Les chorales font le plein: plus que jamais, tous en choeur!

Avec l’assouplissement des mesures barrières, dans les petites salles paroissiales, ou les MJC, résonnent à nouveau les répétitions des amateurs de chant.

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C’est l’activité culturelle la plus répandue en France. Mais avec la pandémie, les adeptes du chant choral amateur sont restés sans voix pendant 14 mois. Avec 65 000 chœurs sur tout le territoire*, tous les styles de musique sont représentés: classique, jazz, gospel, chants liturgiques, variété… Matthieu est de ceux-là : depuis 7 ans, il joue les barytons au sein de « La nouvelle chorale » à Paris avec une trentaine de comparses de tous âges et de tous milieux. Au programme? “De tout ! résume ce dessinateur de 44 ans. “Cela va des chants traditionnels en différentes langues – on a déjà chanté en arabe ou en islandais – aux chants médiévaux en passant par la variété, plus rarement…”.

Un bien-être physique et mental

Soulagé d’avoir repris les répétitions dans la petite salle que sa chorale loue à une église, il affirme : “ça me fait du bien physiquement et mentalement de débrancher mon cerveau et de m’immerger au milieu des vibrations du chant des autres, même masqués.” Anne-Marie, qui pratique le chant choral depuis 30 ans, est à l’unisson : “la chorale, c’est très énergivore mais en même temps, ça rebooste complètement.” Une sensation confirmée par la science. En effet, durant une séance de chant, le cerveau sécrète de l’ocytocine, l’hormone de l’attachement et de la confiance. A la fin du concert, ajoutent les scientifiques, leur taux de cortisol, hormone du stress, est moins élevé.

Un esprit de groupe cher aux entreprises

Pour Edith Lecourt, psychanalyste et musicothérapeute, l’autre bienfait de la chorale, “c’est bien sûr l’accueil du groupe.” Concrètement, “pour chanter à l’unisson au sein d’un groupe, tout le monde est obligé d’écouter tout le monde. Cela aide les timides à reprendre confiance et à s’exprimer.” Cette volonté de n’exclure personne est chère à Jean-Marie Leau, chef de chœur des Voisins du dessus – qui se définit comme un groupe vocal atypique libre et joyeux à Montrouge (92) – c’est pourquoi il ne fait pas passer d’auditions aux candidats. Partant du principe que le chant collectif est une parfaite métaphore de la façon d’être ensemble au travail, sa chorale propose même du team building aux grandes entreprises. L’idée ? “On fait écrire aux nouveaux salariés une chanson sur les thématiques centrales de l’entreprise qui vient de les recruter et on leur apprend à la chanter en chœur…” Rien de tel, paraît-il, pour s’intégrer joyeusement ! * Rapport Singing Europe, 2015

“Chanter m’a donné confiance en moi”: Florence, 50 ans

Voilà 10 ans que je participe à la chorale « Le cœur d’Auteuil » à Paris. Comme le sport, on y rencontre des gens qu’on n’aurait sans doute pas croisés autrement. Et les barrières sociales, culturelles ou d’âge sont transcendées. Plusieurs choristes sont des expatriés de passage et nous chantons beaucoup en langue étrangère. Moi qui avais arrêté de travailler pour élever mes enfants, chanter en chœur m’a permis de prendre confiance en moi et de m’ouvrir davantage aux autres. C’est aussi une façon de se vider la tête : être obligé de s’écouter et d’écouter les autres est le meilleur moyen d’oublier tout le reste !

“Parfait pour oublier le stress”: Anne-Marie, 67 ans

J’aime bien dire que j’ai démarré la chorale il y a 30 ans dans une cour de récré. Le père d’un camarade de classe de mes enfants s’était proposé d’en monter une et je me suis embarquée dans l’aventure durant 20 ans ! Je m’y suis beaucoup amusée, explorant tous les répertoires possibles tout en me faisant des amis. Notre grand œuvre ? Le Stabat Mater avec quelques renforts plus chevronnés. Puis, j’ai intégré d’autres chorales dont celle de mon entreprise. Nos répétitions permettaient d’oublier le stress du boulot en se laissant aller seulement au chant…Récemment, j’ai même fini par prendre des cours individuels pour progresser encore !

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