« Ça va se régler à coups de boule » : Edouard Philippe mis en garde par le camp d’Emmanuel Macron

Les relations entre les proches d’Emmanuel Macron et Édouard Philippe deviennent chaque jour plus tendues, alors que l’ancien Premier ministre s’apprête à lancer son parti politique, ce samedi 9 octobre. Les macronistes craignent que les intentions du maire du Havre, notamment vis-à-vis des élus LREM, qu’il pourrait vouloir attirer sous sa bannière.

Coups de tête ou uppercuts, les relations seraient sur le point d’exploser entre Emmanuel Macron et Édouard Philippe. En tout cas, si le maire du Havre poursuit son irrésistible ascension au sein de la galaxie macroniste, en créant son parti, le 9 octobre, et bientôt peut-être, un groupe parlementaire. Après avoir invité ses camarades à le rejoindre au Havre pour le lancement de sa nouvelle « initiative politique« , l’ancien Premier ministre pourrait achever d’énerver les marcheurs, en allant piocher dans leurs rangs pour constituer ce fameux parti, au nom encore inconnu.

Car si Édouard Philippe assure de sa « loyauté » et de sa volonté « d’aider le Président« , en ouvrant la « maison commune » en train de se construire à la droite, la crainte des chefs de file de la majorité présidentielle est plutôt qu’il ne suscite des défections chez LREM. Alors, les patrons d’En Marcheurs ne comptent pas se laisser voler des élus sans rien faire : Christophe Castaner sera présent au Havre ce samedi 9 octobre, d’après Libération, avec « une petite délégation d’élus de la majorité« . Une venue en forme de mise en garde à destination de ceux qui pourraient se laisser tenter par la politique à la normande. « J’ai dit à Castaner que j’hésitais à y aller, il m’en a dissuadé en me parlant des investitures l’an prochain« , confie ainsi un député macroniste à nos confrères de Libération.

Et gare au Havrais s’il osait organiser une fronde au sein même de l’Assemblée Nationale, pour l’instant le seul bastion d’élus de la majorité présidentielle, comme le décrit un « proche » d’Emmanuel Macron : « S’il crée un groupe parlementaire avec des députés LR et des non inscrits, je ne vois pas pourquoi le président de la République s’y opposerait. Mais s’il veut un groupe avec 100 députés LREM, ça va se régler à coups de boule« , prévient-il. Une mise en garde dans les termes, d’un boxeur à l’autre.

« Qui ramène-t-il ? Pour l’instant, je ne vois pas… »

Mais du côté d’Édouard Philippe, on se défend bien de vouloir siphonner la base de son ancien collaborateur. Un des cerveaux de sa stratégie assure même que c’est clairement vers la droite que l’ancien Républicain se tourne, que c’est elle qu’il veut reconstruire : « Une droite pas énervée, républicaine, de gouvernement, réformiste, dont les électeurs se sentent orphelins« , décrit-il. Le pari semble pour l’instant délicat, car Édouard Philippe peinerait à rameuter des ténors de la droite, comme le regrette le conseiller d’un ministre de droite : « Qui ramène-t-il comme prise de guerre ? Pour l’instant, je ne vois pas« , ironise-t-il.

Car même chez ceux qui seront présents au Havre ce samedi, ténors locaux ou nationaux de la droite, ou du centre, présence ne signifie pas pour autant adhésion. « Je ne me suis pas fait chier à quitter LR pour me retrouver dans un nouveau carcan, aussi sympa soit-il« , lâche sans détour un chef de file de la droite, qui comme d’autres, fera le déplacement au Havre, mais qui jure à Libération qu’il ne s’affiliera pas au futur parti philippiste.

Crédits photos : AGENCE / BESTIMAGE

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