“Ça commence aujourd’hui” : elle pardonne la femme qui a tué son père, le témoignage touchant d’Anaïs

En 2012, Philippe Gletty est assassiné par sa secrétaire. Dix ans plus tard, sa fille Anaïs revient sur son histoire dans Ça commence aujourd’hui. Jeudi 20 janvier 2022, elle raconte sur le plateau de Faustine Bollaert son chemin vers le pardon.

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Le 27 février 2012, Philippe Gletty disparaît. Le chef d’entreprise et père de famille de 47 ans ne donne plus aucun signe de vie. Le 4 mars, il est retrouvé mort, tué par balle, dans un fossé près du Dorlay. Sa secrétaire, Bettina B., a pris l’arme de son ex-mari pour tuer Philippe qu’elle avait mené sur ce chemin au prétexte de passe un moment de « plaisir« . Lorsque l’homme a eu le dos tourné, elle lui a tiré dessus à plusieurs reprises avec le revolver, puis l’a dépouillé et laissé pour mort. Elle s’est rendue d’elle-même au commissariat pour faire des aveux détaillés sur les circonstances du meurtre. Son procès s’est déroulé deux ans après les faits, du 21 au 23 mai 2014, à la Cour d’assises de la Loire à Saint-Étienne. La secrétaire a écopé d’une peine de 18 ans d’emprisonnement, avant d’obtenir une libération conditionnelle en 2021. Anaïs, l’une des filles de la victime a décidé de témoigner sur le plateau de Ça commence aujourd’hui, jeudi 20 janvier 2022. Pleine d’émotion, elle raconte comment elle est parvenue à pardonner.

« Je l’ai fait de manière égoïste, pour moi »

Anaïs a 23 ans lorsque Philippe Gletty père est assassiné. Elle se rappelle que ses proches ont tenu à la ménager parce qu’elle attendait un enfant au moment des faits. Ce qui l’anime dès l’annonce de la mort de son père, c’est la volonté de comprendre « pourquoi » ? La femme qui appuyé sur la gâchette, elle la connaît depuis l’enfance. Huit ans après le procès, Anaïs se souvient d’avoir vu dans le box des accusés une femme prostrée, qui hésitait à affronter le regard de la famille de sa victime. « Elle nous a demandé pardon plusieurs fois« , confie la jeune femme. Mais les réponses apportées devant la cour ne lui suffisent pas, alors elle décide de lui écrire en prison. Elle lui envoie une première lettre de quatre pages en 2016, « quatre ans jour pour jour après le décès de [son] papa« . Elle y explique son ressenti et cherche à comprendre les raisons de ce geste fatal. « Je voulais que ce soit constructif« , explique-t-elle, en précisant que sa démarche était bienveillante. Bettina B. répondra au bout de quelques mois, sans pouvoir justifier son acte, mais en promettant d’être toujours là pour la famille. Les deux femmes communiquent longtemps et s’échangent « 6 ou 7 courriers en cinq ans« , le dernier datant de mai 2021. Deux mois avant la sortie de prison de l’ancienne secrétaire.

« Je lui ai pardonné »

Dans cette émission consacrée au pardon, Anaïs explique le cheminement qui l’a conduit à passer à autre chose. « J’avais pas envie de transmettre ça à mes enfants (…) qu’on vive tous dans la colère. J’avais envie d’avancer« , confie-t-elle. Au fil des lettres, dans lesquelles Bettina B. continue de demander pardon, la jeune femme réussit « à redécouvrir la personne qui était derrière » la meurtrière. « Je ne peux pas pardonner l’acte, mais je peux pardonner la personne« , explique-t-elle à l’animatrice. « Ça restera toujours la personne qui a ôté la vie de mon papa« , ajoute-t-elle. Puis elle se confie sur « le bien que ça fait d’avancer sur ce chemin du pardon » et affirme qu’aujourd’hui elle a réussi à aller de l’avant. Elle éprouve même de l’empathie pour l’ex-détenue à qui elle souhaite de pouvoir se reconstruire elle aussi. Une marque d’humanité que l’avocat Marc Geiger salue, admiratif.

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