Affaire Xavier Dupont de Ligonnès : cette piste jamais étudiée

Ajoutez cet article à vos favoris en cliquant sur ce bouton !

Dans le livre Sans pitié pour les siens, publié en 2017 et consacré à l’affaire Dupont de Ligonnès, les auteurs Beatrice Fonteneau et Jean-Michel Laurence évoquent une piste qui n’aurait jamais été étudiée.

Qu’est devenu Xavier Dupont de Ligonnès, père de famille soupçonné d’avoir tué sa femme et ses quatre enfants ? Voilà une question qui hante les Français depuis la découverte, en 2011, de cinq corps dans la maison familiale. Une question qui fascine et qui passionne, à tel point que Netflix a dédié au cas Dupont de Ligonnès un épisode de sa série documentaire Unsolved Mysteries (“Les mystères non résolus”) et que le magazine Society, qui dédie cet été une enquête passionnante de 70 pages à ce sujet, cartonne actuellement en kiosque. A l’automne 2019, l’arrestation d’un homme pris pour Xavier Dupont de Ligonnès, suspecté d’avoir tué toute sa tribu, avait par ailleurs provoqué l’émoi dans tout l’Hexagone. Mais il ne s’agit pas de la seule question restée sans réponse. Xavier Dupont de Ligonnès est-il vraiment l’auteur de ce quintuple meurtre ? A-t-il été aidé par un complice ? A-t-il pris la fuite ? Toutes ces questions restent pour l’heure sans réponse.

Agnès, la mère et trois enfants (Arthur, Anne et Benoît) ont d’abord été tués dans la nuit du 3 au 4 avril 2011. Thomas est mort en dernier, dans la nuit du 5 au 6 avril. Leurs restes humains, enveloppés de draps, ont été retrouvés près des deux chiens de la famille, eux aussi tués et enterrés. Entre le 6 et le 10 avril (date à laquelle il quitte définitivement le domicile familial), Xavier Dupont de Ligonnès aurait réglé les derniers détails. Le 6, il passe la journée dans la maison. Le 7, il est vu en train de faire des allers-retours entre son domicile et sa voiture, “de gros sacs à la main.” Le 8, il envoie une lettre aux proches de la famille puis va à Angers débarrasser les affaires de son fils Thomas. Le lendemain, enfin, il vide le logement étudiant de son fils Arthur, à Saint-Laurent-sur-Sèvre, en Vendée. Le 10, il commence une tournée d’hôtels jusqu’au 15, où sa trace est perdue.

“Y a-t-il des ordinateurs, des téléphones, des objets importants à y jeter ?”

Mais revenons sur cette journée du 7 avril 2011. Dans un livre consacré à l’affaire, Sans pitié pour les siens (paru en 2017 aux éditions de L’Archipel), Béatrice Fonteneau et Jean-Michel Laurence affirment qu’une piste aurait été oubliée par la police. Ils reprennent ainsi heure par heure le déroulement de cette journée précise. A 1h17, Xavier Dupont de Ligonnès quitte son domicile, peut-on lire. Sa ligne mobile s’active à 1h23 du côté du 77, rue du Port-Boyer, à Nantes. Que fait-il en pleine nuit dans ce secteur ? Le 77 correspond à une tour de type HLM d’une vingtaine d’étages. A son sommet se trouvent des antennes de téléphonie. Cet immeuble est situé en face d’un bois et au pied du ruisseau des Sourdes, qui se jette, à moins de 100 mètres de là, dans l’Erdre, facilement accessible depuis un parking voisin. Un endroit particulièrement isolé, surtout la nuit.”

Et les auteurs de poursuivre en évoquant de mystérieux textos reçus par les amis des enfants : “Le matin, deux copines d’Anne, qui ont l’habitude de la prendre sur le chemin de l’école, sont intriguées par la disparition de la boîte aux lettres. Elles assurent que la veille elle y était. A 16h20, un dernier SMS est émis du portable d’Anne en direction de l’une d’entre elles. Le texte dit : ‘Je suis malade, ne comptez pas sur moi avant plusieurs jours.’ En début de soirée, le père de famille envoie un courriel à Bertram, son beau-frère, au sujet d’une caution à récupérer pour l’appartement de son père.” Le téléphone borne ensuite à nouveau au numéro 77. Une nouvelle fois, il se dirige en direction du 77, rue du Port-Boyer, à 21h23, écrivent Béatrice Fonteneau et Jean-Michel Laurence.

Les auteurs s’interrogent : Que fait-il à cet endroit dans la nuit ? Y a-t-il des ordinateurs, des téléphones, des objets importants à y jeter ? Des témoins ont-ils vu quelque chose dans ce secteur ? Puis regrettent : Les policiers, semble-t-il, n’ont pas du tout creusé cette piste. Ce coin de nature, situé à six minutes chrono en voiture du boulevard Schuman, ne manque pourtant pas d’intérêt. C’est un coin de campagne quasi sauvage qui s’étire le long d’une étendue d’eau… en plein centre-ville de Nantes. Il est, par ailleurs, situé à quelques centaines de mètres, à vol d’oiseau, du stand de tir de la Jonelière, situé sur la berge opposée.” Un stand de tir où Xavier Dupont de Ligonnès avait pris l’habitude d’aller, quelques mois seulement avant la mort de sa famille.

A lire aussi : Xavier Dupont de Ligonnès : ces 3 polars dont il se serait inspiré pour préparer la tuerie et sa fuite

Nos meilleurs conseils chaque semaine par mail pendant 2 mois.
En savoir plus

Source: Lire L’Article Complet