"Les Images perdues", déambulation sur les traces du souvenir avec Olivier Saillard

Après l’annulation des Rencontres d’Arles en 2020, Olivier Saillard s’est associé à son ami Gaël Mamine pour transformé la ville en musée à ciel ouvert. Il réitère cette année avec “Les Images perdues”.

C’est sans aucun doute l’exposition la plus poétique des Rencontres d’Arles, même si «Les Images perdues» ne ressemble pas à une exposition conventionnelle. Chaque jour de marché, le mercredi et le samedi jusque fin août, Olivier Saillard et Gaël Mamine, les initiateurs de ce projet, déambulent dans les rues d’Arles accompagnés d’une petite troupe de jeunes.

Les deux compères proposent une «déambulation libre des images sur le thème de la trace, du souvenir et de l’empreinte.» Les déambulateurs présentent les photographies sur leur buste ou les brandissent, comme s’ils manifestaient pour la photographie, ou s’ils étaient des hommes – et des femmes – sandwich, comme on en voyait encore dans les années 70.

«L’idée nous est venue en 2020 juste après le premier confinement, » explique Olivier Saillard, historien de la mode, performeur dont les projets sont toujours des moments de grande poésie. « Les institutions culturelles avaient renoncé aux projets et privaient donc d’art les gens simples. Nous avons lancé les Images perdues comme une forme de protestation, de poésie urbaine. C’est un projet libre, sans but lucratif, bien sûr. Le seul propos est le partage et la mutualisation des images offertes au regard du public.»

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Olivier Saillard et Gaël Mamine demandent des images à des amis photographes et à de jeunes artistes. Tous acceptent – Paolo Roversi, Dominique Issermann ou encore Jean-Baptise Mondino. La première année, en 2020, les images s’affichaient sur les murs d’Arles, privée de Rencontres à cause du Covid, «selon un cadastre poétique et éphémère.»

Cette année, d’autres photographes sont venus se joindre à la troupe du début : Grégoire Alexandre, Rebekka Deubner, Naima Lecomte, ou encore Patricia Schwoerer qui a réalisé la campagne Balenciaga. «Sur le marché, » explique Olivier Saillard, nous allons à la rencontre de personnes qui ne sont pas prêtes à rentrer dans les institutions. Les gens sont curieux, ils posent des questions.» Une rencontre joyeuse, généreuse, poétique avec la photographie et ceux qui la portent à bout de bras – au sens figuré, bien sûr.

Deux fois par semaine les jours de marché, dans les rues d’Arles du 7 juillet jusqu’à la fin août.

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