Ingrid Betancourt : sa surprenante annonce, 20 ans après son enlèvement

Et une candidate de plus, en Colombie. Vingt ans après son enlèvement alors qu’elle se présentait déjà à la présidentielle, Ingrid Betancourt persiste et signe et a annoncé ce mardi 18 janvier son souhait de participer à l’élection présidentielle colombienne prévue le 19 mai 2022.

« Aujourd’hui, je suis ici pour terminer ce que j’ai commencé avec beaucoup d’entre vous en 2002. » Vingt ans après avoir été kidnappée par la guérilla marxiste des Forces armées révolutionnaires de Colombie (FARC) alors qu’elle était en pleine campagne pour l’élection présidentielle, Ingrid Betancourt repart au combat électoral. « Je vais travailler sans relâche à partir de maintenant, du lever au coucher du soleil, pour être votre présidente », a annoncé l’ex-otage lors d’une conférence de presse ce mardi 18 janvier. La Franco-colombienne de 59 ans, à la tête du petit parti écologiste Vert Oxygène va se soumettre à une primaire centriste, organisée par la Coalition de l’espérance, avant de pouvoir prétendre à la présidence de la Colombie lors de l’élection prévue le 19 mai prochain.

« Je crois en un monde avec une vision de femme », a déclaré la mère de famille qui a aussi expliqué les idées politiques qu’elle souhaite porter pour réussir à l’emporter face au favori des sondages, l’ancien guérillero Gustavo Petro, qui a été maire de Bogota. « Pendant des décennies, nous n’avons eu que de mauvaises options : extrême droite, extrême gauche. Le temps est venu d’avoir une option de centre », a lancé la candidate qui veut lutter contre l’insécurité et la pollution. Il y a vingt ans, Ingrid Betancourt, avait payé cher son engagement politique, puisqu’elle avait été enlevée par les FARC en février 2002. Après de longues années de captivité, la femme politique avait enfin été libérée après avait été secourue lors d’une opération militaire à l’été 2018.

Des années de captivité qui ne la font pas renoncer

« Je rêve depuis sept ans de vivre ce moment, de respirer l’air de la France, d’être avec vous », avait-elle déclaré à son retour en France à l’aéroport de Villacoublay le 4 juillet 2008, accueillie par Nicolas Sarkozy et Carla Bruni. « La France, c’est chez moi, vous êtes ma famille », avait-elle alors lancé. Pourtant, c’est bien en Colombie qu’elle souhaite devenir présidente. Lors de la conférence de presse pour sa déclaration de candidature ce mardi 18 janvier, Ingrid Betancourt est revenue sur les 36 millions de dollars de réparation financière ordonnée début janvier par la justice américaine contre les défuntes FARC, pour leur responsabilité dans son enlèvement. C’est le résultat d’une plainte déposée en 2018 par son fils Lorenzo. « Nous avons parfois pris l’habitude de penser que demander justice est abusif (…). Je suis venue aujourd’hui pour demander que chaque fils, chaque fille, chaque père, chaque mère soit indemnisé, indemnisé et indemnisé », a plaidé Ingrid Betancourt.

Article écrit en collaboration avec 6Medias

Crédits photos : Meigneux / Veeren / Guibbaud / Bestimage

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