Blandine Bellavoir (Une affaire française) : "j’aurais été incapable d’enchaîner sur un autre projet"

L’ex-Alice Avril des Petits Meurtres d’Agatha Christie livre une partition magistrale dans la peau de Christine Villemin, au cœur d’Une affaire française, la série inspirée de l’affaire Grégory, dont les derniers épisodes seront diffusés lundi 4 octobre à 21 h 05 sur TF1.

Comment s’empare-t-on d’un personnage comme celui de Christine Villemin ?

BLANDINE BELLAVOIR : On essaie d’être le plus fidèle possible aux sentiments qu’il nous inspire et on se donne entièrement à lui. Au départ, j’ai hésité à accepter, car je redoutais que ce soit très dur à interpréter. Mais il y a un avant et un après ce personnage pour la femme, la mère et la comédienne que je suis. Je suis sortie très marquée, car Christine Villemin a affronté la pire chose que l’on puisse vivre. Elle a aussi été atteinte dans tout son être.

Avez-vous réussi à vous cuirasser psychologiquement pendant le tournage ?

Au début, j’avais du recul, mais à un moment, ça m’a rattrapée. D’habitude, il y a toujours des scènes qui vous donnent un peu d’oxygène. Là, il n’y avait aucune soupape. Christine Villemin a subi une chasse aux sorcières qui ne s’arrêtait jamais. À la fin du tournage, j’étais dans un tel état que j’aurais été incapable d’enchaîner sur un autre projet… Il fallait que je recharge mes batteries !

Ce qu’Une affaire française dit de notre société est-il propre aux années 1980 ?

Je pense que c’est intemporel. Mais selon moi, c’est pire encore aujourd’hui avec Internet. Car cela crée un effet boule de neige qui nous attire vers les tréfonds de l’âme humaine…

Même en rediffusion, Les Petits Meurtres d’Agatha Christie cartonnent. Êtes-vous parfois nostalgique de votre Alice Avril ?

Non, même si cela a été difficile de lui dire adieu. Je ne me suis jamais ennuyée sur Les Petits Meurtres. Mais vu qu’Alice n’évoluait pas, je risquais à la longue de ne plus sonner juste en l’incarnant.

Vous réalisez actuellement La Tempête, un documentaire sur le post-partum. Est-ce parce que vous vous êtes sentie mal accompagnée après votre accouchement ?

C’est vrai que lorsque l’on sort de la maternité, on a un peu l’impression qu’on vous dit : "Rendez-vous en petite section de maternelle. Et dans l’intervalle, débrouillez-vous !" Parce qu’il y a un vrai suivi pendant la grossesse et, ensuite, plus personne ne vous demande comment vous allez. Il n’y a aucun espace pour que les femmes s’expriment lorsqu’elles ont besoin d’aide. On nous prépare à l’accouchement, pas à la suite…

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