"Où que vous soyez, aucun pays n’est à l’abri" : le prince Charles signe une tribune où il exhorte les chefs d’Etat à agir pour le climat

Le fils aîné d’Elizabeth II a publié un article dans lequel il alerte sur l’urgence à lutter contre le réchauffement climatique. Adoptant la fermeté d’un dirigeant politique, il n’a jamais semblé aussi prêt à monter sur le trône.

«Notre planète est en crise», écrit-il sans détour. Le prince Charles a publié une tribune sur le site du Daily Mail, le 20 août dernier, dans laquelle il tire la sonnette d’alarme concernant la crise climatique.

Le prince de Galles n’hésite pas à employer des mots forts comme «cauchemardesque», pour qualifier les feux qui ravagent la Grèce ou encore l’Italie depuis le début du mois d’août. Il évoque également les «souvenirs déprimants» qu’il garde des Caraïbes après qu’elles ont été frappées par deux ouragans en 2017 et multiplie les exemples de catastrophes naturelles à travers le monde. Volontairement alarmiste, le fils aîné de la reine Elizabeth II appelle à une prise de conscience générale. «Si nous ne nous confrontons pas à ce défi monumental – et rapidement – nous et le monde tel que nous le connaissons seront fichus», assure-t-il.

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Ecologiste de longue date

Comme pour parer à toute critique qui lui reprocherait de surfer sur la tendance de l’écologie, il rappelle que la crise environnementale est un sujet qui le préoccupe depuis longtemp. «Il y a plusieurs années, trop pour que je veuille m’en souvenir, j’ai essayé de mettre en garde contre les risques immenses que nous courions – en particulier pour les générations futures et pour la nature dont nous dépendons – en ne prenant pas au sérieux ce que disaient les scientifiques», écrit l’héritier du trône britannique.

Un appel à la mobilisation des Etats

S’appuyant sur les prévisions du rapport spécial du Groupe d’experts intergouvernemental sur l’évolution du climat (GIEC), publiées une semaine plus tôt, le prince de Galles appelle les Etats à se mobiliser. Il semble même vouloir donner le ton à la prochaine COP26, dont il rappelle l’arrivée iminente. «À l’approche de la COP26, la conférence internationale sur le changement climatique qui se tiendra à Glasgow en novembre prochain, ce constat devrait nous rappeler que le changement climatique est en marche», écrit-il. Une réunion qu’il a, semble-t-il, lui-même anticipée de longue date.

La Terra Carta

Dans sa tribune, le prince Charles explique avoir passé les 18 derniers mois «à essayer de réunir les principales entreprises du monde». L’objectif : créer une «coalition de volontaires». «Je les ai mis au défi de voir ce que nous pouvions faire pour surmonter les obstacles endémiques afin d’accélérer la transition pratique vers un avenir plus vert avant la COP26 et au-delà», explique-t-il. Résultat de ce rassemblement, la Terra Carta, «une charte volontaire destinée au secteur privé, qui jette les bases d’un plan de relance décennal fondé sur l’adoption de solutions durables.» Mais l’héritier, prenant lui-même le ton d’un leader, insiste sur la nécessaire participation des chefs d’État. «Les dirigeants mondiaux, en étroite collaboration avec le secteur privé, ont le pouvoir de faire la différence. La COP26 leur donne l’occasion de le faire avant qu’il ne soit trop tard», répète-t-il. Certes prêt pour la COP26, le prince Charles n’a surtout jamais semblé aussi prêt à gouverner.

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