Association Les Voiles écarlates : naviguer pour s’en sortir

Des jeunes en difficulté reprennent le bon cap en embarquant à bord d’un ancien langoustier devenu bateau éducatif.

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C’est un joyeux deux-mâts avec grand-voile et voile d’artimon hissées haut. À l’avant, foc et trinquette osent le rouge vif. Ainsi gréée, impossible de louper la Croix du Sud III lorsqu’elle croise en Atlantique ou en Manche, au large de Cherbourg, son port d’attache. Ce bon vieux langoustier breton a pris la mer en 1934. Il a retrouvé une seconde jeunesse au début des années 2000, restauré et bichonné par Les Voiles écarlates.

Créée en 1997 avec l’objectif de sauvegarder le patrimoine maritime, de prévenir la délinquance et d’embarquer des profils en difficulté, l’association normande en a fait son bateau-école. « La prison n’est pas la bonne solution pour les mineurs et ne permet pas leur réinsertion », témoigne Gérard Bourdet, président des Voiles écarlates. Aujourd’hui retraité, l’ancien marin et gendarme a terminé sa vie professionnelle comme éducateur coordinateur au sein d’un centre éducatif et d’insertion. Une triple expérience qui a nourri sa recherche d’alternatives. « Je crois aux bienfaits de la mer éducatrice », explique celui qui a fait de la fraternité humaine le sens de son engagement.

Et vogue la fraternité

Les sorties organisées à la journée ou au long cours à bord de la Croix du Sud III, avec travaux d’utilité collective dans les ports (désherbage, ramassage des déchets, etc.), doivent permettre d’aider jeunes délinquants ou adolescents en manque de repères à retrouver le bon cap. « Humilité face aux éléments, esprit d’équipe, sens des responsabilités, respect de la hiérarchie… La vie à bord est très formatrice », insiste Gérard Bourdet, qui accueille aussi détenus en fin de peine, mères adolescentes, malades vivant avec le sida ou enfants défavorisés. Plus de deux mille moussaillons ont embarqué en vingt-cinq ans. « La mer remet tout le monde à sa place et vous enseigne l’entraide », confirme Yaël, une des bénévoles qui a rejoint le petit équipage de la Croix du Sud III. « Moi-même, après deux deuils successifs, je me suis sentie réhabilitée, restaurée par ces navigations alors que je n’avais jamais pratiqué la voile. J’ai même décidé de passer mon certificat de matelot de pont pour une reconversion professionnelle », précise la jeune quinquagénaire que Gérard verrait bien prendre sa relève comme capitaine. Émilie, elle, reste à terre. Elle assure le secrétariat des Voiles écarlates, convaincue de participer à une belle aventure humaine. « Nous avons besoin de contributeurs parce que l’entretien d’un bateau est un puits sans fond. Mais aussi de bras, de bonnes volontés. Tout le monde est bienvenu et pas forcément besoin d’être costaud ! », remarque-t-elle pour susciter des vocations féminines.

Ça vous intéresse ?

Participer : collecte de dons et campagnes de financement participatif permettent de réunir des fonds pour l’entretien, l’équipement, la mise à niveau sécurité de la Croix du Sud III. Souscription à venir pour un nouveau moteur.

S’engager : travaux de bricolage, d’entretien, navigations, tâches administratives, action de promotion/communication selon les disponibilités de chacun(e). voilesecarlates.org et Facebook : association les voiles écarlates.

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