"Je pense à mes enfants" François Hollande raconte l'effroyable soirée du 13 novembre 2015

Alors que s’ouvre, le 8 septembre à Paris, le procès des attentats du 13 novembre 2015, François Hollande raconte, dans le Parisien, cette nuit d’effroi.

  • François Hollande
  • Manuel Valls

Chacun se souvient précisément ce qu’il faisait cette soirée du 13 novembre 2015. François Hollande assistait à une rencontre amicale de football entre la France et l’Allemagne, au Stade de France. Le bruit sourd d’une explosion, d’une deuxième, le doute, puis la compréhension des faits, les effroyables nouvelles qui lui parviennent sur les carnages aux terrasses parisiennes et au Bataclan…Dans un tourbillon d’émotions, de stress, d’angoisse et d’une indispensable rigueur face aux événements et aux décisions urgentes à prendre, le président de la République tient bon. Et se souvient de chaque minute, comme il le raconte au Parisien. Ainsi, lorsqu’il pénètre dans le PC sécurité du stade et découvre les images vidéos de l’explosion, “je comprends que la France est attaquée”, explique-t-il. “Mon fils Thomas est dans le stade, je lui dis d’y rester. Ici, le public ne risque rien”, ajoute-t-il. Discrètement, François Hollande quitte Saint-Denis pour regagner Paris “où le bilan s’alourdit de minute en minute.” Sidérés devant leur écran, les Français découvrent l’horreur.Des tirs résonnent dans le 11è arrondissement où habite Valls.Il entend les balles qui fusent, les cris des gens apeurés et blessés.”

“Comment ne pas pleurer?”

Pour déclarer l’état d’urgence, il faut que la mesure soit entérinée en conseil des ministres. “On est allés les chercher chez eux, un à un (ndlr: les ministres). Certains n’étaient au courant de rien. Ceux-là ont pris la violence de ce qui se passait en plein visage. L’ambiance est lourde, personne ne parle. Que dire? Certains pleurent”, raconte François Hollande. Si le Chef de l’Etat réagit, intervient, prend les décisions, l’homme et le père de famille peine à garder la distance nécessaire. Je suis bouleversé. Je suis allé tellement de fois au Bataclan. Je me dis que j’aurais pu y être. Je pense aussi à mes enfants qui auraient pu assister au concert de ce groupe de metal ou dîner en terrasse. Ils habitent dans ce quartier et c’est la jeunesse qui était visée cette nuit-là”. L’émotion, les larmes, ce sera pour plus tard. “J’étais tellement concentré sur l’action à mener que je ne pouvais pas pleurer. Mais, lors de la cérémonie d’hommage aux Invalides, le 27 novembre, j’ai été submergé par l’émotion quand les chanteuses Yael Naïm, Nolwenn Leroy et Camélia Jordana ont entonné Quand on n’a que l’amour de Jacques Brel. Comment ne pas pleurer. Aujourd’hui encore, quand j’entends cette chanson, je repense à ce moment-là et j’ai la gorge nouée, confie François Hollande qui témoignera au procès.

A lire aussi: Attentat du Bataclan : le témoignage déchirant de Patricia, anéantie par la mort de sa fille

Source: Lire L’Article Complet