Brigitte et Emmanuel Macron : leur piscine à Brégançon, fantasmes et réalités

Depuis 2018, la piscine installée par Emmanuel Macron au fort de Brégançon n’en finit pas de susciter interrogations et polémiques, parfois très loin de la réalité… L’occasion de faire le point sur l’histoire de cet ajout au Fort.

Elle aura fait couler beaucoup d’encre. Mais c’est bien d’eau qu’est remplie la piscine du fort de Brégançon, installée en 2018 à l’initiative du couple Macron. Une piscine privée, nichée au sein de la résidence d’été des chefs de l’État, alors qu’elle bénéficie d’une plage, toute aussi privée ? La décision fait polémique, et alimente encore plus l’image de président des riches qui colle à Emmanuel Macron. La rumeur se met à circuler, et les indignations se font entendre : on défigurerait alors le monument historique, un temps géré par le Centre des monuments nationaux et dont l’Élysée a repris le contrôle en 2017, avec cette piscine anachronique et inutile. Un nouvel ajout à l’arsenal du fort, vu comme un caprice des nouveaux locataires de l’Élysée, qui avaient dans le même temps prévu des “travaux de rafraîchissements” pour la résidence d’été, qui avait été peu utilisée par François Hollande. On craint un équipement démesuré, et coûteux pour le contribuable français.

Mais de tous ces fantasmes, il n’en est en réalité rien : oui, à l’été 2018, Brégançon possède désormais une piscine, son installation a été validée par les Architectes des Bâtiments de France, car le fort est un monument classé. Mais l’équipement nautique n’a rien d’un bassin olympique : il s’agit d’une piscine “hors-sol” en bois, pensée ainsi pour ne pas dénaturer l’endroit, et qui pourrait donc être démontée à l’envi. Pas de dimensions extravagantes non plus : 10 mètres de long, 4 mètres de large, et un mètre vingt de profondeur, elle reste dans les standards des piscines dans le commerce. Le tout, pour une somme totale de 34 000 euros. Interrogées sur l’entité qui allait assumer ces travaux, les équipes présidentielles avaient avancé au départ que “la piscine sera financée par les recettes de la boutique de souvenirs du fort. Mais c’est finalement le budget de rénovation du fort de Brégançon qui l’a absorbé dans son enveloppe annuelle de 150 000 euros.

Emmanuel Macron “préfère la mer”

Un des arguments principaux qui justifiaient la construction de la piscine était le respect de la vie privée des présidents qui ne seraient ainsi plus à la merci des paparazzis, qui peuvent facilement les épier depuis la plage, comme la communication présidentielle s’en expliquait à l’Express : “La plage actuelle n’est pas vraiment privée. Au-delà de 300 mètres du rivage, n’importe qui peut poser un bateau et viser le président au téléobjectif“. Sans compter le fait que le dispositif nécessaire pour assurer la sécurité des bains de mer présidentiels est lourd et coûteux : c’est près de 60 000 euros chaque été qui peuvent y être consacrés. L’ajout d’un bassin dans le fort permet donc de faire d’une pierre deux coups : moins de sécurité, plus de vie privée.

Mais la fameuse piscine pourrait être sous-utilisée par ses commanditaires : en 2018, en marge d’un déplacement estival, Emmanuel Macron souffle, sur le ton du secret : “Ne dites pas que je vais à la mer, sinon je vais me faire repérer. Je n’aime pas les piscines, je préfère mille fois la mer, elle est bonne, c’est magnifique.” Construire cette piscine n’aurait donc été finalement qu’un coup d’épée dans l’eau ?

Crédits photos : ITAR TASS / BESTIMAGE

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