Cannes 2021 : Qui est Julia Ducournau, la réalisatrice qui a obtenu la Palme d’or ?

Samedi 17 juillet, le film qui a succédé à Parasite a été annoncé : il s’agit de Titane, film de la réalisatrice française Julia Ducournau. Portrait de cette étoile montante du cinéma, dont c’était seulement le deuxième long-métrage.

Julia Ducournau

Samedi 17 juillet, le rideau s’est baissé sur le Festival de Cannes. Après un an d’absence, les stars n’avaient qu’une hâte : revenir pour la grande fête du cinéma, monter les marches et défiler à Cannes. Et à la fin, comme toujours, il y avait une palme d’or à remettre. Qui allait succéder à Parasite, film sud-coréen coécrit et réalisé par Bong Joon-ho et sacré en 2019 ? 24 films étaient en liste pour le Graal. Le jury, présidé par Spike Lee, a fait son choix : C’est le film Titane, de la réalisatrice française Julia Ducournau, qui a convaincu le Président du jury, ainsi que ses acolytes Mati Diop, Mylène Farmer, Maggie Gyllenhaal, Jessica Hausner, Mélanie Laurent, Kleber Mendonça Filho, Tahar Rahim et Song Kang-ho. Un sacre comme un symbole, puisque c’est seulement la deuxième fois qu’une femme remporte la Palme d’Or. Julia Ducournau prend la suite de Jane Campion, sacrée il y a 28 ans pour La leçon de piano. Un titre qui devrait faire passer la réalisatrice dans une autre dimension, tant elle restait jusque-là méconnue du grand public.

Côté sombre

Née en 1983 à Paris, Julia Ducournau est passionnée de cinéma depuis sa tendre enfance. Enfin, tendre n’est peut-être pas le bon mot : à six ans, alors que la plupart des enfants de son âge sont encore captivés par les dessins animés, la petite Julia voit en cachette Massacre à la tronçonneuse. Certainement ce qui explique pourquoi elle est aujourd’hui fan de gore et de films d’horreurs, et aussi le ton de ses propres réalisations.

En réalité, Titane n’est que son deuxième film en tant que réalisatrice. Mais le premier, Grave, avait fait beaucoup parler. L’histoire, d’abord, a de quoi interpeller, puisqu’elle raconte la vie de Justine (Garance Marillier), une végétarienne qui va tomber dans l’anthropophagie. Les scènes filmées, elles aussi, dérangent. Devant les moments de cannibalisme, des spectateurs s’évanouissent ou vomissent, lors de diffusions à Toronto ou à Los Angeles. Passé le choc, Grave a surtout reçu un formidable accueil critique, avec de nombreux prix à travers le monde et six nominations aux César.

Des films dérangeants

Avec Titane, Julia Ducournau va continuer de déranger. Pour le pitch, les spectateurs devront se contenter de l’histoire d’un père (Vincent Lindon) qui retrouve son fils disparu depuis dix ans. En entrant dans le cinéma, ils suivront plutôt la route d’une jeune meurtrière (Agathe Rousselle) qui va continuer à s’épanouir (là encore, on ne sait pas si c’est le bon mot) dans un univers à la fois gore et loufoque. Jusqu’au synopsis, “Julia Ducournau a volontairement brouillé les pistes”, écrit à ce propos LCI.

Le Parisien est allé, dimanche 17 juillet, à la sortie d’une projection à Paris. Les adjectifs utilisés par les cinéphiles sont nombreux, parfois dithyrambiques, d’autres fois incrédules. Quand un spectateur le juge “insoutenable”, un autre estime qu’il s’agit d’un “bijou”. Chacun fera son choix mais une chose est sûre : de Grave à Titane, Julia Ducournau ne laisse jamais personne indifférent.

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