie de son contexte sur un sujet complexe que l’on n’aborde pas forcément dans une interview censée parler de musique”, a-t-elle justifié, “donc les réseaux sociaux s’affolent, commentent, déforment, critiquent, moquent… Je suis habituée.”

Camélia Jordana dénonce “l’antiféminisme”

Le tollé ne l’a pas découragé. Toujours au mois de janvier, cette fois-ci dans les colonnes du magazine Paris Match, Camélia Jordana a recadré Catherine Deneuve, Jane Birkin et Brigitte Bardot. Elle a alors déploré leurs propres prises de positions, engagement allant à l’encontre du féminisme selon elle. La première a notamment signé une tribune polémique le 9 janvier 2018 publiée par Le Monde, défendant la “liberté d’importuner”, près de 50 ans après sa signature du Manifeste des 343, en faveur du droit à l’avortement. Discours semblable à celui de “BB” qui s’oppose ouvertement aux mouvements #MeToo ou encore #BalanceTonPorc. “Elles ont aussi vécu avec l’idée que se prendre une main au cul était quelque chose de normal, voire de ‘sympathique'”, s’est rappelée Camélia Jordana. Deux époques, deux d’états d’esprit : les comédiennes incarnent à ses yeux un “antiféminisme par excellence.”

Crédits photos : RACHID BELLAK / BESTIMAGE

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