Christiane Taubira : “un truc de mecs sans prostate”, sa réaction au vitriol sur la révocation du droit à l’IVG

L’ancienne garde des Sceaux Christiane Taubira a commenté de façon cinglante, sur Twitter, la révocation du droit à l’avortement actée par la Cour suprême des Etats-Unis ce 24 juin.

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  1. Christiane Taubira

Une décision « vulgaire et létale ». C’est par ces mots que Christiane Taubira désigne l’atteinte au droit constitutionnel des Américaines, portée ce vendredi 24 juin par la Cour suprême des Etats-Unis. En révoquant l’arrêt Roe v. Wade, qui garantissait aux femmes de pouvoir avorter librement depuis près de 50 ans, les juges conservateurs laissent aux États le champ libre pour interdire l’IVG sur leur sol. Sitôt cette décision prise, l’onde de choc s’est répandue à travers le monde. Parmi les répliques indignées et les déclarations de responsables politiques qui fleurissent sur les réseaux sociaux, l’ex-ministre de la Justice n’a pas fait dans la demi-mesure : « Cette décision, vulgaire et létale, de la Cour suprême des États-Unis révoquant le droit fédéral à l’avortement, on dirait un truc de mecs sans prostate », écrit-elle ce 25 juin sur son compte Twitter.

Une référence au décalage qui existe entre la composition de la plus haute juridiction du pays, majoritairement masculine, âgée et conservatrice, et la population qui subit les conséquences de ses mesures. « Ça rampe partout où ils détiennent ce pouvoir. À quand, la fin du monde dirigé par ces obsédés du corps des femmes ? », pointe encore Christiane Taubira dans la suite de son message. Favorable à l’allongement du délai légal de l’IVG de 12 à 14 semaines, l’ancienne députée européenne, qui a porté la loi du mariage pour tous, est connue pour son engagement en faveur des libertés individuelles. En 2020, elle rendait un vibrant hommage à Gisèle Halimi, déclarant à propos de l’avocate militante, disparue en juillet : « Gisèle Halimi emporte dans la même exigence l’éducation, la contraception et le droit à l’avortement ».

Barack Obama, Emmanuel Macron… réactions en cascade à l’étranger

Alors que le Missouri – suivi du Dakota du Sud – s’est empressé d’officialiser l’interdiction de l’IVG sur son territoire peu après l’annonce de la Cour suprême, plusieurs personnalités ont fait part de leur soutien aux femmes américaines, qui pourraient se voir refuser le droit d’avorter dans la moitié du pays. Tandis que le président des États-Unis Joe Biden a déploré « une erreur tragique » menaçant « la santé et la vie des femmes », Barack Obama a, lui, dénoncé un renversement qui « laisse également au bon vouloir des politiciens et idéologues la décision la plus personnelle qui soit ». Du côté de la classe politique française, Emmanuel Macron a exprimé sa « solidarité avec les femmes dont les libertés sont aujourd’hui remises en cause », soulignant que « l’avortement est un droit fondamental ». Une position appuyée par Elisabeth Borne, qui a ajouté : « Nous ne lâcherons rien pour nos droits, jamais. ».

À gauche, la menace d’une présence renforcée de l’extrême-droite dans l’hémicycle fait craindre le pire. Jean-Luc Mélenchon a rapproché la situation d’outre-Atlantique avec la montée des idées conservatrices dans les urnes : « Alerte : on connaît les canaux de contagion des USA en France », a-t-il mis en garde sur Twitter. Dans la soirée, la présidente de la France Insoumise Mathilde Panot a proposé aux élus de la Nupes de déposer une loi afin d’inscrire le droit à l’IVG dans la Constitution. La députée a été doublée par Aurore Bergé. La cheffe de file de LREM a annoncé ce samedi 25 juin le dépôt d’une proposition de loi pour garantir « le respect de l’IVG » en l’inscrivant dans la Constitution française. Sur France Inter, la présidente du groupe Renaissance a défendu le projet de la majorité : « Cela appelle aussi à ce que nous prenions en France des dispositions pour qu’on ne puisse pas avoir demain des revirements qui pourraient exister ». En 2018, La République en Marche avait refusé de constitutionnaliser le droit à l’interruption volontaire de grossesse.

Article écrit en collaboration avec 6Medias

Crédits photos : Baptiste Autissier / Panoramic / Bestimage

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