Macron, Hollande, Sarkozy : leurs coûteux travaux des résidences présidentielles

Rénovations urgentes ou décorations dispensables, les résidences présidentielles de l’Elysée, du fort de Brégançon et de La Lanterne demandent des enveloppes budgétaires importantes. Et pas toujours utiles.

Emmanuel et Brigitte Macron profitent actuellement du fort de Brégançon, résidence de vacances des présidents. Un lieu de villégiature où ils peuvent désormais profiter de la piscine qu’ils ont fait installer en 2018. Les dépenses des présidents de la République pour leurs résidences officielles sont de plus en plus scrutées. Et pour cause : elles sont bien souvent financées par le contribuable.

Sans remonter à De Gaulle, les dépenses de l’Elysée faisaient déjà polémique du temps de Jacques Chirac. Notamment à cause du salaire de son architecte. En 2007, Le Parisien dévoile un rapport confidentiel de la Cour des comptes. Selon ce document, l’architecte en chef des monuments historiques chargé des résidences présidentielles a touché 579.000 euros en moyenne entre 2001 à 2005. Soit 48.000 euros par mois. A titre de comparaison, les autre architectes en chef du Service national des travaux auraient touché en moyenne 135.000 euros par an sur la même période. L’architecte expliquera qu’il a dû engager de nombreux travaux et que les architectes en chef des Monuments historiques sont payés au prorata du montant des travaux. Mais la Cour des comptes pointera qu’il a bénéficié « systématiquement » des primes maximales, réservées aux travaux de nuit ou au délai très court. Un élément qui interroge.

⋙ PHOTOS – Emmanuel Macron, Nicolas Sarkozy, François Hollande… les présidents en toute décontraction à Brégançon

Les très chers chiens de Nicolas Sarkozy

Du quinquennat de Nicolas Sarkozy, l’affaire immobilière qui fera le plus parlé aura lieu en mai 2012, juste avant qu’il ne laisse la place à François Hollande. C’est l’affaire des chiens et du salon d’argent. Elle ne sera révélée par Mediapart qu’en juillet 2017. L’intrigue se déroule dans le salon d’argent de l’Elysée. Une pièce richement garnie de luxueux mobilier du début du XIXe siècle. Les personnages incriminés sont Toumi le chihuahua, Clara la labrador et son semblable Dumbledor.

Les trois chiens de Nicolas Sarkozy et Carla Bruni vont saccager les meubles précieux de coups de griffes, de crocs et même de quelques jets d’urine. La réparation des meubles historiques sera facturée 6.600 euros par un artisan spécialisé, et les ouvriers du Mobilier national passeront de nombreuses heures à rénover les soieries endommagées. Nicolas Sarkozy ne sera pas sollicité pour participer aux frais de restauration.

François Hollande : une coûteuse absence à Brégançon

En août 2012, le « président normal » vient d’être élu. Il se rend à Brégançon avec Valérie Trierweiler. Et son image de sobriété budgétaire s’écorne déjà. Le Canard Enchaîné révèle dans la foulée du séjour que le couple a reçu durant son séjour pas moins de 14 cartons de coussins. Et le journal Sud Ouest dévoilera le coût des dits coussins : 200 euros l’unité. Pas très « président normal ». D’autant que François Hollande, énervé d’avoir été paparazzé, ne mettra plus un pied à Brégançon. Le fort a pourtant besoin d’importants travaux de rénovation, plutôt que de décoration. Selon Le Canard Enchaîné, 150.000 euros auraient dû être engagés en 2018 pour la remise en état de la cuisine (50.000 euros), des travaux de peinture (10.000 euros) et la modernisation du réseau électrique du fort (10.000 euros). Des frais qu’il laissera au suivant.

François Hollande inscrira en 2015 une enveloppe de travaux de 330.000 euros au budget de l’État pour rénover une autre résidence présidentielle : La Lanterne. Mais cela ne suffira pas à remettre à neuf cette vieille bâtisse versaillaise, tombée dans le giron des présidents en 2007, lorsque Nicolas Sarkozy la pique à son Premier ministre François Fillon.

Les dépenses élevées (mais validées) d’Emmanuel Macron

En 2019, l’ex-parlementaire socialiste René Dosière écrit dans Frais de Palais que « avec Macron, tout repart à la hausse, avec un rythme huit fois et demi supérieur à celui du budget de l’Etat. C’est simple, pour se financer, Macron puise allègrement dans les réserves constituées par Hollande. Et son budget retrouve le niveau de celui de Sarkozy. » Un cri d’alerte ? Pas exactement. « Il n’y a rien d’excessif là-dedans », analyse dans son livre le socialiste spécialiste de la dépense publique. “Toute la question est de savoir comment on dépense cet argent public. »

C’est notamment à l’Elysée que se concentrent les dépenses. En novembre 2021, Brigitte Macron détaille au Monde les travaux qu’elle a entrepris au sein du palais de l’Elysée, pour une coquette somme d’un million d’euros. « Il y avait des soucis d’infiltration et les tapisseries sentaient le tabac« , justifie-t-elle. La salle des fêtes a été rénovée pour 500.00 euros, sur recommandation de la Cour des comptes. « Tout était Empire. On voulait faire entrer la modernité« , explique la Première dame, qui a fait remplacer le rouge de Napoléon par un gris 18e siècle. « La salle des fêtes avait perdu de son cachet et de son mystère« . Quant à la fameuse piscine du fort de Brégançon, elle a certes coûté 34.000 euros. Mais elle a été totalement financée par le budget vacances du président. Les rénovations du fort en lui-même, entamées en 2019, coûteront 750.000 euros sur cinq ans. Il s’agit des travaux d’entretien hérités de François Hollande.

Crédits photos : Laurent Martinat / Pool / Bestimage

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