Marine Le Pen : comment la juge l'a interrompue en plein procès

Jugée mercredi 10 février 2021 pour avoir diffusé des photos d’exactions de Daech, Marine Le Pen a été recadrée par la juge pour son comportement inattendu, au tribunal judiciaire de Nanterre.

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Son attitude a créé la surprise. Marine Le Pen était jugée mercredi 10 février 2021 avec Gilbert Collard, au tribunal judiciaire de Nanterre (Hauts-de-Seine) pour diffusion de messages violents ou portant gravement atteinte à la dignité humaine. Les faits remontent au 16 décembre 2015 : la présidente du Rassemblement National et l’eurodéputé avaient publié des clichés d’exactions de l’État islamique (EI), en réponse à Jean-Jacques Bourdin qui, selon eux, avait comparé le parti d’extrême droite à Daech, sur RMC. Lors de cette comparution, le parquet de Nanterre a requis 5000 d’amende contre les deux personnalités politiques. Le verdict tombera le 4 mai 2021. En attendant, la fille de Jean-Marie Le Pen a tenu à manifester son désaccord face à cette réclamation, d’une manière inattendue qui aussitôt fait réagir la juge.

D’après la journaliste de BFMTV Ambre Lepoivre, qui a relayé plusieurs informations autour du procès sur Twitter, Marine Le Pen a tenté de quitter la salle, en pleine audience. “Madame Le Pen où allez-vous ? Il est d’usage d’avertir le tribunal avant toute sortie”, lui a alors lancé la juge. La femme politique de 52 ans s’est ensuite “éclipsée pour s’entretenir avec son avocat”, comme le souligne notre consœur. D’après Le Figaro, elle a quitté le palais de justice avant la fin de l’audience, en dénonçant un “procès politique”.

MLP sort discrètement de la salle, la juge l’interrompt : « Madame Le Pen où allez vous ? Il est d’usage d’avertir le tribunal avant toute sortie ». Après ce recadrage, MLP s’eclipse pour s’entretenir avec son avocat @BFMTV

Ils “assument la responsabilité” des messages

Poursuivis sur le fondement de l’article 227-24 du Code pénal qui indique que “le fait de diffuser un message à caractère violent ou de nature à porter gravement atteinte à la dignité humaine est puni de trois ans d’emprisonnement et de 75.000 euros d’amende lorsque ce message est susceptible d’être vu par un mineur”, Marine Le Pen et Gilbert Collard ont “totalement assumé la responsabilité” des messages postés sur les réseaux sociaux, rapporte Le Figaro. Selon la conseillère régionale des Hauts-de-France, “c’est le crime, pas la reproduction photographique du crime, qui porte atteinte à la dignité humaine !”. Elle a ajouté : “C’est le parallèle fait par certains entre un gang d’assassins et un mouvement républicain qui attente à la dignité.”

“J’étais un adversaire politique”

Pour se défendre, l’ancienne candidate à l’élection présidentielle de 2017 a comparé les faits qui lui sont reprochés à la photo du petit Aylan – l’enfant migrant échoué sur une plage en Turquie – qui avait fait le tour du monde en septembre 2015. “Cette photo a été publiée par l’intégralité des médias français sans que jamais le parquet ne trouve une raison d’engager une poursuite de quelque nature que ce soit. Je pense que si cette procédure a été engagée, c’est évidemment parce que j’étais un adversaire politique. […] Je pense que le droit d’informer nécessite de pouvoir diffuser des photos, aussi choquantes soient elles”, a-t-elle martelé, citée par Le Figaro. Quant au procureur, il a déclaré : “Il faudrait poursuivre tout le monde ou personne ? Ce n’est pas possible. Il y a forcément un choix à faire, et ce choix est fait en fonction de l’impact sur l’ordre public qu’une action peut avoir. Dans ce cas, il y avait un trouble à l’ordre public apporté par cette affaire.”

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