Mort de Christophe Dominici : cette grave dépression qu'il a traversée après "un second deuil"

Depuis presque 24 heures, le monde du sport français est en deuil : Christophe Dominici est décédé, mardi 24 novembre. Alors que la thèse du suicide est envisagée, des épisodes passés montrent les faiblesses de l’ancien rugbyman.

Un tragique événement s’est passé au parc de Saint-Cloud, à Paris, ce mardi 24 novembre : Christophe Dominici, légende du rugby français, a été retrouvé mort, à l’âge de 48 ans. La thèse du suicide est aujourd’hui privilégiée. Un témoin affirme avoir vu l’ancien sportif monter sur le toit d’un immeuble avant de se jeter dans le vide. Des moments douloureux, l’ex-rugbyman en a traversés beaucoup. Dernièrement, il y a eu le rachat avorté du club de Béziers, qui lui a fait “énormément de mal”, selon son ex-coéquipier et ami Christophe Laussucq. Sa plus grande douleur, pour beaucoup, restera le décès de sa sœur. Un soir de 1986, cette dernière perd la vie dans un accident de la route. Une mort qui le hantera car Pascale était toute sa vie, celle qui l’avait élevé, celle qu’il admirait plus que tout. En 2000, Christophe Dominici craque devant les malheurs : sa femme Ingrid le quitte, il perd un ami, le kinésiologue Pierre Cesano et il peine beaucoup à s’en remettre, au point de faire une dépression nerveuse.

Plongé en sommeil artificiel

Le départ de son épouse, il le considère “comme un second deuil” après la mort de sa sœur, précise L’Equipe dans ses colonnes, ce mercredi 25 novembre. Anéanti, celui qui est alors rugbyman passe 24 jours de suite sans dormir. Christophe Dominici s’effondre, déclare forfait pour des matchs importants. Pour mieux décrire son état d’esprit à cette époque, L’Equipe rapporte une anecdote terrible : avant un match contre l’Australie, avec l’équipe de France, le joueur demande à Thierry Hermerel, le docteur des Bleus, de “lui tenir la main comme lorsqu’il était enfant”. Alerté sur la situation, le médecin de l’équipe de France, Hakim Chalabi, décide de l’hospitaliser. A la clinique, il sera plongé dans un sommeil artificiel pendant onze jours.

Christophe Dominici, lui-même, était revenu sur cette difficile période. Dans son livre Bleu à l’âme, d’abord, paru en avril 2007. Mais aussi sur le plateau d’On n’est pas couché, la même année. “J’ai quelque chose qui a pété dans ma tête quand on m’a emmené voir un spécialiste des troubles psychologiques des sportifs de haut niveau. J’étais à deux doigts de me jeter sous un bus car la douleur morale agissait physiquement sur moi”. Soutenu, et courageux, Christophe Dominici avait remonté la pente. Jusqu’à ce tragique 24 novembre 2020.

Source: Lire L’Article Complet