Ophélie Meunier : "Mon fils respectera les femmes, c'est une évidence" – EXCLU

Dimanche 9 janvier 2022, M6 diffusera un nouvel épisode de Zone Interdite sur la sexualité des adolescents, que Femme Actuelle a pu visionner en avant-première. Pour l’occasion, Ophélie Meunier, maman de deux enfants, a accepté de répondre à nos questions.

  • Ophélie Meunier

Un documentaire édifiant. Dimanche 9 janvier 2022, Ophélie Meunier présentera un nouvel épisode de Zone Interdite sur M6 sur un sujet on ne peut plus d’actualité : « Ados et sexualité : quels dangers les guettent ? » Un reportage que Femme Actuelle a pu visionner avant sa diffusion. Pour l’occasion, Ophélie Meunier, qui vient tout juste de donner naissance à son deuxième enfant, une petite fille prénommée Valentine, a accepté de répondre à nos questions. Si la femme de Mathieu Vergne a encore du temps devant elle avant de se poser ces questions (ses enfants sont âgés de 2 ans et 2 mois), elle est cependant consciente des dangers qui peuvent frapper à sa porte dans quelques années. Comment éviter la sexualisation des adolescents via les réseaux sociaux ? Quel rôle joue le gouvernement dans l’éducation sexuelle de nos jeunes ? Ophélie Meunier a tenté de répondre à ces questions d’utilité publique.

Femme Actuelle : En 2010, Zone Interdite faisait un numéro spécial sur l’influence de la culture porno sur les jeunes adolescents, l’émission remet le couvert 10 ans plus tard… Quel était le but ?

Ophélie Meunier : En 2010, Instagram n’existait pas encore, TikTok non plus… C’était une autre ère. L’idée était de faire un constat actualisé. Notre démarche à Zone Interdite est de jouer le rôle de l’observateur de la société pour avoir des idées de sujet. Et là, à l’unanimité, on a constaté qu’il y avait un phénomène autour des réseaux sociaux, qui touchent les adolescents et qui joue un grand rôle dans leur sexualité. Et il faut dire que la situation est assez alarmante… Aujourd’hui, il vous suffit de créer un compte sur TikTok, sans être forcément ultra-connecté, il vous suffit de vous balader sur deux ou trois comptes pour tomber sur du contenu assez choquant. J’ai 34 ans, le nombre de fois où je tombe sur des vidéos sur les réseaux sociaux, et je suis ultra-connectée, j’adore ça, mais je me dis, en tant que jeune maman, si je vois ma fille faire ça à 14 ans… je me liquéfie ! Ce n’est pas une critique envers les parents, mais je me dis : est-ce que moi je laisserai ma fille faire ça ?’, ‘Comment la société conduit les jeunes sur ce chemin-là ?’ On a constaté qu’il y avait un vrai sujet de société. Et parallèlement, beaucoup de séries comme Sex Education, permettent aux jeunes d’avoir des outils que nous, notre génération, nous n’avions pas. Comment les jeunes découvrent la sexualité, et quel rapport ont-ils avec leur sexualité ? C’était un questionnement qu’on a eu envie d’aborder. On espère que le documentaire sera une sonnette d’alarme aux autorités sur la situation actuelle.

Dans le documentaire, vous abordez la question de l’envoi de photos dénudées. Est-ce quelque chose que vous déconseillez en tant que maman ?

O.M. : Disons que si les jeunes femmes étaient conscientes du risque que peut engendrer l’envoi d’une photo dénudée, elles ne le feraient pas. La première chose que j’aurais envie de dire aux jeunes adolescents, fille ou garçon, c’est de ne jamais envoyer une photo de soi nu à quiconque, peu importe si vous connaissez la personne depuis des années. Lorsque vous serez conscient des risques, alors vous ferez vos propres choix. Mais à cet âge-là, le savent-ils vraiment ? Ils ont conscience de ce à quoi ils ont accès, ils savent ce qu’est un film pornographique mais les zones dangereuses que cachent ces plateformes et contenus… ils n’en ont pas conscience.

« Il n’y a rien de bon, absolument rien, dans le fait d’avoir accès au porno si jeune »

L’accès aux films pornographiques n’a jamais été aussi simple que de nos jours. Vous expliquez dans le documentaire qu’il représente une réelle menace pour les jeunes. Faudrait-il les interdite complètement ?

O.M. : Selon moi, les adolescents ne devraient pas avoir accès au porno aussi librement, je pourrais le clamer haut et fort. Mais je suppose que c’est beaucoup plus complexe que ça. Je ne suis pas spécialiste en la matière. Ce qui est sûr, c’est qu’il n’y a rien de bon, absolument rien, dans le fait d’avoir accès aussi jeune à ces contenus-là. Je ne dis pas « presque rien », je vous dis « absolument rien » ! J’en suis absolument persuadée. Cette position peut sembler évidente pour beaucoup de gens, elle ne l’est pas pour tous, et encore moins pour les jeunes.

Dans le reportage, on découvre Lola qui s’érotise sur TikTok, Aliya victime de revenge porn, les jeunes adolescentes sont largement plus exposées aux risques de la culture pornographique. C’est un constat que vous avez également voulu démontrer ?

O.M. : Le glamour, la féminité, le corps, les formes, la sexualisation… ce sont des mots que l’on associe plus spontanément à la femme. Mais le documentaire le prouve : les hommes sont aussi victimes de ce genre de phénomène. Les jeunes adolescents montrent aussi leur corps sur les réseaux sociaux, ils sont sexualisés et se sexualisent très jeunes. Il faut faire très attention pour les jeunes filles, mais les jeunes garçons sont aussi touchés et oui, il est vrai que c’est assez nouveau.

« Il faut protéger nos ados, les accompagner au maximum dans leur sexualité »

Une loi du 4 juillet 2001 rend obligatoire une information et une éducation sexuelle dans les écoles, les collèges et les lycées à raison d’au moins trois séances annuelles. Malheureusement, cette loi n’est pas vraiment respectée. Comment expliquer l’importance de ces cours aux parents qui n’y verraient pas d’utilité ?

O.M. : Effectivement, énormément d’établissements n’appliquent pas cette règle, malheureusement. Pourtant, c’est un cours très complémentaire avec l’éducation parentale que l’on reçoit à la maison. C’est une possibilité d’avoir des discussions avec des professionnels qui ne sont pas vos parents. Je suis certaine que des histoires se sont réglées grâce aux intervenants scolaires parce que les jeunes n ‘ont pas eu le courage d’affronter le regard de leurs parents, par peur de les inquiéter, ou peur de leur réaction. Dans ce cas, l’intervention de personnes extérieures peut être primordiale. Ça ne remplacera jamais la communication entre un enfant et un parent mais c’est complémentaire. Dans le documentaire, un intervenant explique que l’éducation sexuelle des adolescents, c’est 80% de communication et 20% de « flicage ». C’est une phrase forte, mais tout cela passe par une bonne communication avant tout. Mais malheureusement, même si on a réussi notre rôle de parent, les enfants sont stressés de nous parler parce que justement, nous sommes leurs parents. Et là, l’école joue un grand rôle. Et puis, dans certaines familles, cette communication n’existe pas ou peu. L’adolescence est une période cruciale, on découvre notre corps, notre pouvoir de séduction, on cherche notre personnalité… il faut un soutien important. Découvrir son homosexualité à l’adolescence, c’est quelque chose qui va avoir un impact colossal sur toute votre vie, il ne faut pas sous-estimer cela et protéger nos ados, les accompagner au maximum. Et la sexualité, c’est quelque chose qui nous accompagne toute la vie.

Ophélie Meunier, vous êtes aujourd’hui maman de deux enfants, vous savez donc que ces questions seront à votre porte dans quelques années. Est-ce un sujet qui vous effraie ?

O.M. : J’y pense moins pour mes enfants que les adolescents qui m’entourent… Mes enfants sont encore tout petits ! J’essaye de retenir ce que j’apprends, surtout. J’essaie de voir, d’ici dix ans, comment la société va évoluer… J’espère que tout ce que j’apprends me servira plus tard avec mes enfants. Ce sera toujours intéressant de savoir, de manière précise avec ce genre de documentaire, de voir comment tout cela a évolué. Je veux me servir de ces connaissances-là pour éduquer mes enfants lorsqu’ils seront adolescents. Tout aura encore évolué, des nouveaux dangers auront vu le jour, de nouvelles solutions aussi, je l’espère… mais j’espère avoir les outils en main.

Est-ce plus effrayant d’élever une fille qu’un garçon ?

O.M. : J’ai beaucoup entendu ça ! (rires) Mais pour l’instant, je ne m’en rends pas compte. Cependant, je me demande si ce n’est pas, surtout, un discours de papa ? Les papas avec leur fille, ils ont une meilleure vision de ce qui peut les attendre peut-être, du regard d’un homme sur une femme. Peut-être qu’ils savent très bien ce qu’une femme provoque chez un homme, et être très inquiet de cela. Je pense que c’est un discours de papa, vraiment. Mais personnellement, je ne vois pas de différence pour le moment, ils sont encore trop petits… Je me sens surtout chanceuse d’avoir une fille et un garçon.

Comptez-vous sensibiliser votre fils à ces questions-là, afin d’en faire un allié pour les femmes dans quelques années ?

O.M. : Tout à fait ! La meilleure définition de la protection des femmes, et du féminisme d’un point de vue global, c’est de ne pas être contre les hommes mais être plus forts ensemble. Au mieux on se connaîtra l’un et l’autre, meilleur on avancera ensemble. J’ai envie de dire à mon fils tout ce que je sais sur la femme, l’enseigner, lui dire de la respecter. Ça fera partie de mon éducation. J’ai envie que mon garçon soit un homme extrêmement respectueux envers les femmes et qu’il soit, comme vous le dites, un “allié” pour la femme. Qu’elles se sentent en confiance à ses côtés. C’est complètement ma vision des choses. Mon fils respectera les femmes, c’est une évidence.

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