Mort de Bernard Tapie : qui va régler ses dettes ?

Bernard Tapie s’est éteint ce dimanche 3 octobre. Dans l’affaire qui l’oppose au Crédit lyonnais, il avait été condamné à rembourser plus de 400 millions d’euros.

C’est l’une des affaires qui a marqué sa vie. Depuis maintenant près de trente ans, Bernard Tapie, dont les obsèques se dérouleront à Marseille, faisait face à la justice pour son litige avec le Crédit lyonnais à la suite de la revente de l’entreprise Adidas. En 2008, un tribunal arbitral avait condamné l’État à verser 403 millions d’euros au père de quatre enfants. Ce dernier estimait avoir été lésé au moment de la vente d’Adidas, dont il avait fait l’acquisition en 1990 grâce à un financement du Crédit lyonnais, banque publique, avant de revendre l’entreprise à un consortium dont la banque faisait partie. Mais l’arbitrage en sa faveur a été annulé en 2015 par la justice qui l’accuse d’escroquerie et de détournement de fonds publics. Bernard Tapie devait rembourser la somme perçue.

Le problème ? Bernard Tapie n’a plus l’argent. Quelque 243,5 millions d’euros auraient servi à payer dettes et impôts, selon la note d’un de ses avocats fiscalistes, comme le rapporte Les Echos. Près de 97 millions ont été saisis dans le cadre de l’instruction sur une éventuelle fraude à l’arbitrage. Et les 45 millions restants ont été réinvestis dans plusieurs propriétés et le rachat des quotidiens du groupe Hersant, comme La Provence. “Cinq ans et demi après la décision de la cour d’appel de 2015, M. Tapie n’a toujours rien remboursé”, regrettait Me Jean-Pierre Martel, l’avocat du consortium, dans Ouest-France en mai dernier.

Une dette qui s’élèverait à plus de 500 millions d’euros ?

Avec les intérêts, la dette de Bernard Tapie s’élevait à 586 millions d’euros il y a quatre mois. Or, l’ex-patron de l’OM n’aurait pas suffisamment d’argent pour rembourser cette somme, avance le quotidien, qui estime sa fortune à un peu moins de 300 millions d’euros. Avec son décès, à qui reviendra la charge de payer cette somme ? À la mort d’une personne, ses biens reviennent à ses descendants et à son époux(se). Cependant, si les héritiers ne veulent pas payer les dettes du défunt, ils peuvent renoncer à sa succession, selon le site Service public.

Article écrit en collaboration avec 6Medias.

Crédits photos : ALAIN ROLLAND/ IMAGEBUZZ/ BESTIMAGE

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