Laurent Mariotte : "La naissance de mon fils a réveillé mon amour de la cuisine" – INTERVIEW

Le 4 novembre 2021, Laurent Mariotte dévoile son premier magazine, un bimestriel baptisé Les Petits plats de Laurent Mariotte. À cette occasion, le chroniqueur radio et animateur des Petits plats en équilibre sur TF1 a accepté de répondre aux questions de Femme Actuelle.

Restez informée

Un projet qui sent bon… le succès ! Le 4 novembre 2021, Laurent Mariotte, animateur de Petits Plats en équilibre, qui réunit plus de 5 millions de téléspectateurs chaque midi sur TF1 mais aussi chroniqueur culinaire dans La Table des bons vivants chaque samedi sur Europe 1, dévoile le premier numéro de son magazine Les Petits plats de Laurent Mariotte, un bimestriel dans lequel il fait le tour des régions de France pour mettre en avant les producteurs locaux et cette « cuisine du quotidien » qu’il affectionne tant. Très attaché à sa campagne vosgienne natale, Laurent Mariotte a accepté de répondre aux questions de Femme Actuelle et de nous livrer ses petits secrets pour vivre une vie paisible auprès de sa femme et de son fils, les bottes dans la boue le week-end, tout en faisant vivre l’un des programmes télévisés les plus regardés depuis maintenant 13 ans.

Femme Actuelle : Après 14 livres publiés en 7 ans, vous sortez votre propre magazine. Comment est née cette idée ?

Laurent Mariotte : L’idée était de prolonger le lien avec les auditeurs d’Europe 1, où on décrypte déjà la gastronomie et la cuisine du quotidien avec La Table des bons vivants, mais aussi de continuer d’explorer ce que l’on fait avec Petits plats en équilibre sur TF1. Donc l’idée de le coucher sur le papier, c’est quelque chose qui me faisait envie depuis longtemps. On a forcément plus de temps et plus d’espace dans un magazine, et j’ai trouvé ça chouette de pouvoir le faire. C’est un beau défi.

Dans l’édito, vous précisez que ce magazine n’est « pas fait pour rêver » mais pour bien manger, que cela signifie-t-il ?

L.M. : Effectivement. Je suis un chroniqueur culinaire mais je ne suis pas un chef. La cuisine que je pratique et que je défends à la radio et la télévision, c’est une cuisine simple avec des produits de saison pour ne pas perdre le lien avec l’environnement qui nous entoure. Les gens n’arrêtent pas d’acheter des plats préparés, ultra-transformés, et ça nous éloigne de la cuisine du quotidien. La cuisine qui fait rêver, sophistiquée, je l’adore, je suis un grand consommateur de restaurants… mais à la maison, on n’a pas forcément le temps et les moyens de faire ça. Cette cuisine qui fait rêver, ce n’est pas la cuisine du quotidien, ce n’est pas celle que je veux défendre aujourd’hui.

Était-ce un moyen de rappeler votre attachement à la province, loin des strass et des paillettes ?

L.M. : C’est vrai aussi. J’ai la double culture Paris-province, j’aime avoir les pieds dans la terre. Ce n’est pas toujours glamour, ce n’est peut-être pas du dressage à la pince à épiler, mais c’est une cuisine reproductible. C’était important pour moi. La proximité était effectivement quelque chose que je voulais mettre en avant dans le magazine.

« J’ai grandi à la ferme en autarcie avec un boucher qui passait une fois par semaine »

Comment cet amour de la cuisine est né ?

L.M. : Ça a toujours été présent. Je suis fils et petit-fils de paysan donc j’ai toujours grandi à la campagne. J’ai été beaucoup élevé par mes grands-parents, donc dans une ambiance encore plus vintage que l’enfance que j’aurais dû avoir ! J’ai grandi à la ferme, j’ai repris la ferme de mes grands-parents quand j’étais jeune, il y avait trois potagers dans le village, je m’occupais des poules… On vivait en autarcie avec le boucher qui passait une fois par semaine et le poissonnier le vendredi. J’ai vécu comme ça jusqu’à mes 14 ans, jusqu’au moment où je suis allé en pension. Et puis, je suis parti à Paris pour faire de la télé et de la radio. Mais je réalise avec du recul que ma passion pour la cuisine s’est réveillée à la naissance de mon fils. C’est quand je suis devenu père que j’ai compris l’importance de savoir ce que mon fils allait manger. J’avais besoin de me reconnecter à cela. Mais j’ai toujours aimé réunir mes amis et ma famille autour d’une bonne table !

En 2005, vous avez tout mis entre parenthèses pour passer un CAP de cuisine et ouvrir votre restaurant. N’avez-vous pas eu peur de tout perdre ?

L.M. : Mais j’étais prêt à tout perdre. C’était même un peu l’idée ! (rires) Il faut accepter qu’on peut changer de vie dans une vie. Eh bien moi, je voulais ouvrir un restaurant avec mes amis et changer de vie. J’avais presque fait un trait sur la télévision. J’avais eu la chance de faire des émissions sur Canal J, de faire des chroniques, de présenter des émissions… j’ai fait ça dix ans, mais il y a des choses qui me plaisaient moins dans ce métier. Lire des prompteurs par exemple. C’est ça qui a fait que j’ai basculé. Je me suis dit : “J’ai 35 ans et ce fantasme de la quarantaine d’ouvrir un restau avec des potes”. Mais j’ai passé mon CAP cuisine et la télévision m’a rattrapé. On m’a rappelé et je me suis dit : “C’est trop beau, on me propose de réunir mes deux passions, la télé et la cuisine !” C’était parfait pour moi.

Et ce projet de restaurant, alors ?

L.M. : Non, finalement ! J’ai plein de copains chefs et pas des moindres… Je vois le travail que c’est, et j’ai compris que c’était chef cuisinier mais aussi chef d’entreprise ! Je passe mon tour.

« À l’époque, les animateurs étaient comme interchangeables »

Avant de vous spécialiser dans la gastronomie, vous avez aussi été un animateur de programmes de divertissement, pourquoi ne pas avoir continué dans cette voie ?

L.M. : On était beaucoup de jeunes animateurs sur TF1 à cette époque. On était tous du même âge, et il y avait un côté interchangeable qui me dérangeait. J’ai fait Intervilles, ou encore Les coups d’humour… mais il y avait comme un embouteillage entre les animateurs. Et je n’avais pas envie d’attendre mon tour. Il y a des gens à qui ça correspond mais moi, j’avais envie de me réaliser par rapport aux choses que j’aimais vraiment. Je voulais être impliqué et avoir un programme dans lequel je puisse m’investir à 200%. Ce que j’ai trouvé à Canal J à l’époque.

Le showbusiness semble totalement vous désintéresser…

L.M. : Ce n’est pas mon style, effectivement. Je ne fais pas la queue pour avoir ma photo avec une star ! J’ai plein d’amis de la télévision ou de la radio, mais je suis plutôt friand des soirées entre copains à la maison ou au restaurant. Je ne suis pas forcément à l’aise dans les dîners mondains…

Dans ce premier numéro, on part chez vous dans les Vosges pour découvrir votre univers. Elle ressemble à quoi la vie de Laurent Mariotte dans les Vosges ?

L.M. : Je vis encore dans le village dans lequel j’ai grandi. Je ne dis pas le nom parce que c’est un petit village ! Quand je vais là-bas, j’écris beaucoup, pour tout vous dire. Je prépare mes émissions de radio. Mais je fais beaucoup de vélo, je m’occupe de mon potager avec les conseils de mon voisin qui est mon coach en potager ! On vient de planter des pommiers, d’ailleurs ! (rires) C’est une vieille ferme, avec cinq générations qui sont passées par ici, donc j’ai toujours du boulot. Je vais au marché à Épinal, me promener dans les Hautes Vosges. L’hiver, je fais du snowboard ou de la raquette… Bref ! Je suis toujours dehors. Je suis très attaché à cette ambiance rurale.

« Je partage la passion de la cuisine avec mon fils »

Vous parlez très peu de votre femme et de votre fils. Partagent-ils la même passion que vous ?

L.M. : Je parle rarement de ma vie privée. Comme on dit : « Vivons heureux, vivons cachés ». Mon fils est grand maintenant, il va avoir 21 ans. De temps en temps, je fais des story avec lui sur Instagram, mais c’est vrai que c’est rare. J’ai vu que certains magazines avaient écrit qu’il n’aimait que les burgers et les kebabs mais ce n’est pas vrai, il n’aime pas que ça ! Ça m’a agacé de lire ça. Il aime la blanquette et les bonnes omelettes, il est très curieux, c’est une personne qui s’intéresse aussi énormément à la gastronomie. On partage ça ensemble. Et puis, j’essaye de ne pas sacrifier mes week-ends justement pour eux. Je m’organise pour pouvoir profiter de ma famille le week-end. Hier était un jour férié, par exemple, eh bien c’était une journée famille.

La radio, la télévision, des livres et un magazine… quel est le prochain projet de Laurent Mariotte ?

L.M. : C’est déjà pas mal, non ? (rires) Le prochain projet c’est le numéro suivant, dans un premier temps. TF1, ça fait 13 ans, je suis restée 12 ans sur France Info, et maintenant 4 ans sur Europe 1, j’aime les choses qui durent et j’aime créer des rendez-vous. Avec ce magazine, je veux créer un rendez-vous qui dure, qu’on va pouvoir accompagner les gens au quotidien dans leur façon de cuisiner et de faire leurs courses. Et puis j’espère que ça va plaire… Je dois avouer que j’ai un peu le trac !

Votre menu de Noël est-il déjà ficelé ?

L.M. : Je suis très tradition donc ce sera une poularde ! Il n’y a que la farce qui change, chaque année ! Et puis, j’ai un bon pâtissier donc je lui commanderai une belle bûche mais je ferai aussi mes desserts, comme tous les ans. Une bonne salade de fruits peut-être ou un carpaccio de Saint-Jacques, fruits de la passion et des clémentines givrées. Ça marche à tous les coups !


Source: Lire L’Article Complet