#FreeBritney, les fans de Britney Spears interrogent sa mise sous tutelle depuis plus de vingt ans

Framing Britney Spears, le documentaire produit par le New York Times et diffusé le 5 février sur la chaîne américaine FX et la plateforme Hulu, revient sur la mise sous tutelle de la popstar et ses jeunes années sous les projecteurs.

De petite fiancée de l’Amérique à icône déchue dont la fortune a été placée sous la tutelle de son père, le parcours tragique de Britney Spears ne cesse de faire les gros titres. La décision judiciaire qui a conduit à la mise sous tutelle de la popstar est désormais plus “vieille” que la chanteuse ne l’était au moment de sa révélation au grand public, à l’âge de 12 ans. Aujourd’hui âgée de 39 ans, Britney Spears vit sous les termes stricts de cet accord validé en 2008 par un tribunal de Californie au moment de sa très médiatique descente aux enfers.

Ce régime de tutelle stipulait que les décisions concernant l’artiste ont longtemps été prises par son père, Jamie, avant que Jodi Montgomery, sa manageuse, ne reprenne temporairement les rênes de sa fortune. Si les raisons exactes de telles décisions sont demeurées confidentielles, de plus en plus de voix se sont élevées ces dernières années pour interroger leur pertinence. Depuis, Britney Spears a demandé au tribunal de lui nommer un nouveau tuteur, la société privée Bessemer Trust Compagny.

En vidéo, Britney Spears partage des images qui inquiètent ses fans

Descente aux enfers

Diffusé le 5 février sur la chaîne américaine FX et sur la plateforme Hulu, un film, produit par le New York Times, retrace le destin de la chanteuse. De ses premiers pas sur la chaîne jeunesse Disney Channel à ses tubes comme Baby One More Time qui l’ont propulsée au statut de superstar, l’artiste a passé sa vie sous les feux des projecteurs.

Ainsi, le documentaire, intitulé Framing Britney Spears, met en exergue le rôle des paparazzi et de la presse à scandale au début des années 2000 dans la chute de la chanteuse. Ces derniers ont façonné l’image de la jeune femme en princesse ingénue, mal à l’aise avec son succès retentissant, et dont les déboires étaient avidement suivis par le grand public.

Britney Spears et la grande Mary Pierce à l’US Open. (1990.)

Comme une escale à Disney World. (Orlando, 15, juin 1999.)

Baby One More Time en live, et ce fameux pas de bourré resté (depuis) en 1998. (New York, 7 juillet 1999.)

2000, l’âge d’or des boys-and-girls bands. (Malibu, 2000.)

“Peur de son père”

Le mouvement #FreeBritney, ou #LibérezBritney en français, a été lancé par de nombreux fans qui sont convaincus que la chanteuse est maintenue contre son gré dans ce système de tutelle. Les partisans d’une telle hypothèse – que beaucoup, dont Jamie Spears (le père de Britney Spears), qualifient de théorie du complot – affirment que Britney Spears envoie des appels à l’aide à travers des messages codés, des émojis, et des tenues, publiés sur son compte Instagram.

Ces derniers se sont sentis entendus lorsque Britney Spears a exprimé sa reconnaissance et qu’un avocat commis d’office a affirmé à une juge que sa cliente l’avait informé «avoir peur de son père». Par la suite, la juge a décidé de ne pas retirer immédiatement Jamie Spears de son rôle de responsable des affaires de la chanteuse, mais a nommé une entreprise financière comme co-tutrice.

L’icône pop ne cherche pas pour le moment à sortir du régime de tutelle, mais se tourne plutôt vers des professionnels de la question. Elle souhaiterait ainsi que l’entreprise actuellement désignée cotutrice demeure dans l’accord. La prochaine audience devant un tribunal aura lieu le 11 février.

La “cruauté” des médias

Le documentaire Framing Britney Spears a ainsi utilisé de nombreuses images d’archives de la vie de la chanteuse, afin de rendre compte de la souffrance qu’elle a pu ressentir au cours de différentes périodes. Un traitement médiatique jugé cruel, la question de la santé mentale n’étant, à l’époque, pas encore au centre des préoccupations.

Au cours de sa longue période de dépression qui a fait suite à sa demande de divorce en 2006 avec Kevin Federline, et à la perte de la garde de ses enfants en 2007, Britney Spears a été aperçue pieds nus dans une station-service, conduisant avec un de ses fils sur ses genoux, ou encore lors de son incident filmé lorsqu’elle s’est rasée entièrement la tête, en 2007.

Hypersexualisation

Le long-métrage analyse également l’hypersexualisation dont la chanteuse a été victime, notamment lors de sa rupture avec Justin Timberlake. Les deux popstars ont formé un couple ultramédiatisé pendant trois ans au début des années 2000. Les fans ont suivi de près leur relation et ont eu le cœur brisé lorsque les deux (très) jeunes amoureux ont mis un terme à leur histoire. Une rupture qui a entraîné un acharnement médiatique autour de Britney Spears, d’après les proches de la chanteuse et les professionnels de la musique.

Moya Luckett, historienne des médias à l’université de New York, et spécialiste de la “culture” autour des célébrités, a déclaré à l’AFP le dimanche 7 février que la «cruauté» subie par Britney Spears de la part des médias est aujourd’hui atténuée pour les autres stars dans un paysage médiatique dominé par les réseaux sociaux. «Elles deviennent aujourd’hui leur propre producteur», a-t-elle affirmé, prenant pour exemple des chanteuses comme Taylor Swift ou Beyoncé qui, selon elle, maîtrisent le discours autour de leur image sur Instagram, ou à travers des documentaires sur leur vie, qu’elles ont elles-mêmes produits.

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