EXCLU – Sophie Davant, sans filtre sur sa vie amoureuse : "Les hommes me déçoivent parfois"

Mercredi 19 mai 2021, Sophie Davant présentera son nouveau livre, Tout ce qui nous lie, à paraître aux éditions Albin Michel. À cette occasion, Femme Actuelle l’a interrogée en exclusivité sur sa vie amoureuse, son divorce avec Pierre Sled mais aussi sur sa réputation de femme “hautaine”

  • Sophie Davant
  • Pierre Sled

Une femme sur tous les fronts. Il est à peine dix heures du matin lorsque Femme Actuelle contacte Sophie Davant pour qu’elle nous parle de son prochain livre, Tout ce qui nous lie, à paraître le 19 mai 2021 aux éditions Albin Michel. Et pourtant, la maman de deux enfants est déjà en pleine marche rapide aux abords d’une plage de Normandie ! C’est donc d’une voix déterminée, mais essoufflée tout de même, que l’animatrice d’Affaire Conclue sur France 2 a évoqué ce besoin de se confier à ses fidèles téléspectateurs qui l’ont toujours soutenue dans les meilleurs comme dans les pires moments de sa carrière. Sans filtre, Sophie Davant est revenue sur son divorce d’avec Pierre Sled, sa vie de femme célibataire exigeante mais aussi son ras-le-bol des clichés de la présentatrice “populaire” qui lui collent à la peau…

Femme Actuelle : Comment se sent-on avant de dévoiler un livre qui en dit autant sur votre vie intime ?

Sophie Davant : C’est toujours un moment particulier où on se sent un peu angoissé. On ignore comment cela va être reçu, on se demande si le livre est bien… C’est comme un artiste qui dévoile son film, ce n’est jamais évident de livrer quelque chose de si personnel. Mais j’ai pris beaucoup de plaisir à l’écrire.

Comment vous est venue l’idée d’écrire ce livre ?

S.D. : Toutes les planètes étaient alignées. Mes enfants n’étaient pas avec moi, j’étais seule chez moi dans ma maison normande… Ce n’était pas forcément mon souhait de reprendre la plume mais mon éditrice m’a poussée à le faire. Elle m’a dit : “Cette fois-ci, tu ne peux plus me dire que tu n’as pas le temps !” Elle m’a fait comprendre que trente ans de télévision à l’antenne ce n’est pas rien, de réfléchir à ce qui pouvait expliquer cette longévité. On a discuté un moment et ça m’a inspirée… Une semaine plus tard, elle m’a recontactée et j’avais déjà écrit cinquante pages ! Elle est tombée de sa chaise, elle m’a dit de continuer sur ma lancée alors c’est ce que j’ai fait six à sept heures par jour pendant le confinement.

Vous y parlez énormément d’amour, quelle place occupe-t-il aujourd’hui dans votre vie ?

S.D. : Je suis une incorrigible romantique. Pour moi, l’amour est toujours possible. En vieillissant, j’ai accumulé beaucoup d’expérience alors je vais plus vite pour voir ce qui peut être un frein lorsque je rencontre un homme qui pourrait me plaire. Aujourd’hui, je suis comme un laser ! Je n’ai plus envie de construire une vie de couple comme je l’ai fait avec mon ex-mari avec des enfants autour. Ma priorité, c’est d’être avec quelqu’un pour partager plein de choses mais je ne supporte pas de m’ennuyer avec cette personne. Je ne sais pas non plus si j’ai envie de vivre avec la personne au quotidien. Je combats sans cesse l’ennui, j’essaie de trouver quelqu’un qui m’intéresse et que j’admire. Donc malheureusement, ce n’est pas tous les jours !

“Je trouve les hommes globalement assez paumés !”

Vous faites une liste presque exhaustive des hommes à éviter à tout prix en amour, et visiblement vous en avez rencontré beaucoup !

S.D. : (Rires) Écoutez, les femmes ont de plus en plus la possibilité de choisir leur vie. Elles ont une autonomie financière que nos mères n’avaient pas… Mais en toute honnêteté, c’est vrai que je trouve les hommes globalement assez paumés ! Ils ne savent plus vraiment quelle place tenir dans une relation amoureuse. Il est vrai qu’ils me déçoivent parfois. Quand on rencontre des hommes qui ont déjà vécu des échecs amoureux, plusieurs divorces… on doit faire face à un problème vis-à-vis de l’engagement et bizarrement ce trait de caractère est plus prégnant chez les hommes. Nous, les femmes, on arrive plus facilement à mener de front un travail, une vie à la maison et un emploi du temps chargé. Les femmes ont plusieurs cerveaux !

Justement, vous dites chercher quelqu’un d’intelligent et reconnaissez par la même occasion votre attirance pour les hommes plus âgés, comment l’expliquez-vous ?

S.D. : En ayant perdu ma mère à vingt ans, j’ai appris rapidement à hiérarchiser ce qui était essentiel dans la vie. J’ai eu une maturité précoce, j’ai vieilli et mûri plus vite que les hommes qui avaient le même âge que moi à l’époque. Il est certain que ça a joué un rôle dans le regard que je portais sur eux. C’est vrai que j’ai toujours trouvé des réponses plus évidentes auprès d’hommes qui étaient plus âgés que moi. Et puis il y a cette histoire de regard, d’admiration… J’ai besoin d’être intéressée par des parcours d’hommes que j’admire et tous ces regards m’ont fait avancer. Ce sont des personnes qui avaient plus d’expérience, plus de recul, qui m’ont parfois fait évoluer. Mais pas forcément qu’en amour ! Je pense notamment à William Leymergie, avec qui j’ai passé des heures incalculables à parler de la vie, des rapports entre les hommes et les femmes, de sa vision de la télévision… J’en ai gardé des conseils très précieux.

Il y a une sorte de nostalgie dans votre livre… Regrettez-vous la télévision que vous avez connue il y a trente ans ?

S.D. : Je ne dis pas que c’était mieux avant, je dis juste que j’ai voulu faire ce métier pour des personnes que j’admirais. Je ne me sens pas en marge de ce qu’est la télévision aujourd’hui mais seulement, je sais qu’il y a une télé que je ne pratique pas, ou en tous cas vers laquelle je ne veux pas aller et je n’irai jamais, c’est la télé du buzz, la télé-réalité, ce n’est pas mon truc. Je préfère la réalité à la télé et c’est ce qu’on fait avec Affaire Conclue par exemple ou avec mes invités à l’époque de Toute une histoire. C’est comme ça que j’aime mon métier.

“On pardonne beaucoup moins aux femmes un million de choses”

Ce livre était-il un moyen de répondre à vos détracteurs qui vous reprochent souvent d’être une animatrice “hautaine” ou “froide” dans Affaire Conclue ?

S.D. : Je ne crois pas que ce soit moi le problème. Tous les gens exposés sont confrontés à cette problématique des réseaux sociaux. Il y a parfois un déferlement de haine et de jalousie mais je ne suis pas la seule. Lorsque je trouve que la critique est justifiée, honnêtement je me remets en question. Mais lorsque l’on m’accuse d’être froide, hautaine et indifférente, alors là non, je me dis c’est pas possible. S’il y en a bien une qui est proche des gens qu’elle reçoit, quand je tourne avec vingt-cinq invités par jour, c’est bien moi. Mon objectif, c’est de les accueillir et de les mettre en valeur, donc tout sauf de l’indifférence et de la distance. Mon travail c’est de donner une âme à tout ça, d’y jeter du sel, d’assaisonner ! C’est plus rigolo d’avoir une personnalité où je me lâche et je décide de m’amuser plutôt que d’être lisse et linéaire, on s’ennuierait. Prendre ça au premier degré, c’est débile ! Et puis, c’est ma nature, j’aime l’humour, le troisième degré, la dérision… Je suis comme ça, c’est tout, je ne sais pas être autrement.

Pensez-vous qu’il y a une forme de sexisme dans ces reproches ?

S.D. : C’est vrai qu’on pardonne beaucoup moins aux femmes un million de choses. On critique votre physique, votre vieillissement, vos rides, on va vous dire que vous avez l’air fatiguée, vos fringues et même votre humour. Ce n’est pas évident pour une femme… Par exemple, Nagui peut se permettre beaucoup plus de choses dans l’humour, dans sa manière d’animer, que les gens ne relèvent pas alors que moi, à chaque fois ça va faire une affaire d’état ou ça se retourne contre moi !

Vous évoquez un certain “racisme social” envers les animatrices dites “populaires”, comment en êtes-vous arrivée à ce constat ?

S.D. : Je pense que, trop souvent, cette notion de “popularité” n’est pas appréciée à sa juste valeur. On méprise les gens populaires car ce n’est pas assez chic, c’est trop galvaudé et pas assez mystérieux. Alors que ça devrait être la plus grande fierté d’être apprécié par le plus grand nombre. Je ne vois pas ce qui peut être mieux que ça. Dans mon livre, je mets ça en parallèle avec les Gilets Jaunes, la France d’en bas, des gens que l’on ne prend pas en considération… Certains magazines branchés, dans lesquels on a envie de figurer, il faut être honnête, vous ferment la porte car vous êtes trop populaire ! J’ai du mal à comprendre. Je trouve que dans notre époque, où l’on accède à la notoriété aussi vite que l’on tombe aux oubliettes, les gens ont besoin de s’accrocher à la longévité. Et puis, on peut être populaire et élégant. J’ai de grands maîtres, comme Michel Drucker ou Bernard Pivot, qui ont été aimés par un grand public, dont je me sens l’héritière. Tout ça ne me fait pas souffrir mais ça m’interpelle. Pourquoi ne pas être glorifié lorsqu’on est aimé du plus grand nombre ? Ça en devient presque une tare, c’est étrange.

“J’ai beaucoup culpabilisé de divorcer, on aurait pu y arriver…”

Dans ce livre vous vous confiez aussi beaucoup sur vos doutes, vos peurs, vos insomnies… Quels sont les démons qui vous hantent encore ?

S.D. : Le succès apaise mais j’ai toujours des choses qui m’angoissent. J’ai un cerveau qui n’est jamais au repos. J’essaie de m’apaiser, de grandir et de me remettre en question sur des choses qui pourraient s’améliorer. J’ai longtemps réfléchi aux choix que j’ai pu faire, j’ai beaucoup culpabilisé de divorcer, d’imposer ça à mes enfants… Ça n’a pas été simple. Avec Pierre, mon ex-mari, on a pris cette décision alors que l’on ne s’entendait pas si mal. On aurait pu y arriver… mais on a fait un autre choix. On a préféré garder l’essentiel, rester unis face à nos enfants. Mais ça m’a longtemps fait réfléchir. D’autant plus qu’on prend toujours autant de plaisir à se voir, on est très complices, on se marre toujours autant ensemble. On n’a jamais versé dans le conflictuel, ni dans l’agressivité. Au moins, on a réussi ça !

Comment sont vos relations avec sa nouvelle compagne ?

S.D. : Ça se passe très bien, il n’y a aucun problème. Je ne suis pas du tout quelqu’un de conflictuel. Ce qui m’importe c’est qu’il soit heureux. Je ne supporterais pas de le savoir malheureux, ça c’est sûr. On a gardé une relation très fraternelle.

Vous assumez pleinement de faire des injections pour paraître plus jeune. C’est un complexe en tant que femme ou une nécessité en tant qu’animatrice ?

S.D. : Je fais un travail d’image donc j’essaie d’être toujours présentable. Il est évident que si je ne travaillais pas à la télévision, je n’aurais pas ce genre de souci. On a encore ce combat à mener en tant que femme à la télévision. On est deux ou trois à être des animatrices de ma génération, certes, mais le jour où il y aura une femme de l’âge de Michel Drucker à l’antenne, on aura atteint la parité !

Sophie Davant, si tout s’arrête du jour au lendemain, vous vous lancez réellement dans la vente d’antiquités ?! (ndlr: elle le confie dans son livre)

S.D. : Écoutez, l’idée c’est d’ouvrir un restaurant boutique lieu culturel ! Un espace qui fasse un peu tout… J’aimerais faire tout ça un jour, encore faut-il que j’ai les moyens de le faire, et le temps ! Et ça, c’est pas gagné !

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